COURBES DE TEMPÉRATURE DANS LES CAS MORTELS
malades ont été soumis à l'emploi des contre-stimulants, mais encore dans ceux où la maladie a été abandonnée à elle-même.
Les quatre tableaux suivants vous présentent les tracés thermométriques de deux cas de pneumonie terminés par la mort, avec élévation de température, et d'un cas termine par la guérison. Le quatrième est un cas de mort dans la défervescence. Toutes ces observations ont été recueillies à la Salpêtrière.
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Fig. 8. - Pneumonie lobaire, ciiez une femme de 83 ans. Mort avec élévation de la température. (Charcot.)
Messieurs, je crois vous avoir montré toute l'importance de la thermométrie clinique dans l'étude des maladies des vieillards, et l'utilité des résultats auxquels elle peut nous conduire, au triple point de vue du diagnostic, du pronostic et du traitement. Mais ce que j'avais surtout à cœur de vous prouver, c'est que les phénomènes de la fièvre observés aux époques les plus différentes de la vie sont toujours au fond les mêmes, et obéissent à des lois identiques. Comme
40 COURBES DE TEMPÉRATURE DANS LES CAS MORTELS Jours. 12 3 /] 5 G
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Fig. 9. — Pneumonie lobaire, chez une femme de 69 ans. Mort avec élévation de la température. (Giiarcot.) Jours. 5 G 7 8 9 10 11 12 18 14 15
Fig. 10. — Pneumonie loljairc, chez une femme de 75 ans. Guérison.
(CHAIiCOT.)
THERMOMÉTRIE AXILLAIRE ET RECTALE
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Fia. il. — Pneumonie lobaire, chez une femme de 75 ans. Mort dans la défervescence. (Charcot.)
chez l'adulte, la réaction générale existe chez le vieillard ; mais elle est latente, et c'est dans les régions centrales de l'économie qu'il faut savoir en chercher la manifestation.
Il est donc très important de distinguer ici les résultats de la thermométrie axillaire de ceux que donne l'exploration rectale. Sous le rapport de la température, l'aisselle répond à la surface du corps, le rectum aux viscères intérieurs. Il est vrai que dans la majorité des cas, les courbes qui correspondent à la chaleur manifestée sur ces deux points sont à peu près parallèles : chez l'adulte on pourrait presque dire qu'elles coïncident ; chez le vieillard, celle qui répond à la température de l'aisselle reste un peu inférieure à celle du rectum. Mais il existe des cas, et ce sont souvent les plus graves, oîi il se produit un grand écart. La température extérieure s'abaisse, tandis que celle des parties centrales s'élève, et la différence peut atteindre plusieurs degrés. On comprend qu'ilserait très insuffisant, en pareil cas, de s'en
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rapporter exclusivement aux résultats de la thermoraétrie axillaire.
Jusqu'ici, messieurs, je ne vous ai guère entretenus que des maladies dans lesquelles la chaleur s'élève au-desssus du taux normal. Mais il est un grand nombre d'affections (surtout chez les vieillards) qui donnent naissance au phénomène inverse, en provoquant un abaissement réel de la température des parties centrales. Sans parler du choléra (1), dont les effets à cet égard sont universellement connus, nous pouvons citer comme exemples, certaines affections du cœur, la péricardite, les gangrènes séniles, le marasme, et diverses formes de cancer. Cet état d'algidité est un symptôme grave et qui réclame de prompts secours. Or, il ne peut être révélé que par le thermomètre, qui est appelé par conséquent à rendre ici de nouveaux services.
Mais je ne veux point aborder aujourd'hui ce sujet: j'aurai sans doute l'occasion, dans le cours de nos conférences de vous indiquer les résultats des recherches que j'ai entreprises sur la valeur séméiotique de l'algidité chez les vieillards.
1. Dans le cours de la dernière épidémie de choléra qui a sévi à Paris, j'ai eu l'occasion de constater que la température des parties centrales se maintient au degré normal pendant le cours de la maladie, et que la chaleur s'élève aux approches de la mort ainsi que Doyère l'avait déjà signalé. {Mém. de la Société de biol., 1866.) (Note de la première édition.)
TROISIÈME LEÇON
Du rhumatisme noueux et de la goutte. — Hématologie pathologique de la goutte
Sommaire. — Fréquence du rhumatisme articulaire chronique à la Salpêtrière - Ses ressemblances avec la goutte. - Doctrine de l'identité : silence des médecins de l'antiquité à cet égard. - Nécessité d'entreprendre l'étude préalable de la goutte avant celle du rhumatisme chronique. — Diathèse goutteuse : ses caractères généraux. — Goutte régulière, irrégulière : goutte aiguë, goutte chronique. — Hématologie pathologique de cette affection. — Les tophus de la goutte sont composés d'urate de soude. — L'acide urique existe k l'état normal dans le sang. — Il se trouve en excès dans le sang des goutteux. — Procédé du fil. — L'acide urique n'existe pas en excès dans le sang des rhumatisants. — La goutte n'est pas la seule maladie qui coïncide avec cette altération. — Modifications accessoires dans la composition du sang, chez les goutteux. — État des urines dans la goutte aiguë, pendant l'accès et dans l'intervalle des accès : dans la goutte chronique.
Messieurs,
Nous venons d'étudier, dans les deux séances précédentes,, les caractères généraux que présentent les maladies dans l'âge sénile ; aujourd'hui, je me propose d'appeler votre attention sur l'une des affections chroniques qui se rencontrent le plus communément dans cet hospice.
Il s'agit du rhumatisme articulaire chronique, qui constitue, à coup sûr, l'une des infirmités les plus ordinaires du sexe féminin, au moins dans la classe pauvre; nous la trouvons en effet dans la proportion de 8 p. 100 parmi les femmes