EXAMEN DES VISCÈRES
môme expérience qui nous a toujours donné ie même résultat ; de telle sorte qu'il est bien certain que ledépôt d'urate de soude, dans les couches superficielles des cartilages, se fait à la fois dans l'intérieur et à l'extérieur des cellules cartilagineuses. Les urates sont dans l'intérieur des cellules, sous forme amorphe, et ces dernières, transformées en une masse opaque qui conserve leur forme arrondie ou ovalairo, servent elles-mêmes de centre d'où s'irritaient les aiguilles cristallines dans la substance intercellulaire amorphe du cartilage.
A la surface des séreuses, particulièrement autour des cartilages diarthrodiaux du genou, on voyait de petits points blancs situés sur les franges synoviales. En examinant ces dernières au microscope, on voyait un grand nomb/e de houppes synoviales renfermant à leur centre une masse opaque généralement arrondie (Pl. III. fig. 5, N), simple ou double, blanche à la lumière réfléchie, noire à la lumière directe ; en ajoutant de l'acide acétique, cette masse montrait bientôt à sa périphérie de très petits cristaux d'acide urique et se dissolvait ensuite complètement.
Dans le tissu cellulaire sous-séreux, dans les ligamen ts articulaires, dans les tendons des muscles, dans la névrilemme des nerfs des doigts, clans le tissus conjonclif sous-cutané, dans les couches profondes du derme, en un mot, dans tous les tissus fibreux péri-articulaires, les points blancs, sablés qui s'y trouvaient en grand noml're, avaient la même structure et la môme composition. Ils étaient toujours formés par des masses généralement arrondies, opaque, d'urate de soude amorphe qui donnait très rapidement des cristaux d'acide urique lorsqu'on les traitait par un acide. Ces petites masses étaient entourées par des faisceaux du tissu fibreux et élastiques qui se condensaient autour d'elles et les enchâtonnaient solidement.
Examen des viscères. — Péricarde sain, sauf l'existence d'une plaque laiteuse siégeant sur la surface viscérale et de la largeur d'une pièce de 50 centimes. — Le cœur, volumineux ne
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présente cependant aucune altération de texture: il pèse 280 grammes. — Vaorle n'est que très légèrement athéromateuse.
— Poumon droit, hépatisation granuleuse, grise, dans toute l'étendue du lobe supérieur. — he poumon gauche, congestionné dans toute son étendue, offre dans l'épaisseur de sou lobe supérieur trois noyaux d'hépatisation rouge, chacun de la grosseur d'une noix.
La dure-mère est é-pSiisse; à. sa surface interne, sur les parties qui correspondent à l'hémisphère gauche, on remarque des îlots rouges, comme imbibés de sang, saillants, irréguliers, disposés sous forme de plaques ou de simples points accolés à la dure-mère et bien indépendants de l'arachnoïde : ce sont des néo-membranes vasculaires et infiltrées d'extravasations sanguines. La moitié droite de la dure-mère présente quelques points rouges analogues, non réunis sous forme de plaques,
— Le cerveau parait sain, dans toute son étendue. Les artères de l'encéphale sont à peine un peu indurées.
20 grammes environ de la sérosité sous-arachno'idiennne qui s'était écoulée, lors de l'incision des méninges furent recueillis et placés dans un verre de pendule et traités par l'acide acétique, d'après la méthode de Garrod (thread experiment). Les fils qui avaient été déposés au sein de ce mélange parurent, au bout de trois jours, recouverts d'un certain nombre de cristaux d'acide urk/ue.
Le foie est de volume normal. La vésicule biliaire renferme trois calculs verdâtres, mous, irréguliers. La rate est normale.
Vutérus, la vessie, les uretères ne présentent aucune altération ; il n'existe pas de calculs, de graviers, soit dans la vessie, soit dans les uretères.
Reins. Le rein droit, réduit à un très petit volume, était adhérent au tissu cellulo-graisseux ambiant. La capsule propre, épaissie, adhérait intimement à la substance corticale du rein. Celle-ci, atrophiée elle-même, était, pour ainsi dire, transformée en kystes nombreux dont les plus volumineux étaient gros comme une noisette. Les pyramides étaient également réduites
EXAMEN iMlCaOSCOPIQUE DES REINS 433
à de très petites dimensions, de telle sorte que la substance propre du rein indurée et de consistance presque fibreuse, formait autour du bassin et des calices dilatés une coque dont l'épaisseur ne dépassait pas 1/2 centimètre.
