‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 195 sur 232 · Edinbiirg Médical Journal, augusl 1825, p · texte numérisé non relu

Edinbiirg Médical Journal, augusl 1825, p

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ndpurœ, et germinœ arthritidis faciem ordinato {{). » Voici maintenant un passage extrait d'un Essai sur les eaux de Hath publié en 1772 par Je docteur W. Falconer : « Les eaux de Bath sont de la plus grande utilité dans le traitement des affections goutteuses qui succèdent quelquefois à la colique de Poitou, et qui ont été observées et décrites par le docteur Musgrave, et depuis par le docteur Huxliam (2). » — Viennent ensuite des documents de date moins ancienne : la Collection des écrits inédits de C. Hillier Parry (3), recueil riche d'observations cliniques intéressantes, et qui révèlent presque toujours une rare sagacité, contient un tout petit chapitre daté de 1807, et portant ce titre : Gout from lead. « J'observe, y dit l'auteur, qu'après la paralysie saturnine, des malades d'âge moyen, d'ailleurs auparavant bien portants, sont très sujets à éprouver des accès de goutte dans les membres. M. C..'., entre autres, a eu la goutte au pied, et il en a éprouvé quelque soulagement. » — Trois cas de goutte articulaire consécutive à la paralysie des mains, suite d'intoxication saturnine, sont encore mentionnés dans un nouvel Essai sur les eaux de Bath, pubhé en 1822 par le docteur Barlow. Enfin, parmi les observations que renferme le recueil des leçons faites par le docteur Todd, en 1843, au Collège des médecins de Londres, Il en est une fort remarquable où l'on voit un peintre en bâtiments être atteint pour la première fois de la goutte, après avoir subi plusieurs attaques de colique de plomb, et éprouver par la suite, un nouvel accès de goutte au moment même où il venait d'être délivré d'une nouvelle atteinte de coHque sa-

1. De Arlhritide symplomatica. Genevœ, 1752, cap. X, art. p 565 - Vov aussi p. 68, hist. 2, Arthritis colicœ ex pomaceo siiperveniens

2^Garrocl, loc. a7., p. 593. - Dans l'opuscule d'Huxham surla colique ac ucvonslnrc, nous ne trouvons rien qui ait positivement trait à la goutte ''-^^L^Z^SM^tlS""'^' " WW..,.o,..e Laie CIL

turnine (1). Le docteur Todd, dans un ouvrage postérieur au précédent, a signalé d'ailleurs les peintres en bâtiments au nombre des individus de la classe ouvrière atteints de goutte qui fréquentent le plus souvent les hôpitaux de Londres (2).

On voit qu'en somme, les résultats de cette enquête rétrospective, de même que les témoignages récents, se montrent favorables à la thèse soutenue par M. le docteur Garrod. Ses propositions néanmoins, en raison surtout des circonstances dans lesquelles ont été recueillies les observations qui leur servent de fondement, paraîtront passibles d'objections. A Londres, en effet, la prédominance du régime animal, l'usage habituel et trop souvent, l'excès de certaines bières fortes, telles que le imrter et le stoiU, placent la population ouvrière dans des conditions hygiéniques toutes spéciales. Ces conditions expliquent, en grande partie, pourquoi la population dont il s'agit se montre affectée de goutte assez fréquemment, bien plus fréquemment que cela n'a lieu partout ailleurs; c'est là, du moins, une opinion à laquelle les médecins anglais paraissent aujourd'hui se rattacher tous d'un commun accord (3).

