ACIDE URIQUE DANS LE SANG
forme de végétalions très élégantes. Mais comme ce sel est assez soluble, il suffit d'ajouter un peu d'eau à la préparation pour le fondre; on voit alors apparaître ces masses rliomboédriques, qui sont entièrement composées d'acide urique.
Ce procédé, qui n'est pas assez sensible pour indiquer les traces d'acide urique qui existe, à l'état normal, suffit amplement aux besoins de la pratique ; il décèle en effet la présence àhtn soioGCUite-millième d'acide urique dans le sang. (Garrod.)
Lorsqu'on n'a pas de sang à sa disposition, on peut le remplacer par la sérosité d'un vésicatoire, qui donnera les mêmes réactions, pourvu qu'on ait eu soin de ne pas appliquer ce révulsif sur un point envahi par l'inflammation goutteuse ; car tout travail phlegmasique a pour effet de faire disparaître l'acide urique.
L'importance clinique de ce procédé est aisée à comprendre : c'est, dans bien des cas, un moyen de diagnostic excellent. 11 permet aussi de constater dans quelles circonstances se produit un accès d'acide urique dans le sang. Ce phénomène existe d'une manière permanente dans les cas de goutte chronique ; mais il augmente d'intensité avant les accès, pour retomber ensuite au-dessous du taux primitif. Dans la goutte aiguë, il s'efface dans l'intervalle des attaques, au moins à l'origine de la maladie (Garrod) (1); il se manifeste de nouveau quelque temps avant l'explosion de l'accès. Enfin, dans les cas de goutte ab-ar'ticulaire, on voit se manifester des accidents variés, qui paraissent liés aux mêmes conditions, car l'analyse révèle la présence de l'acide urique dans le sang.
Par contre, le rhumatisme articulaire aigu (Garrod), ou chronique (Charcot), ne sont jamais liés à cette dyscrasie particulière ; ce serait donc là un utile élément de diagnostic dans les
1. Voyez Reynolds : A System ofMedidne. Londrcâ, 1886. Art. Goul.
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cas douteux, car il suffirait alors d'appliquer un vésicatoire au malade, ou de lui tirer quelques gnimmes de sang, pour s'assurer si c'est à la goutte ou bien au rhumatisme que se rattachent les phénomènes observés.
Toutefois il ne faudrait pas considérer cet excès d'acide urique comme un signe pathognomonique de la diathèse goutteuse ; on peut aussi le constater dans la maladie de Bright et l'intoxication saturnine. Il est cependant probable que cette condition spéciale constitue une prédisposition à la goutte, c'est du moins ce qui semblerait résulter de la fréquence de cette affection chez les ouvriers en plomb de Londres (Garrod).
La présence de l'acide urique dans les humeurs du goutteux se révèle aussi par la composition de divers liquides soit normaux, soit pathologiques. Je l'ai trouvé, dans le liquide cérébrorachidien ; Garrod l'a rencontré dans la sérosité épanchée dans le plèvre ou le péricarde. On ne sait pas au juste s'il existe dans les sécrétions intestinales ; mais on trouve dans le liquide des pustules de l'eczéma (Golding Bird) et dans la poussière blanche qui se forme quelquefois sur la peau des goutteux; elle se compose surtout d'urate de soude (Petit, 0. Henry) (1). Dans tous les cas, il est certain que les sueurs, spontanées ou provoquées, n'en renferment aucune trace (Garrod, De Martitini, Ubaldini) (2).
Il nous reste à nous demander si, dans la goutte, le sang ne présente pas d'autres altérations dans sa composition chimique. Mais cette partie de la question est encore assez obscure. Il paraît établi cependant :
1" Que la proportion des globules se maintient dans la goulte aiguë à l'état normal, contraste évident avec l'anémie rhumatismale ; tandis que dans la goutte chronique, il se produit, à