‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 182 sur 232 · EXAMEN MICROSCOPIQUE DES REINS · texte numérisé non relu

EXAMEN MICROSCOPIQUE DES REINS

la dissolution.- Une porlion d'un tube urinifère, G, est déjà devenue transparente, tandis qu'un autre point, E, {fig. 4,) de ce même tube reste obstrué par la masse amorphe. On peut conclure de là qu'une partie de la matière qui constitue les dépôts blancs est contenue dans l'intérieur même des tubes urinifères où elle paraît exister à l'état de masse amorphe, tandis qu'une autre partie du dépôt située en dehors des tubes paraît, au moins pour la majorité, composée d'aiguilles cristallines soit agglomérées en faisceaux, soit libres, par une de leurs extrémités, et disposées sous formes de rayons. La partie amorphe et la partie cristalline ont d'ailleurs, la même constitution chimique, car toutes, après dissolution, donnent naissance aux cristaux d'acide urique.

La goutte, caractérisée par des dépôts d'urate de soude, dans les cartilages articulaires, est d'une extrême rareté chez les femmes, surtout chez celles qui sont admise à laSalpêtrière ; au contraire, les cas de rhumatisme articulaire chronique primitif y sont très nombreux. Aussi avions-nous pensé, pendant la vie de la malade dont on vient de lire l'observation, que nous avions affaire à un rhumatisme chronique, d'autant mieux qu'elle nous offrait un type parfait des déformations qui sont propres à cette dernière affection, et qu'il n'existait aucun signe apparent de tophus. Dans ce cas, en effet, les têtes des métacarpiens étaient saillantes; les phalanges étaient fléchies et en subluxation sur les métacarpiens, les phalangines étaient étendues sur les phalanges, les phalangettes étaient descendues ou fléchies; la déformation, en un mot, était exactement celle du premier type figuré par M. Charcot (PL II, fig. 2) dans sa thèse sur le rhumatisme chronique. (Voir plus haut, p. 303 à 351.) En outre, comme pour augmenter les chances d'erreur, il n'y avait, chez notre malade, aucun des signes visibles de la goutte, ni les nodosités des cartilages du pavillon de l'oreille,., ni les tophus

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siégeant sur les métacarpiens ou le poignet. Ces circonstances expliquent et justifient l'erreur de diagnostic qui a été commise pendant la vie, et notre observation démontre que le diagnostic entre la goutte et le rhumatisme chronique est parfois impossible par la seule inspection des déformations articulaires. Nous reviendrons bientôt sur les altérations anatomiques des reins et des articulations que nous avons trouvées à l'autopsie, mais nous croyons utile d'exposer, en quelques mots, l'historique et l'état actuel de nos connaissances, sur ce sujet.

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