ROUGEUR ET GONFLEMENT
elles occupaient alors diverses régions du corps, el étaient limitées à un petit nombre de muscles. Elles avaient cessé d'exister, dans la plupart des cas, h l'époque où le gonflement des jointures s'était montré pour la première fois (Obs. III).
Nous avons noté, chez deux malades seulement, l'existence de douleur, occupant le trajet des nerfs. Dans ces deux cas, c'est le nerf sciatique qui paraît avoir été atteint. Nous ne pouvons donner plus de détails sur ces douleurs, car elles avaient cessé d'exister depuis longtemps, à l'époque oij nous avons observé les malades qui les présentaient.
La rougeur des jointures est un phénomène qui se montre au début, et lors des exacerbations de la maladie. Nous n'avons pu l'observer que dans ce dernier cas. Elle était blafarde, circonscrite aux parties saillantes delà jointure, et s'accompagnait d'un peu de chaleur et de gonflement œdémateux des parties molles ; elle n'était le plus souvent appréciable qu'au niveau des petites articulations, et encore y manquait-elle souvent.
Gonflement. — Le gonflement inflammatoire des parties molles superficielles de la jointure est tôt ou tard remplacé par une tuméfaction permanente des parties profondes ; on rencontre alors tantôt un gonflement mollasse, donnant la sensation d'une fausse fluctuation, et qui est due à l'hypertrophie des couches celluleuses qui doublent la synoviale à l'extérieur; tantôt une tuméfaction dure, osseuse, qui justifie la dénomination de nodosité (nodosity of the joints), employée par Haygarth pour la désigner. Ce gonflement noueux est quelquefois accompagné ou précédé d'une véritable hydarthrose, que M. Adams paraît considérer comme à peu près constante à une certaine époque de la maladie. Nous ne l'avons que rarement notée, peut-être pi^rce (}ue, dans la plupart des cas,
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nous n'avons assisté ni au début, ni auxpremiôres périodes de l'afîection.
Les nodosités reconnaissent des causes diverses ; elles sont produites : 1° par des ostéides ou des corps étrangers mobiles ; 2° par des stalactites osseusesplus ou moins régulières, souvent acuminées et toujours adhérentes aux têtes des os, et qui circonscrivent plus ou moins complètement les jointures ; 3° elles peuvent enfin exister , même en l'absence des stalactites et des ostéides, et reconnaître pour cause la subluxation des os, dont les têtes viennent faire saillie sous les téguments amaigris, et paraissent quelquefois au point de les percer.
Les jointures gonflées sont tantôt mobiles, tantôt plus ou moins rigides: c'est dans le premier cas seulement qu'on peut y produire un craquement sec et tout spécial, en rapport avec les ulcérations et les érosions des cartilages diarthrodiaux.
On peut généralement, au moyen de la palpation, se rendre compte pendant la vie des malades, de la plupart des détails que nous venons de présenter.
Rétraction musculaire. —Déviations. — Avant d'entreprendre l'étude des déviations, nous croyons nécessaire d'indiquer les articulations qui sont le plus souvent affectées, pendant le cours de la maladie. Toutes les jointures ne se prennent pas indifféremment ; quelques-unes des plus petites, celles des mains en particulier, sont atteintes presque constamment, et fort souvent avee toutes les autres. Il est, au contraire, des articulations qui ne se prennent que très tard, assez rarement, et presque toujours à un faible degré ; telles sont, par exemple, celles de l'épaule et de la hanche. Le tableau suivant nous dispensera de donner sur ce sujet de plus amples détails ;
DIÎVIAÏIONS
Tableau des jointures le j)lus ftoavent affectées pendant la période d'état, sur 40 cas.
Articulations des phalanges entre elles (à un
haut degré) 40 fois.
— métacarpo-phalangiennes (à des
degrés divers) 40
— du poignet 3G
— du coude 31
— de l'épaule ( elle est rarement prise
au même degré que les précédentes) 2o
— sterno-claviculaire 5
— vertébrales 16
— temporo-maxillaire 6
— phalanges des orteils (du pouce
principalement) 17
— métatarso - phalangiennes ( du
pouce urtout) 21
— tibio-tar sienne (à des degrés très
divers) 2S
— du genou (à des degrés très
divers) 27
— de la hanche (simple roideur) ... 2
On voit, par ce tableau, que les articulations des membres supérieurs sont plus souvent affectées que celles des membres inférieurs. Aussi la plupart des infirmes ne peuventelles pas faire usage de leurs mains et de leurs bras, tandis que les articulations des membres inférieurs sont très souvent assez libres pour permettre la marche. Haygarth a donné, dans son Traité de la nodosité des Jointures, un tableau qui a beaucoup d'analogie avec celui que nous venons de présenter. Nous n'avons pas eu à rechercher s'il est un côté du corps qui présente le plus souvent les jointures malades; car presque constamment, les deux côtés sont envahis symétriquement.