VARIA
Sur l'ostéomalacie sénile
Il se produit assez fréquemment chez les vieillards une raréfaction du tissu osseux qui porte plus particulièrement sur les côtes, la colonne vertébrale et les os du bassin. On trouve presque toujours à l'autopsie de ces sujets, de nombreuses fractures de côtes, les une récentes, les autres anciennes, consolidées avec ou sans déplacement. Cet état morbide se traduit habituellement, pendant la vie, par un ensemble de symptômes qui permet d'en établir le diagnostic. Les malades éprouvent des douleurs souvent très vives sous l'influence des moindres mouvements, et bientôt, dans les cas intenses, il se condamnent à un repos absolu. Confinés au lit, ils redoutent tout déplacement, tout contact, et emploient toute leur attention à éviter ces causes d'aggravation de leurs souffrances. Une pression, même légère, exercée sur les côtes, les os du bassin, les extrémités épiphysaires des os longs, provoque d-s douleurs. A ces symptômes se joignent quelquefois des contractures permanentes, siégeant dans divers muscles du tronc ou des membres.
1. En commun avec M. Vt^lpian. Celle note, tirée de VExposé de tilres do en ISOJ et 18G4, qui n'ont pas élé publiées (B). '
MAUUIES NERVEUSES UES VIElLLAltDS
Du tremblement sénile.
Contrairement à l'opinion vulgaire, partagée du reste par quelques médecins, le tremblement sénile n'est pas commun. Une visite régulière, faite l'an dernier par M. Charcot dans tous les dortoirs de la Salpêtrière, consacrée, on le sait, pour une large part aux vieillards, lui en avait procuré une dizaine de cas; une visite analogue, faite cette année, a été moins fructueuse, car elle n'a fourni que les cinq vieilles femmes que M. Charcot a placées sous les yeux de ses auditeurs.
Souvent, dit-il, les littérateurs dramatiques ont dépeint dans leurs comédies les vieillards tremblant à l'excès de la tôle et des membres. C'est là une erreur que Shakespeare, observateur aussi scrupuleux que grand poëte, a su éviter. Et, pour apporter la conviction dans les esprits, M. Charcot cite quelques passages empruntés à plusieurs des drames de l'immortel poëte anglais.
Le premier est tiré du drame intitulé Henri IV. Dans la seconde scène du premier acte, le juge gourmande Falstaff pour avoir corrompu le prince de Galles. Falstaff, un instant, fait le jeune, ce qui mène le juge à lui répliquer dans les termes que voici :
« Osez-vous encore, dit-il, vous appeler un jeune homme N'avez-vous pas l'œil larmoyant, la main sèche, le visage jaune, la barbe blanche, une jambe amaigrie, un ventre (lui grossit.
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N'avez-vous pas la voix cassée, le menton épais, l'esprit mince ? Eniin, tout n'est-ii pas ravagé par la vieillesse, etc., etc.
Comme on le voit, il n'est pas du tout question ici du tremblement. Dans la pièce « Comme il mus plaira » un des personnages de Shakespeare, Jacques compare, on s'en souvient le monde à un théâtre. Les hommes et les femmes sont les acteurs. Les actes de la pièce répondent à sept âges ; le sixième à la première vieillesse ; le septième à l'extrême vieillesse « qui vient finir cette histoire pleine d'étranges événements. C'est la deuxième enfance, état d'oubli profond ou l'homme est sans dents, sans yeux, sans goût, sans rien. » 11 n'est fait dans ce passage, de même que dans le précédent, aucune mention du tremblement. Ce n'est pas d'ailleurs seulement sur ce point des choses de la médecine que Shakespeare s'est montré un peintre fidèle, mais sur bien d'autres, assez nombreux pour qu'un médecin anglais, le D-- J. C. Bucknill ait pu en faire un livre plein d'enseignements même pour les gens du métier (1).
Si nous passons maintenant en revue les opinions des médecins, nous constatons qu'un certain nombre d'entre eux ont adopté le préjugé des gens du monde. Parlant des modifications qui surviennent du côté du système musculaire dans la vieillesse, L. Fleury dit « que l'on observe souvent le tremblement sénile (2). » Dans un article consacré au tremblement (3), nous lisons que « l'affaiblissement des parties qui en est le résultat (de la vieillesse.) donne presque constamment lieu au tremblement » et qu' « il est rare de voir un vieillard qui fie tremble pas. » '
Toutefois, il est juste de reconnaître que beaucoup de mé-