1. R. B. Todd. - Pralical Remarks rheumatic on Gout Fever and ChronîM Rheumatism of the Joints. London, 1843, p. 44.

2. Clinical Lectures on certain Diseuses of the Urinary Organs, Lec. 1&, on

Gout, p. 400. London, 1857. . ,^ • va h. x

3 VoY. sur ce sujet : W. Budd, in The Library of Medmne, Ed. by A. Tweedie t V p. 218 : - R. B. Todd, Clinical Lectures Urinary Organs : „ Most Persons who indulge mucli in beer or porter suffer sooner or later „ from this Disease (Gout), Malt liquor is par excellence ihojMim of „ Gout. » London, 1857, p. 400. - Garrod, loc. cit., p. 256 T. Wa son. LectrZ on tke Principles of Physic, t. II, p. ^59- London, 185 . ' exem^, que nous empruntons à l'excellent articlecite plus haut de M. W. Budd met Sien en lumière Finfluence de certaines boissons^ fermentees « oppemcnt de la goutte chez les basses classes a Londres : Il c. dit M B dd ! un corps d'ouvriers employés sur la Tamise à extraire e ^^^J^^^^ „ fleuve. Comme cette opération ne peut se faire que pendai^ la ma 1. „ les heures de travail sont réglées par cette circonstance 'J^'

le jour, tantôt la nuit. Ce travail expose ouvriers a tou e. l . i cmpe „ vies cl sollicite un giand déploiement de "^"^"^t;^- J"^^ '

cela, il leur est alloué une très forte ration de boissons fermentees , chaque

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Or, il est bien peu probable qu'à Londres les professions à émanations saturnines se distinguent entre toutes, en ce qui concerne le mode d'alimentation et l'abus de certaines boissons l'ermentées ; s'il en est ainsi, il paraîtra bien difficile de démêler, au milieu d'éléments étiologiques aussi complexes, la part d'influence qui revient au plomb, soit dans le développement de la goutte elle-même, soit dans la production de cette altération du sang- par excès d'acide urique, rencontrée chez certains sujets atteints d'une affection saturnine. Sans doute, la statistique établit que, toutes choses égales d'ailleurs, les plombiers et les peintres en bâtiments fournissent aux hôpitaux de Londres plus de goutteux que les individus appartenant aux autres professions mécaniques, et cette circonstance ne paraît guère pouvoir s'expliquer autrement que par l'influence du plomb. Mais, malgré cela, quelque incertitude peut subsister encore ; on comprend, dès lors, de quel poids seraient, pour la solution de la question, des études comparatives faites dans des localités où l'hygiène particulière aux ouvriers de Londres ne peut plus être incriminée. Dans ces nouvelles conditions d'observation, l'occasion de rencontrer la goutte en connexion avec l'intoxication saturnine se présenterait, on le prévoit, bien moins souvent qu'à Londres ; mais dans chaque cas particuher, l'action du plomb, dégagée

» homme boit de 2 à 3 gallons de porter par jour, et généralement, en outre, une quantité considérable de spiritueux (le gallon représente 4 litres 5^ Â part cette consommation énorme de boissons fermentées, leurs habitudes et

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es emarquablement fréquente chez ces ouvriers, et, bien qu'ils ne forment fîî.n ï. 7' nombreux, plusieurs d'entre eux sont admis, chaque année, à i op.ld desgcnsde mer ^Sea.ze.'. HospUal SMp), atteints de cette afTecfon. G est la un fait très intéressant et qui semble démontrer que le travail

son n T '"T •^«"^î^'é'-^'^l'^^ de porter. Les ouvriers dont il s'agit

sont rcsque tous des paysans irlandais, et, en conséquence, ils ne doivei «que bien rarement ôtre prédisposés par hérédité à contracter la goutte

en grande partie des autres influences étioiogiques, apparaîtrait plus exclusive, et, partant, plus manifeste.

Malheureusement, de telles études n'ont pas été entreprises, ou tout au moins elles n'ont fourni, quant à présent, aucun résultat significatif. Il s'est trouvé, par exemple, qu'à Edimbourg, où l'on a cherché à vérifier les propositions d(! M. Garrod, les affections saturnines, au rapport du professeur Christison, ne s'observent que très rarement. La goutte y est également des plus rares, au moins chez le peuple, qui mange peu de viande et qui, en fait de boissons alcooliques, n'use guère que du ivhisky, liqueur distillée et, à ce titre, peu propre à engendrer la disposition goutteuse (1). En France, en Allemagne, du moins à notre connaissance, on ne s'est pas occupé jusqu'ici de savoir s'il existe un rapport de causalité entre l'intoxication saturnine et la goutte. A Paris, où le régime de la population ouvrière ne diffère pas essentiellement de ce qu'il est à Edimbourg, les maladies de plomb sont nombreuses dans les hôpitaux, et cependant la goutte y est incontestablement très rare. Par le seul rapprochement de ces

