‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 161 sur 232 · Arc/iiufûr Physiul. Heil/c, 14= Jahrg., 2 Ilefl, 15 juin · texte numérisé non relu

Arc/iiufûr Physiul. Heil/c, 14= Jahrg., 2 Ilefl, 15 juin

2. Dans rexccllcnl ai'licle Clmleiir du Novuemt dic/ion. de médecine el de chirm'f/ie prn/.ic/ues (l. VI. 18G7, p. (S08.) M, Ilii'lz ii l)i('n fait ressortir l'inléirt

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COLUPSUS DANS LA PNEUMONIE LOlUIRE 345

s'offre à lui, il y a un problème à résoudre, un pronostic à établir, un ensemble particulier de moyens thérapeutiques à mettre en œuvre ; ajoutez que le temps presse, car les accidents du coUapsus peuvent conduire rapidement à une issue fâcheuse.

Ce genre d'accidents s'observe très communément dans les cas les plus divers chez les vieillards et les individus affaiblis par des maladis antérieures ou par l'alcoolisme. Mais c'est surtout quand il survient dans le cours des maladies aiguës, fébriles, que le collapsus mérite de fixer l'attention : c'est dans ces circonstances que nous voulons l'étudier avec vous, et chercher à en déterminer les principaux caractères.

Supposons qu'il s'agisse, par exemple, de la pneumon7iie lobaive et choisissons un cas bien accentué. Jusqu'au 6'' ou 7" jour tout s'est passé suivant les règles ; la pneumonie est intense, mais son évolution s'est montrée régulière ; la température est à 39 ou 40° et les phénomènes extérieurs de l'état fébrile sont bien développés. Brusquement, dans l'espace de quelques heures, la scène change, la physionomie s'altère, les yeux sont excavés, les joues, le nez pâles et glacés. Les extrémités sont froides et cyanosés. Le corps est couvert de sueurs froides. 11 y a une grande prostration des forces, parfois même du délire. L'impulsion du cœur est faible et irrégulière, les bruits paraissent sourds et éloignés, ; le pouls est filiforme, tantôt accéléré, tantôt ralenti. La respiration rapide et profonde.

Quelle est, en pareil cas, la signification de cet appareil de symptômes si alarmants ?

Ici l'examen de la température centrale va nous fournir des indications précieuses.

l"Si, dans le temps même où les phénomènes extérieurs d'algidilé se produisenl, la température centrale se maintient

"^•^U COI.I.APSIJS ET ALGiniTÉ CENTRALE

à un taux élevé, ou môme s'élève jusqu'au niveau des lempéralures hypcrpyréliques, la mort est certaine. C'est déjà l'agonie qui commence. Bientôt le doute ne sera plus possible ; le pouls s'accélérera encore, et le rAlc laryngo-trachéal ne tardera pas à paraître.

2° Si au contraire, en même temps que les symptômes du coUapsus se sont manifestées, la température centrale s'est abaissée notablement ou est descendue môme jusqu'au taux normal ou au-dessous, la situation du médecin est plus difficile car tantôt c'est encore la terminaison fatale qui se prépare et qui surviendra dans un court délai ; tantôt, au contraire, au bout de quelques heures, la convalescence va commencer, et un pronostic grave, porté inconsidérément, pourra recevoir ainsi le démenti le plus formel. Il faut ici prendre en considération très sérieuse les indications fournies par les autres phénomènes qui accompagnent l'abaissement de la température centrale.

Si le collapsus n'est que l'exagération des symptômes ordinaires d'une défervescence de bon aloi, en même temps que la température centrale s'abaisse, les mouvements de la respiration et les pulsations artérielles se ralentissent et se régularisent, le pronostic est favorable en pareil cas, alors même qu'il serait survenu quelque symptôme inquiétant, telle qu'un délire intense par exemple (1).

Si, au contraire, la température centrale s'abaissant, la fréquence du pouls et des mouvements respiratoires persiste ou même s'accroît, la situation est des plus graves. Bientôt, quoi qu'on fasse, l'agonie va s'établir. Et, tandis que tout à l'heure nous avons été conduit à porter un pronostic favorable malgré l'apparition d'un délire violent, ici nous devrons maintenir le pronostic grave, alors même que la déferves-

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