‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 179 sur 232 · EXAMEN DES JOINTURES · texte numérisé non relu

EXAMEN DES JOINTURES

Voici le résultai de Texamen des déformations que présentaitM.... Toutes, ou à peu près toutes les jointures des membres et des extrémités étaient rigides, à l'exception des épaules et deslianches. Les articulations fémoro-tibiales et tibio-tarsiennes étaient le siège de craquements; celle des gros orteils étaient subluxées et ankylosées. La rigidité et les déformations permanentes étaient surtout prononcées aux mains, et depuis longtemps elles empêchaient tout travail. Les deux mains fortement maintenues en pronation, sont affectées symétriquement et au même degré. Il y a déviation en masse de tous les doigts, vers le bord cubital de la main, et cette déviation est si prononcée, que le bord externe du petit doigt fait presque un angle droit avec l'axe du cubitus. 11 y a de plus, subluxation des phalanges en arrière et en dehors des têtes métacarpiennes, qui font, sous les téguments amaigris, une saillie très accusée; par suite, tous les doigts de la main sont fléchis sur le métacarpe, en même temps qu'ils sont dans l'abduction : de plus, les phalangines sont légèrement étendues sur les phalanges, et les phalangettes fléchies sur les phalangines. La plupart des jointures, ainsi affectées, ont conservé encore une mobilité obscure; à leur niveau, il n'y a pas de traces de proéminences, de tumeurs autres que celles que produisent les tètes des ossubluxés; ou, autrement dit, il n'existe point de tumeurs tophacées appréciables. Nous trouvons donc ici l'exacte reproduction de l'un des types de difformités des extrémités supérieures, observés le plus fréquemment dans le rhumatisme articulaire chronique progressif.

NÉCROScopiE. Examen des jointures. — La plupart des articulations des membres inférieurs et supérieurs ont été ouvertes, et, à l'exception des jointures des hanches, elles présentaient une altération consistant en un dépôt abondant d'urate de soude dans l'épaisseur et à la surface des cartilages diarlhrodiaux ; les ligaments articulaires et les tendons, au voisinage des jointures, étaient parsemés, enoutre, de petites concrétions Manches, d'aspect crayeux, ne dépassant pas en général, le vo-

lume d'une tête d'épingle el formées également d'urate de soude. Ce qui est relatif aux extrémités supérieures mérite une mention spéciale : les phalanges étaient maintenues dans la flexion et l'abduction, par suite de la rétraction qu'avaient subie à la longue les tissus fibreux. Par suite de la subluxation des têtes des phalanges en arrière, les têtes des métacarpiens devenus presque complètement libres, se trouvaient placées immédiatement sous la peau. Leurs cartilages diarthrodiaux, ulcérés et détruits même en plusieurs points de leur extrémité périphérique, étaient partout incrustés d'urate de soude, et présentaient une surface blanche, d'aspect crayeux. En outre, sur la face dorsale des têtes métacarpiennes, immédiatement en arrière des surfaces diarthrodiales, il existait des dépôts de matière crayeuse, enveloppées de tissu cellulaire lâche et qui laissait voir, par transparence, leur couleur d'un blanc mat. Ces dépôts limités latéralement par les tendons des extenseurs, jouissent de mouvements de latéralité, sur les métacarpiens sont ils étaient tout à fait indépendants, placés immédiatement sous lapeau, et pressés, pour ainsi dire, contre les têtes osseuses, ils étaient aplatis et ne formaient pas sur le dos de la main de paillie appréciable, de telle sorte que, avant la dissection des parties molles, leur existence ne pouA^ait pas être reconnue. On trouvait aussi des points blancs et de petites masses crayeuses, dures, enchâssées solidement dans les tissus fibreux péri-articulaires et dans les tendons des extenseurs sur toute l'étendue de leur trajet. Toutes les articulations des phalanges, des phalangines, des phalangettes étaient incrustées comme les métacarpo-phalangiennes, de matière crayeuse mais à un moindre degré, au voisinage des jointures ; le tissu cellulaire sous-cutané, le névrilemme,les couches profondes du derme présentaient de semblables dépôts, sous forme d'une fine poussière blanche .

Aux genoux, les condyles du fémur, les surfaces articulaires du tibia et de la rotule paraissent également recouverts par un vernis blanc opa,que, brillant, dur, d'aspect crayeux, lequel oc-

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