‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 18 sur 232 · H. Ilorn — Darslellung der Schleinifiehers, 2 aufl · texte numérisé non relu

H. Ilorn — Darslellung der Schleinifiehers, 2 aufl

lîCOI.E ALLEMAINDE XXXI

ploruble. Bien qu'on possédât la iraduciion des principaux ouvrages relatifs à la pathologie nouvellement publiés en France ou en Angleterre, cependant les progrès depuis longtemps accomplis dans ces deux pays étaient restés comme non-avenus, car personne n'en avait compris l'importance. Le diagnostic local n'était jamais formulé, soit à l'hôpital, soit dans la pratique civile. Dans plus d'une université allemande le stéthoscope était à peu près inconnu ; lorsqu'on rencontrait par hasard un de ces instruments, on l'examinait avec une sorte de curiosité enfantine, ou encore on accueillait par des mauvaises plaisanteries les quelques excentriques qui, à l'aide de ce morceau de hois, prétendaient entendre des choses inouïes. D'ailleurs, la plupart des maladies de la poitrine, celles du cœur, les affections chroniques de la peau étaient une terre à peu près inexplorée. Et lorsque l'on commença à s'occuper des Français, ce ne fut que pour tourner en ridicule, cette fois au moins avec une apparence de justice, la manie singulière qui les poussait à considérer toutes les maladies comme des inflammations

Les choses en restèrent là jusque vers l'année 1840. Alors commença l'œuvre de régnération, (principalement sous l'influence de Schœnlein, par l'importation des méthodes françaises et leur intervention dans le domaine de la clinique. Puis ce fut le tour de l'anatomie pathologique, brillamment représentée à Vienne par Rokilansky. Mais déjà Millier avait paru avec la physiologie, et bientôt il créait l'histoloi^if pathologique qui devait rester, pendant longtemps, une l'ience presque exclusivement germanique.

Messieurs, vous savez le reste. Alors les universités al- Innandes eurent le spectacle, nouveau pour elles, d'une ;ictivité inouïe, presque fiévreuse, et vous n'ignorez pas que

1. C. A. Wiiiulrflich. C.csrhivhlP r/pr Mpdirin. p. 3:t?. Slii%,ird. 1859.

XXXII LA SCIKNClî KST IMPEUSONNELLE

celle fièvre de travail, qui ne paraîl pas encore près de s'éleindre, a enfanlé déjà plus d'une œuvre fondamentale.

Pendanl plus de dix ans, ce grand mouvemenl inlellecluel est resté presque inaperçu en France. De temps en temps, quelque observateur prévoyant cherchait à le signaler à l'attention publique. Mais il fallait lutter contre l'indifférence générale, et pendant que tout s'agitait en Allemagne, nous restions en France occupés d'autres soins. Enfin le jour s'est fait, et l'on a compris qu'une grande puissance venait de s'élever à côté de nous et qu'il fallait compter désormais avec la science d'outre-Rhin .

Par une réaction bien naturelle, on a exagéré bientôt les tendances qu'on avait d'abord combattues; et tandis qu'en France on est aujourd'hui trop disposé peut-être à ne tenir compte que des travaux allemands, nos voisins, grisés par le succès, semblent persuadés que l'empire de la science leur appartient désormais. 11 faut, messieurs, savoir pardonner quelque chose aux enivrements d'un pareil triomphe. Mais ce n'est pas sans regret que nous avons vu naguère un homme éminent confondre les droits que lui confère sa haute position de savant avec le mandat politique que lui ont confié les électeurs de Berlin, et abuser du mot science pour échauffer les têtes allemandes au profit d'un patriotisme étroit 2. Il n'est permis à personne d'oublier que la science n'est d'aucun pays, et n'appartient en propre à aucune race. Aux idées exclusives et peu libérales du savant prussien, nous opposerons les belles paroles d'un des plus grands médecins de l'Angleterre : « La raison, dit Graves, la raison a étendu son empire de l'ancien au nou-

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