s on l'i' dans

1 A Edimbourg, où les peintres en bâtiments et les plombiers forment cependant un corps assez nombreux, M. Christison n'aurait pas rencontre un seul cas de colique de plomb ou de paralysie saturnine pendant plus de trentecinq ans qu'il est resté attaché aux hôpitaux à titre de médecm en chef. La goutte est également très rare dans cette ville d'après le même medecm, qa. ne l'aurait observée que deux fois pendant toute la durée de sa carrière nosocomiale. (Voy. Garrod, loc. di., p. 272.) - M. Bennet [CUmoal Leolnres the PrinciplL of Meclicine, 2» édit., 1858, p. 916) fait également remarq, que la goutte est très rare chez le peuple k Edimbourg, et en gênerai dj„. Lté l'Écosse. Cela tient, suivant M. Bennet, en part.e a la sobnete des . bitants, mais surtout à cette circonstance que leur seule boisson alcoo est le whisky, et qu'ils ne font pas usage des bières fortes et des vins capUe dont la classe ouvrière de Londres use, au contraire, s. largement. -- X môme qu'à Edimbourg, la goutte est rare à DubUn chez la population ou u . et vraisemblablement pour les mômes causes. (Voy. a ce sujet Todd C « Lectures on the Urinary Organs. London, 1857. p. 401.) - On ait qj^^ gnus Huss ne signale point la goutte parmi les affections qui, en Suède, .e sultenl de l'abus prolongé de l'eau-dc-vie.

deux dernières circonstances, on pourrait ôtre conduit à conclure sommairement dans un sens diamétralement opposé à la thèse de M. Garrod. On pourrait encore faire ressortir que si une relation étiologique entre l'intoxication saturnine et la goutte existait en réalité, elle eût été au moins entrevue par des observateurs tels que MM. Grisolle et Tanquerel des Planches, qui ont poussé si loin l'étude des maladies de plomb. Ces arguments n'ont pas cependant une valeur absolue. Combien de fois, en effet, n'a-t-on pas vu un fait pathologique, naguère réputé pour très rare, ou môme resté ignoré, devenir ensuitepresque vulgaire,par cela seul qu'à unmoment donné, il a fixé l'attention des médecins ? D'ailleurs, avant de conclure, il serait tout à fait nécessaire de rechercher directement si quelques goutteux qui se présentent dans nos hôpitaux n'ont pas, pour la plupart, subi autrefois l'intoxication saturnine; si, d'un autre côté, chez les sujets actuellement soumis à cette intoxication, on ne voit pas, plus souvent que dans toute autre circonstance, la goutte naître et se développer. Or, cette enquête spéciale n'a pas encore été étabhe, et, en conséquence, la question ne peut encore, de ce côté, recevoir une solution définitive. Tout ce qu'il est permis de dire, quant à présent, c'est que s'il paraît acquis que l'intoxication saturnine, — ainsi que le veut M. Garrod, — peut, avec le concours d'autres causes prédisposantes, contribuer à développer la goutte, rien ne démontre, pour le moment, que la goutte puisse se produire, pour ainsi dire de toutes pièces, par l'influence exclusive ou tout au moins prédominante de l'intoxication saturnine.

— Nous avons entrepris, sur le sujet qui nous occupe, une série de recherches que nous nous sommes vus forcés d'interrompre. Les résultats obtenus n'ont pas fourni jusqu'ici d'arguments décisifs ; ils sont toutefois, si nous ne nous trompons, de nature à laisser entrevoir que de nouvelles investi- • Charcot. Œuv coinpl. t. vu. Malad. des Vieillards. 3o

galions dirigées clans le môme sens, et poursuivies sur une plus grande échelle, ne resteront pas infructueuses; c'est pourquoi nous avons cru utile de faire connaître ces résultats, ne fût-ce qu'à titre de renseignements.

