‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 186 sur 232 · REIN GOUTTEUX : EXAMEN MICROSCOPIQUE · texte numérisé non relu

REIN GOUTTEUX : EXAMEN MICROSCOPIQUE

avaient eux-mêmes subi une assez grande augmentation de volume par l'hypertrophie et l'hypergénèse de leur contenu épithélial. Ce sont là les alrérations anatomiques de la néphrite parenchymateuse (deuxième degré de la néphrite albumineuse de M. Rayer), et il est impossible de ranger cet état du rein, dans le gouty kydney de Todd.

Les dépôts blancs, (PL. IIL fig. 1, A) linéaires, se détachaient vivement, sur la substance tubuleuse rouge et injectée. Examinée sur des coupes fines, à des grossissements de 80 à 300 diamètres, ils se sont montrés composés de longs cristaux prismatiques, généralement parallèles ou réunis en faisceaux, (PL. III, fig. 3 D) quelques-uns d'entre eux partant delamasse principalement, se dirigeaient dans tous les sens (PL. III, fig. { D).

Lorsqu'on eut ajouté de l'acide acétique, les cristaux libres furent dissous les premiers, en même temps que se formaient les tables rhomboïdales d'acide urique ; la masse tout entière perdit sa structure cristalline, devint amorphe, opaque, et prit la forme et le volume de tube urinifères. Une partie du contenu decestubes sedissolvant, on obtintla figure 4, dans laquelle une portion de tube, devenue transparente, G, se continuait avec une portion du môme tube encore remplie. Ces examens microscopiques, répétés à divers intervalles, ne nous ont laissé aucun doute sur le siège des dépôts dans le rem que nous avons observé. Les cristaux superficieh étaient libres et situés hors des tubes droits ; mais ces derniers étaient aussi remplis 'par un dépôt probablement amorphe du même ■sel qui servait de point d'implantation aux aiguilles libres.

Le rein droit offrait des altérations toutes différentes : il était petit, réduit au tiers à peine de son volume primitif difficile à détacher de son enveloppe graisseuse. Sa capsule fibreuse y adhérait intimement, la substance corticale atrophiée, était couverte de kystes. Sur une coupe de ce rein, les vaisseaux

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so préseiiLaient àl'œil nu, sous forme de lignes fibreuses Irès apparentes, dures et privées de sang. La muqueuse du bassinet épaissie présentait des plaques de coloration jaunâtre, répondant à des dépôts graisseux, situé dans le tissu cellulaire sous-muqueux. L'examen microscopique de ce rein montra une atrophie très marquée de tout son parenchyme sécréteur, glomérules et tubes, en même temps que l'épaississementdes parois artérielles, et des cloisons fibreuses qui séparent les glomérules et les tubes. Il n'y avait pas dans ce rein, de dépôts uratiques. D'après ce qui précède et l'analyse des faits, il est vrai, peu nombreux, qui ont trait à notre sujet, nous croyons pouvoir conclure :

L Que chez un certain nombre de goutteux, par suite de l'irritation que cause dans le rein le passage d'une grande quantité d'urates, l'albumine se montre dans l'urine, irrégulièrement et en faible quantité et coïncide parfois avec de l'œdème.

II. Que ces symptômes correspondant à une altération anatomique quelquefois très avancée des reins, qui consiste dans une forme chronique de la néphrite albumineuse (néphrite parenchymateuse), ou dans une altération chronique, caractérisée par l'atrophie du parenchyme, avec épaississement des cloisons fibreuses et des parois artérielles, (néphrite interstitielle, gouty kidney de Tood), mais que ces lésions n'ont rien par elles-mêmes qui soit spécial à la goutte.

III. Que deux sortes de dépôts du rein appartiennent en propre à la goutte : T Les dépôts uriques ou néphrite goutteuse de M. Rayer ; 2" les dépôts uratiques qui sont caractéristiques de la goutte, et complètement identiques à ceux des articulations,

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