Landré-Beauvais. — Thèse de docloniL, îin Vlll
rhiiraalisme noueux, arthritis pauperum, maladie très fréquente chez les indigents. Landré-Beauvais la désignait sous le nom de go^itte asthénique primitive, tout en reconnaissant déjà qu'elle diffère de la goutte vraie. C'est là, messieurs, une affection redoutable en raison des infirmités qu'elle entraîne; elle mérite, à tous égards, d'être placée au premier rang des maladies chroniques rassemblées dans cet asile et qui devront fixer votre attention plus tard. • Les leçons cliniques faites à la Salpêtrière par Rostan, vers 1830, eurent à cette époque un immence retentissement. Plusieurs questions relatives à la pathologie sénile furent soumises à une étude approfondie par l'éminent professeur (1). Deux de ces travaux surtout sont restés justement célèbres. Le premier a pour but d'établir que l'asthme des vieillards n'est pas une affection nerveuse, mais l'un des ) symptômes d'une lésion organique ; et l'on reconnaît aujourd'hui que, si cette proposition prise dans un sens général ■■ est trop absolue, elle n'en est pas moins vraie dans la : grande majorité des cas. Le second est une étLide remarquable sur le ramollissement cérébral, qui a transformé complètement nos idées à cet égard. On sait que, d'après Rostan, cette altération, si fréquente à une période avancée de la vie, loin d'être le résultat d'un travail inflammatoire, serait i une destruction sénile, offrant la plus grande analogie avec ? la gangrène de la vieillesse. Les recherches des observateurs, aidées de tous les nouveaux moyens d'investigation que posi séde aujourd'hui la science, ont pleinement confirmé cette idée.
Les immenses matériaux laborieusement recueillis par M. le
i. Mémoire sur celte queslion: l'Aslhme des vieillards esl-il une affection itrroeuse '! (1.S17). necherches sur une maladie encore peu connue, qui a reçu ti' nom de namollissemenl du cerveau, par L. Hoslan, niéclociij de la SalnG- Itièrc. (1820.) '
professeur Cruveilhier, pendant son séjour à la Salpêtrière, ont conlribué en grande partie à l'édification d'un monument impérissable ; j'ai nommé V Atlas d'anatomie pathologique. D'innombrables observations, qui ont répandu un jour nouveau non seulement sur la pathologie des vieillards, mais aussi sur l'histoire de plusieurs maladies chroniques, se trouvent accumulées dans ce vaste recueil.
Sous l'impulsion plus ou moins directe des maîtres que nous venons de citer, plusieurs monographies importantes, relatives aux maladies de la vieillesse, ont été publiées par des observateurs qui avaient puisé dans cet hospice les matériaux de leurs ouvrages. Nous nous contenterons de signaler le mémoire si remarquable de MM. Hourman et Dechambre (1), sur la pneumonie des vieillards, et le Traité du ramollissement du cerveau, par M. Durand-Fardel.
Il fallait réunir d'une façon systématique ces fragments épars, pour constituer enfin la pathologie sénile. Tel était le but que Prus avait cherché à réaliser dans ses Recherches sur les maladies de la vieillesse^ présentées à l'Académie de médecine en 1840. Mais l'observateur français avait été précédé dans cette voie par Canstatt, en Allemagne ; on doit à cet auteur le premier traité dogmatique qui ait paru sur les maladies des vieillards (2). Malheureusement, cet ouvrage, c[ui date de 1839, a été composé sous l'influence de la doctrine de Schelling, qui a régné si longtemps de l'autre côté du Rhin, et qui porte le nom ambitieux de Philosophie de la nature. L'imagination y tient une place énorme aux dépens de l'observation impartiale et positive. Cependant, nous trouvons dans l'ouvrage de Canstatt des idées ingénieuses et souvent vraies qui lui assurent une place honorable dans la science.
Une méthode entièrement opposée a inspiré les études