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cenceauraiLproduit chez le malade, un sentiment de bien-être. Tel a été le cas d'une femme de cinquante-quatre ans, affaiblie par un carcinome utérin et atteinte de pneumonie lobaire, que vous avez observée dans nos salles. Au moment oii vers le 7« jour de la pneumonie, se produisait une défervescence rapide, cette femme a accusé un sentiment singulier de bien-être auquel plusieurs d'entre vous se sont laissé prendre et qui bientôt a fait place à l'agonie.
Je viens de vous entretenir du collapsus qui, dans la pneumonie lobaire se produit au moment de la défervescence, c'est là le cas le plus commun. Mais le même ensemble de symptômes peut se montrer à toutes les époques de la maladie. Dans la période d'état, l'apparition du collapsus résulte le plus souvent d'une complication, telle qu'une péricardite, une diarrhée violente, ou bien encore, surtout chez les vieillards, il se montre sous l'influence de l'action trop accusée d'un médicament, telle que le tartre stibié, la digitale. Le pronostic à établir varie singulièrement en pareil cas. Il dépend surtout de l'influence des moyens mis en œuvre pour combattre la complication ou pour réparer les dommages causés par la médication intempestive.
Le collapsus peut encore se manifester dès le début de la pneumonie; en pareil cas, il est en général transitoire et fait place bientôt à une réaction plus ou moins accusée ; d'autres fois cependant, il persiste pendant tout le cours de la maladie, qui alors se termine, toujours à peu près, d'une manière fâcheuse.
Ces pneumonies algides sont assez rares, même parmi les sujets profondément débilités que nous rencontrons en si grand nombre dans cet hospice. Plusieurs d'entre vous ont pu cependant observer dans nos salles un remarquable exemple de ce genre. La nommée L...;, âgée de soixante-et-
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onze ans, atteinte d'une pneumonie lobaire, a présenté, dès le début et pendant la durée de la maladie, un ensemble de symptômes qui la faisaient ressembler à une cholérique. Les extrémités étaient froides et profondément cyanosées, la face livide, les yeux excavés, la voix éteinte. Il n'y avait pas de diarrhée. Les évacuations alvines étaient plutôt rares, les urines pâles, peu abondantes, renfermaient une proportion d'albumine. La température rectale a oscillé entre 38 et 38°, 4 ; jamais elle n'a atteint le chiffre de 39°. Le pouls faible, presque insensible, a varié entre 100 et 108 pulsations. A l'autopsie, les lobes inférieurs et moyens du poumon droit, dans toute leur étendue, présentaient les caractères les plus accusés de l'hépatisation granuleuse rouge et grise; ce poumon pesait environ 1.000 grammes de plus que le gauche. Les reins n'ont offert aucune altération appréciable.
Cette variété decollapsus constitue un des caractères de la forme sidérante de la plupart des maladies pestilentielles : ainsi on l'observe dans la fièvre jaune, la peste, le typhus (1) ; elle se rencontre aussi dans l'intoxication palustre (2). Je l'ai observée plusieurs fois dans la variole des vieillards, qui revêt fréquemment, comme on sait, le caractère hémorragique. Dans ces cas, à l'époque même oii les pustules noirâtres apparaissent sur divers points du corps, les extrémités étaient froides, cyanosées, la prostration des forces portée à l'extrême, la température du rectum oscillait entre 36 et 37 degrés.
Je suis loin d'avoir épuisé le sujet que je me suis proposé de traiter devant vous; mais le temps presse et je craindrais
1. Charcot, articles Typhus Feuer, Peste, Fièvre jaune, dans le quatrième volume, des Éléments de pathologie médicale, de A. Requin. Paris, 1868. — Ces articles ont été reproduits dans le tome. TX des (EuDres complètes de M. Gharcol (B.).
2. Dans la fièvre pernicieuse algidc, voir : Grlosing'er. Traité des maladies infectieuses, p. 64. Paris, 186S,
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de f'aliguer votre ulLenlion en mulLipliaiiL les exemples ; d'ailleurs j'en ai dit assez, du moins je l'espère, pour vous faire sentir tout l'intérêt qui s'attache aux études tliermométriques dans la clinique en général et dans celle des vieillards en particulier (1).
1. Ces leçons, recueillies par M. le D"" A. JoFrnoY, ont paru dans la Gazette hebdomadaire en 1869. (21 mai, 19 nov., 14 déc).