‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 209 sur 232 · Cours d'hyriiène, t. II, p · texte numérisé non relu

Cours d'hyriiène, t. II, p

3. Ancien Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. 1821. CuARCOT. Œuvr. compl. t. vu. Malad. des Vieillards. 37

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decins n'oiiL pas indi(iué le • Ireinbleraeiil parmi les phénomènes qui caractérise ni la vieillesse et parmi eux se rangent tous les écrivains qui se sont occupés spécialement des maladies de l'âge avancé. M. Charcot cite plus spécialement Day, Durand-Fardel, Malcomson, Geist et Bibra : ces auteurs ne décrivent môme pas le tremblement sénile, à titre d'état pathologique. Quelques cliniciens, du reste, ont protesté autrement que par le silence, tel est entre autres, Trousseau.

On a coutume, écrit-il, de dire que cet espèce de tremblement est un effet de la faiblesse que Tâge avancé entraîne avec lui ; mais, si le fait est vrai en quelque cas, il ne Test plus d'une manière générale. D'une part, en effet, ce tremblement ne s'observe pas nécessairement chez tous les vieillards, môme très-avancés en âge ; d'autre part, il se rencontre assez fréquemment chez des sujets dans l'âge mûr et même chez des adolescents (J).

Ainsi que le fait remarquer M. Charcot, le tremblement dit sénile n'est pas la seule affection que l'on ait considérée alors comme un apanage de la vieillesse. Le morbiis coxœ senilis, la gangrène par oblitération artérielle et àxiç, sénile ne se voient pas à la Salpêtrière aussi fréquemment qu'on pourrait le croire, d'après le préjugé vulgaire.

Un simple coup d'œil jeté sur cinq vieilles femmes que M. Charcot a montrées à ses auditeurs permet de voir en quoi consiste surtout le tremblement sénile. C'est principalement la tête qui est intéressée. Les mouvements dont elle est animée sont variables ; les vieillards exécutent sans cesse tantôt les mouvements qui répondent à l'affirmation (flexion de la tête, puis extension), ou à la négation (mouvements de latéralité), tantôt et alternativement l'un ou l'autre de ces

1. Clinique médicale de l'iiôtel-Dieu de Paris, 4» édilion, t. II., p.

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mouvements. Dans chacune de ces variétés, il existe une certaine uniformité, les mouvements qui la caractérisent se reproduisant à peu prés dans un ordre régulier.

M. Charcot signale ensuite une autre variété, celle-là un peu plus complexe. Outre le tremblement de la tête, on note une trémulation intéressant la lèvre inférieure et le menton qui est branlant. C'est ce que les enfants, qui se moquent des vieillards, — cet âge est sans pitié, — appellent « faire la bouche de lapin » pour employer les expressions même de l'une des malades.

Le tremblement envahit quelquefois les mains. Pourtant, nous le répétons, c'est à la tête qu'il prédomine; il n'est pas spécial aux personnes âgées, puisqu'on l'observe parfois, avec tous ses caractères, ainsi que l'ont noté divers auteurs et nous-même, chez des individus qui sont encore jeunes; diverses circonstances et principalement les contrariétés, les émotions, donnent lieu à des exacerbations de ce tremblement.

Il importe de ne pas confondre le tremblement sénile avec les spasmes rhythmés des muscles du cou, lesquels éclatent dans les mêmes conditions que le tremblement sénile. En pareille occurrence, la tête tourne toujours de gauche à droite ou de droite à gauche. Ces spasmes, dont notre maître a fait voir un curieux exemple l'an dernier, diffèrent du tremblement sénile en particulier, parce que celui-ci est plus rapide, moins régulier, se complique fréquemment soit de mouvements alternatifs de flexion et d'extension, soit de mouvements de la mâchoire inférieure.

Le tremblement sénile succède souvent à des émotions morales et se développent subitement. Afin qu'on puisse mieux se rendre compte de la vérité du tableau tracé par M. Charcot et que nous avons essayé de reproduire fidèlement, au moins dans ses principaux traits, nous allons résumer en quelques

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mois les observations des malades que M. Charcol a présentées.

Cas I. — Mag..., 10 ans : tremblement prédominant à la tête, ayant débuté subitement pendant la guerre, consécutivement à une peur causée par la vue d'un grand nombre de fédérés que Ton fusillait sous ses fenêtres. Les mains sautent parfois quand elle travaille à la couture ; quelquefois les jambes et le tronc tremblent.

Cas II. — Ki..., 68 ans : tremblement de la tête surtout et du bras droit, survenu en 1871, à la suite d'une frayeur causée par la vue d'une « bombe » qui tua 5 ou 6 personnes en éclatant. Le tremblement se compose de mouvements de latéralité, de flexion et d'extension de la tête.

Cas III. — Men...,82 ans : tremblement intéressant principalement la mâchoire inférieure. Cette femme prétend que sa maladie s'est développée brusquement, après une émotion vive occasionnée, pendant la guerre, par la mort d'un de ses neveux qu'elle vit tuer sous ses yeux. Aussitôt elle fut prise d'un tremblement général et tomba dans une sorte de léthargie. Lorsqu'elle revint à elle, le tremblement avait diminué, et s'était circonscrit. Peu à peu, depuis lors, il est devenu plus intense. Les contrariétés l'augmentent. La langue est respectée, la parole normale. Il y a, chez cette femme, un léger tremblement des pouces qui l'empêche d'enfiler son aiguille. Elle tremble plus de la main droite que de la gauche. Rien du côté des jambes.

