‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 200 sur 232 · CAUSES ANATOMIQUES DES LÉSIONS ARTICULAIRES · texte numérisé non relu

CAUSES ANATOMIQUES DES LÉSIONS ARTICULAIRES

ai'liculations métacarpo-phalangiennes des pouces, un certain deyré de flexion, mais limitent complètement l'extension eL l'abduction : aussi, le muscle court abducteur du pouce a-t-il subi complètement la transformation graisseuse, ce qui contraste avec l'état des autres muscles de la main qui ont conservé, à peu de chose près, leur volume et leur coloration normale.

Un degré de plus, et l'ankylose celluleuse inira-arliculaire est complète. Les liens celluleux de nouvelle formation sont solides, résistants, et les mouvements de flexion ou d'extension sont devenus tout-à-faits nuls ; c'est ce qui existe pour les articulations radio-carpienne, tibio-tarsienne du côté gauche.

Dans quelques articulations phalangiennes, le but ou le résultat de la maladie a été tout différent de ce que nous venons de voir ; le cartilage a presque entièrement disparu, il n'en reste plus que quelques îlots. L'os mis à nu est rugueux, mais presque sans altération. Mais ce qui est surtout à noter, c'est qu'il n'existe ici aucune production celluleuse intra-articulaire. C'est dans ces articulations surtout que le frottement des surfaces déterminait pendant la vie une crépitation très sensible.

En résumé :

Le gonflement et la déformation des articulations tenaient dans ce cas : r cà l'épaississement de Ja synoviale ; 2° à l'épaississement avec transformation fibreuse du tissu cellulaire sous-synovial ; 3° à la formation dans ce tissu cellulaire de productions cartilagineuses et osseuses.

La diminution de la mobilité des os, les uns sur les autres, tenait, soit à la formation de liens celluleux développés entre les deux surfaces articulaires contiguës, soit à l'épaississement avec production dé tiens fibreux de la couche celluleuse, soussynoviale. C'est à cette dernière variété d'ankylose qu'était due la fausse contracture des membres supérieurs. N'est-il pas possible, dès lors, que l'altération désignée par quelques auteurs, sous le nom de contracture rhumatismale, ne soit sou-

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vent rien moinsque le résullaL d'une modificalion dans le tissu môme des muscles.

Enfin, nous assistons cà tous les degrés possibles d'une altération particulière des cartilages, commençant par une simple exulcération et se terminant par une dénudation plus ou moins étendue des os subjacents, altération qui s'accompagne souvent de l'adjonction de tissu fibreux à la substance cartilagineuse elle-même, et pendant ce temps, la synoviale s'est injectée, gonflée, elle s'est couverte de bourgeons charnus; mais le liquide qu'elle exhale ne diffère de l'état normal que par sa viscosité plus grande, et, dans certains cas, par la présence d'une substance albumineuse plus ou moins opaque ; pas de pus, pas de véritables fausses membranes.

Le cœur ne présente pas d'altération sensible soit dans ses parois,"soitdans ses valvules. Lespoumonsprésententde nombreux tubercules; çà et là des excavations au sommet des deux organes. Le lobe inférieur gauche présente une induration considérable à son centre, laquelle est due à une liépatisation pulmonaire diffuse qui environne de toutes parts un noyau d'infiltration tuberculeuse dont le centre s'est déjà ramolli. — Les autres organes n'ont rien présenté de notable.

RHUMATISME GlSlN-ITAL

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