Examen microscopique (de 20 à 300 diamètres). Des alvéoles celluleuses très épaisses, très riches en noyaux, enveloppent de toutes parts les tubes urinifères et les glomérules de Malpighi. Les éléments propres du rein, tubes et glomérules sçnt atrophiés. Leur volume est à peu près réduit de moitié. Les parois des vaisseaux artériels étaient épaissies. Nulle part, dans ce rein, il n'existait de dépôts d'urates. La surface muqueuse du bassinet présentait des plaques de coloration jaunâtre, répondant à des dépôts de même couleur, situés sous la membrane muqueuse. Ces dépôts étaient produits par une infiltration graisseuse du tissu cellulaire sous-muqueux ; on y rencontrait également des cellules de tissu conjonctif remplies de granulations fines qui se dissolvaient dans l'éther.
Rein gauche. Son volume est à peu de chose près celui de l'état normal. L'organe est mou, flasque ; sa surface, à laquelle n'adhère que faiblement la capsule fibreuse, est lisse, sans bosselures ou granulations. Sur une coupe, la substance corticale paraît manifestement épaissie; elle est d'une coloration jaune pâle; les vaisseaux elles glomérules de Malpighi injectés s'y dessinent, sous forme de petites stries et de petits points rouges, visibles à la loupe ou même à l'œil nu. La substance tubuleuse présente une coloration rouge-brun assez vive. Ces altérations rappellent, comme on le voit, les caractères qu'a assignés iM. Rayer à la deuxième forme de la néphrite albumineuse; mais, en outre, on aperçoit, sur un certain nombre des cônes, de petites lignes ou stries d'un blanc de craie, parallèles à la direction des tubuli, et qui se dessinent vivement sur la substance tubuleuse rouge et injectée. L'extrémité de quelquesuns de ces infarctus est visible, sous forme de points blancs, au sommet libre des papilles.
Chakcot. Œuv. compl. t. vu, Malad. des Vieiilards. 28
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Examen microscopique. Les tubes contournés de la substance corticale, examinés sur des coupes minces, à un faible g'rosissement (80 diamètres), paraissent légèrement opaques. Ces tubes, plus larges que dans l'état normal, examinés à un plus fort grossissement (300 diam.), sont vus remplis de cellules épithéliales volumineuses, à contenu granuleux (PL. 111, fig, 2, B), Ce contenu granuleux, d'où dépend l'opacité des tubes, est composé, à la fois, de granulations protéiques qui se dissolvent, sous l'influence d'une solution de soude et par l'acide acétique et de granulations graisseuses qui résistent à l'action de ce réactif. L'examen à un grossissement de 80 à 300 diamètres d'une tranche mince de la substance tubuleuse, dans les points où elle renferme des dépôts blancs, linéaires, parallèles à la direction des tubes, a donné les résultats suivants : Les dépôts se dessinent sous forme de masses opaques, allongées, composées de volumineux et longs cristaux prismatiques, disposés parallèlement les uns aux autres, et réunis en faisceaux. Quelques-unes de ces aiguilles paraissent s'attacher, par une de leurs extrémités à la masse principale, et, libres par l'autre extrémité, elles se dirigent en rayonnant dans tous les sens (PL. III, fig. 3, D, D', Grossissement de 130 diamètres.)
Par l'addition d'acide acétique, les cristaux libres, par une de leurs extrémités se dissolvent les premiers, en même temps qu'en leur lieu et place on voit se produire les difiérentes formes cristallines qui caractérisent l'acide urique. Peu à peu, par suite de la pénétration de l'acide acétique dans les parties situées plus profondément, les cristaux réunis en faisceaux se dissolvent à leur tour, et bientôt, il ne reste plus qu'une masse opaque, amorphe, cylindrique, qui constitue comme le moule interne d'un tube urinifère dont elle conserve la forme et le volume. Cette masse amorphe, évidemment contenue dans le tube urinifère, est attaquée enfin elle-même et se dissout.
Plusieurs fois, il nous est arrivé de suivre, pour ainsi dire, pas à pas, la dissolution progressive de ces masses opaques contenues dans les tubes. La figure 4 représente un temps de