Voici d'abord l'iiistoire détaillée d'un cas assez remarquable de goutte chronique développée chez un peintre en bâtiments atteint plusieurs fois de colique de plomb :

Observation. — Aucun anlécédenl héréditaire. — fièvre putride à M ans. — Accès légers de coliques de plomb (24 à 28 ans). — Petits accès de 28 à 32 ans . — Premières manifestations goutteuses à 32 ans. — Accès annuels de goutte. — Hémorroïdes. — Envahissement progressif des jointures. — Attaque congestive : parésie droite. — Tophus de l'oreille. — Etat du malade à 56 ans. — Description des jointures. — Examen microscopique des tophus. — Examen de la sérosité d'un vésicatoire.

Le nommé S... G... âgé de cinquante-six ans, né à Domodosola (Piémont), exerçant à la fois deux professions, celle de fumiste et celle de peintre en bâtiments, entre le 14 octobre 1861 à l'hôpital de Lariboisière, salle Saint-Henry, no 19, dans le service de M. Pidoux (intérimat de M. Charcot).

Les parents de ce malade n'ont jamais été dans une position aisée. Son père, sa mère, et même son grand-père et sa grandmère, n'auraient jamais été affectés, soit de goutte, soit de rhumatisme ; toujours ils auraient joui d'une forte santé ; seule, sa mère était un peu asthmatique; elle est morte à l'âge de soixante-dix ans. S... a eu cinq frères ou sœurs qu'il a peu connus et sur la santé desquels il ne peut donner de renseignements. Il a quitté son pays à l'âge de quatorze ans, et jusqu'à cette époque, il n'a jamais été malade ; il a voyagé un peu partout, exerçant en hiver la profession de fumiste et en été celle de peintre en bâtiments, mais c'est en France surtout qu'il a vécu. Marié à vingt-deux ans, , il a eu cinq enfants ; toujours sa posi-

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tion a été très médioci-e; jamais, assure-t-il, il n'a été à môme de commettre d'excès habituels, soit dans le boire, soit dans le manger. Depuis deux ans, il a dû se séparer de sa femme et de ses enfants, et les renvoyer dans son pays, parce que, incapable de travailler, il ne pouvait plus suffire à leurs besoins.

S... est tombé malade, pour la première fois, à l'âge de vingt quatre ans; il était alors à Nevers ; il s'est agi cette fois d'une fièvre putride, à la suite de laquelle tous ses cheveux sont tombés pour repousser ensuite.

Entre vingt-quatre et vingt-huit ans, plusieurs accès de coliques de plomb; mais à l'âge de vingt-huit ans, étant à Orléans, un violent accès de coliques de plomb qui ne le retint pas moins de quinze jours au lit, et à la suite de laquelle il fut très long à reprendre ses forces. Plusieurs accès du même genre se sont reproduits par la suite.

L'affection goutteuse s'est manifestée pour la première fois à l'âge de trente-deux ans ; le malade était alors à Orléans, il fut pris tout à coup d'une douleur violente, siégeant dans le pouce du pied gauche et accompagnée de gonflement et de rougeur ; il y avait à peine de la fièvre. S... crut que c'était là le résultat d'une entorse. Il dut rester quinze jours au lit. Il assure que ce premier accès n'a pas été précédé de désordres de l'estomac. Il n'avait jamais éprouvé et n'a pas éprouvé depuis des troubles des fonctions des organes génito-urinaires : jamais il n'a rendu des graviers ou des calculs.

Depuis cette époque, il a éprouvé souvent des poussés hémorrhoïdales, mais les hémorrhoïdes n'existaient pas avant le premier accès.

Le deuxième accès a eu lieu un an après, le malade était à Dunkerque. Cette fois, douleur, gonflement et rougeur de la cheville toujours du côté gauche; cet accès a duré près d'un mois.

Le troisième accès a eu lieu à Amiens. C'est le genou gauche qui a été pris cette fois. La durée de cet accès a été d'un mois environ.

