‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 50 sur 232 · RÉTROCESSIONS DE LA GOUTTE 6S · texte numérisé non relu

RÉTROCESSIONS DE LA GOUTTE 6S

nôphrile gouLLeiise fait seule exception à ceLLe règle; aussi l'éludierons-nous avec un soin parliculier, après avoir rapidement esquissé l'état de nos connaissances, pour ce qui touche aux autres manifestations viscérales de la goutte.

Nous aurons d'abord à nous occuper de ces modifications soudaines dans le cours de la goutte, qui ont reçu le nom de métastases ou de rétrocessions.

11 est évident qu'en pareil cas, on doit supposer au premier abord qu'il s'agit de lésions tout à fait superficielles, surtout lorsque ces accidents n'ont point eu une issue funeste. Une semble pas probable que l'organe malade soit le siège d'une altération profonde, et l'on serait plutôt disposé à faire rentrer les troubles de cette espèce dans le cadre des lésions fonctionnelles. Mais ici le contrôle de l'anatomie pathologique fait presque complètement défaut, en raison même de la facilité avec laquelle ces accidents se dissipent dans la majorité des cas.

Cependant les choses ne se passent pas toujours ainsi : la mort survient quelquefois, et l'on peut être appelé à pratiquer l'autopsie : souvent alors on a constaté des altérations organiques ; nous possédons à cet égard quelques observations dignes de foi. Certains de ces faits se rattachent aux accidents gastriques de la goutte; ils appartiennent à Dietrich, Perry et Budd. Les malades ont succombé avec des symptômes classiques de la goutte remontée à l'estomac, et l'on a constaté l'existence d'un gonflement œdémateux du tissu cellulaire sous-muqueux de cet organe et des altérations plus ou moins profondes de la membrane muqueuse elle-même.

Dans d'autres cas, les malades ayant rapidement succombé

CiiAncoï, Œuv. compl. t. vu. Malad. des Vieillards. 5

bb LÉSIONS DU CŒUU, l)K i/AOUTE, l)IÎS IIIÎI.NS

dans le cours d'un accès de gouLle, on u rcnconlré chez eii\ les lésions ordinaires de l'hémorrhagie cérébrale, — quelquefois môme des ruptures du cœur.

S'il était permis d'en juger d'aprôs ces exemples, on serait porté à croire que, même dans les cas où des troubles fonctionnels se manifestent à l'occasion de la goutte, ils correspondent à des altérations organiques moins superficielles qu'on ne le suppose en général.

Mais il est d'autres lésions qui paraissent se rattacher à cette affection et qu'on a rencontrées chez des sujets atteints de goutte soit aiguë, soit chronique, lorsqu'une affection intermittente ou les progrès de la maladie avaient déterminé la mort. Nous allons les passer rapidement en revue.

A. Les parois musculaires du cœur sont souvent affectées de dégénérescence graisseuse. S. Edwards, Lobstein, et quelques autres observateurs ont trouvé de l'urate de soude dans des concrétions valvulalres ; mais l'exac titude de ce fait est contestée par Garrod.

B. L'aorte est souventle siège d'altérations athéromateuses; en outre Bramson, Bence Jones, et Landerer, ont rencontré dans ses parois de l'urate de soude.

C. La présence de ce produit a été signalée dans les parois des ramifications bronchiques, par Bence Jones.

D. Jusqu'ici, aucune altération spéciale n'a été constatée soit dans le cerveau, soit dans les méninges, soit dans les artères encéphaliques.

E. Nous allons maintenant passer à l'étude des lésions du rein ; et nous trouverons ici des faits intéressants à signaler à votre attention.

Les altérations des reins dans la goutte, qu'on décrit ordinairement sous le nom de nëi^hrite goutteuse, doivent être divisées en deux espèces.

En premier lieu, nous trouvons l'affection désignée par

Page 1