Cas IV. — Blon..., 71 ans : tremblement limité à la tête qui fait alternativement oui et non. Ce tremblement a paru en 1869, à la suite d'une peur déterminée par un accident de voiture : elle faillit être écrasée. Quinze jours après, son mari s'aperçut de son tremblement : « On dirait, faisait-il remarquer,'que tu dis toujours oui. « Quant à elle, elle ne s'était aperçu de rien. Le tremblement s'est aggravé progressivement et davantage de-

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puis qu'elle est à laSalpêtrière. Pas de tremblement des mains ou de la mâchoire (1).

Cas V. — Pot..., 84 ans : tremblement delà tête, sans participation de la mâchoire inférieure. Les mains sont libres. La malade est encore capable de coudre ; quelquefois pourtant, elle ressent de petites secousses et se pique les doigts. Le tremblement a débuté il y a une vingtaine d'années.

Pour terminer cette esquisse du tremblement sénile, nous dirons que, jusqu'ici Vanatomie pathologique n'a rien appris SUT son compte ; nous ne connaissons pas son substratum anatomique. Quant au traitement^ on peut avouer également qu'il est demeuré toujours impuissant (2).

1. Lorsque ces malades écrivent, elles appuient fortement; les traits sont larges, épais. Veulent-elles tracer une ligne droite, joindre un point à un autre, il y a de temps en temps un petit crochet et plus le tremblement est prononcé, plus nombreux sont les crochets.

2. Leçon résumée par Bourneville et publiée dans le Progrès Médical, 1876, p. 816.

MALADIES NERVEUSES TjES VIEILLARDS

De la chorée vulgaire chez les vieillards.

Après avoir décrit la chorée rhythmiç/ue hystérique, dans une leçon que nous avons rapportée tout au long (1), M.Charcot a entretenu ses auditeurs de la chorée vulgaire chez les vieillards. Nous allons résumer ici les principaux traits de sa conférence.

La chorée, chez le vieillard, ne diffère pas essentiellement de la chorée vulgaire, la chorée de Sydenham ; c'est, en un mot, le pendant de celle qu'on observe si communément chez les enfants. En passant en revue tous les vieillards de la Salpôtrière, M. Charcot n'a pu réunir que deux malades : Alten... et Cour... Un premier fait paraît donc acquis : la rareté de la chorée dans la vieillesse. Rien, par conséquent, d'étonnant que les auteurs qui se sont occupés de pathologie sénile n'en parlent pas. Parmi les faits disséminés dans la science, M. Charcot cite celui d'une femme de 83 ans, consigné par M. Roger ; celui d'un malade de M. G. Sée, âgé de 39 ans ; enfin une observation de Graves, concernant un homme de 70 ans.

La chorée vulgaire est-elle modifiée en quelque façon dans sa forme, lorsqu'elle est transplantée chez le vieillard? Non, du moins, en rien d'essentiel. Tout ce qu'il est possible de

1. Celle leçon fait partie du premier volume des Œuvres complètes de M. Charcot (p. 386.)

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relever, c'est la lenteur relative des mouvements, la variété peut-être moins grande des grimaces, la marche essentiellement chronique. Alten... a 71 ans; la chorée a débuté il y a 12 ans. — Cour... a le môme âge ; la chorée a paru à 60 ans. — Ces deux exemples mettent hors de doute la longue durée de la chorée chez les personnes avancées en âge.

Le pronostic, en général, n'est pas grave, en ce sens que la vie n'est pas compromise ; mais il l'est en ce sens que la maladie est incurable. M. Charcot déclare n'avoir vu signalé aucun cas de guérison. Il ne faudrait pas croire non plus que toujours le pronostic soit relativement bénin. M. Charcot a vu une vieille femme, dont les mouvements étaient excessivement exagérés, succomber dans un état typhoïde avec une élévation notable de la température centrale. — Dans un autre cas, bien que les mouvements fussent circonscrits à une moitié du corps et comparativement modérés, la maladie a été grave dès le début. Elle s'est compliquée d'un délire maniaque, et la mort a eu lieu également avec une élévation brusque de la température. La plupart des vieillards affectés de chorée ont paru à M. Charcot, être dans un état de démence plus ou moins prononcé.

Uétiolof/if semble différer quelque peu de l'éliologie de la chorée des enfants. Chez les vieillards, il ne paraît pas y avoir de relation entre la chorée et le rhumatisme. On ne rencontre non plus chez les vieilles choréiques aucune des formes du rhumatisme articulaire chronique, qui s'observent si fréquemment dans les hospices. Enfin, dans les autopsies qu'il a pratiquées, M. Charcot n'a pas constaté de lésions du cœur.

La chorée, chez le vieillard, paraît être une maladie émotionnelle, comme le sont tant d'autres névroses du genre des chorées. Chez Cour.., la chorée est survenue « à la suite de

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