Depuis cette époque, les accès n'ont pas cessé de se repro-

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duire à peu près chaque année, habiluellenienl en aulonme à Tépoque des premières gelées et des brouillards; à chaque nouvel accès, de nouvelles jointures étaient prises en outre des anciennes. En outre, dans ces dernières années, les accès sont devenus plus longs qu'autrefois; Tinappélence, pendant les accès, plus grande et la fièvre plus vive. Depuis deux ans environ, à peine les accès ont-il cessé qu'ils récidivent; enfin, depuis cette môme époque, il reste, dans l'intervalle des accès, de la roideur ou môme une impossibilité complète des mouvements dans certaines jointures; si bien que, depuis un au surtout, le malade est non seulement incapable de travailler, mais est obligé en outre de se servir de béquilles pour marcher; aujourd'hui les grandes chaleurs et les premiers froids paraissent également propres à ramener les accès ; dans les accès, actuellement, toutes ou à peu près toutes les jointures des membres se montrent souvent également douloureuses et tuméfiées.

L'hiver passé, étant couché et en proie à une attaque de goutte, S. . . éprouva tout à coup une sensation de choc violent dans la tête et perdit connaissance pendant à peu près une heure. Quand il revint à lui, il y avait engourdissement et faiblesse du bras droit et de la jambe droite; ces symptômes persistent encore aujourd'hui, mais à un faible degré ; les membres inférieur et supérieur du côté droit sont évidemment plus faibles que du côté opposé ; il y a sensation de fourmillement dans les derniers doigts de la main et du pied droit, ainsi que sur les bords externes du dos du pied, cependant, l'anesthésie sur ces parties est très peu prononcée. Depuis que les accès se sont ainsi rapprochés, le malade a peu d'appétit et mange habituellement fort peu.

Il y a environ trois ans que S. . . a remarqué l'existence des concrétions tophacées qu'on remarque aujourd'hui sur l'oreille externe.

État actuel le i 4 octobre. — S. . . paraît avoir été d'une très forte constitution; il a encore de l'embonpoint, bien qu'il ait beaucoup maigri depuis deux ans. Il a une tète volumineuse, le cou court; les cheveux noirs et abondants commencent à gri-

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sonner. Il paraiL lUro très intelligent, vil"; il s'exprime avec volubibilé. Jamais il n'a eu d'affections cutanées, si ce n'est la gale, il y a fort longtemps de cela. — Arcus senilis très prononcé des deux côtés.

Il est entré hier à l'hôpital avec la plupart des grosses jointures rouges, douloureuses et tuméfiées, principalement celles des genoux, des mains et des poignets. Son attitude dans le lit, le mode de déformation que présentent les extrémités supérieures, avaient fait songer, tout d'abord, à l'existence du rhumatisme articulaire chronique primitif ; mais un examen plus attentif fait reconnaître la présence de concrétions tophacées sur l'une et l'autre oreille externe, et d'un tophus au voisinage d'une des articulations des mains. On prescrit le sulfate de quinine et le calomel, et, au bout de quatre ou cinq jours, le gonflement, la rougeur et la fièvre qui était assez vive, disparaissent pour laisser le malade dans l'état d'infirmité où il était avant l'accès.

Examm le 24 octobre. — Membres inférieurs. — Les orîeils qui ont été si fréquemment le siège de la fluxion goutteuse, sont pour ainsi dire soudés, ankylosés dans leur articulation métatarso-phalangienne laquelle ne présente pas de gonflement. — Les gros orteils n'ont pas cette tendance à la déviation latérale qu'on observe si fréquemment dans le rhumatisme articulaire chronique progressif. Les pieds n'offrent d'ailleurs aucune difformité, aucune nodosité, non plus que les orteils; on y observe seulement un état scléreux de la peau qui, surtout au gros orteil, paraît faire corps avec les tissus sous-jacents. Les articulations Ubio-iarsiennes, ^QumohilQ^, ne sont pas tuméfiées.

genoux ne sont que très légèrement tuméfiés, nettement difformes; il n'y a pas de déviation de la rotule. La cavité synoviale ne contient pas de liquide ; il y a un peu de roideur seulement dans ces articulations, dont l'extension complète est impossible, si le malade les meut pendant qu'on y tient la main appliquée, on perçoit une sorte de crépitation à petits grains, Los hanches paraissent complètement libres,

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