‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 55 sur 232 · C.OUTTE Al GUE · texte numérisé non relu

C.OUTTE Al GUE

nombre de cas ; l'accès éclate alors brusquement, et d'une manière complètement imprévue.

L'invasion des douleurs articulaires estsoudame et violente elle a presque toujours lieu pendant la nuit. Le malade ressent tout à coup une douleur caractéristique, comparée par les uns à une morsure, par les autres à un coup de bâton ; beaucoup d'individus s'imaginent qu'ils ont une foulure, et le diagnostic est parfois difficile au premier abord. Cette sensation a le plus souvent pour siège l'articulation métatarso-phalangienne du o-ro. orteil. Bientôt le point malade rougit et se tuméfie ; on voit se gonfler les veines du membre affecté, qui prend une coloration violacée et se couvre quelquefois d'ecchymoses, d'après Gairdner ; il se développe en môme temps une fluctuation tantôt apparente, tantôt réelle, et qui dans ce dermer cas est occasionnée par la présence d'un excès de liqmde dans la synoviale articulaire.

Les symptômes généraux qui coïncident avec ces manifestations locales sont la fièvre, des frissons erratiques ; un état nerveux, une extrême irritabilité ; enfin, une diminution notable de la quantité des urines, qui laissent déposer, par le refroidissement, des sédiments abondants.

Vers le matin, la douleur et la plupart des autres symptômes s'amendent, pour reparaître le soir, ou pendant la nuit ; cet état se prolonge cinq à six jours, lorsque la médecine intervient, huitàquinze jours, lorsqu'elle n'intervient pas. (Garrod.) 11 y a donc une sorte de chapelet de petits accès enchaînés les uns- aux autres, et séparés par des intervalles de rémission.

Dès les premiers jours, un œdème prononcé des parties enflammées, s'étendant bientôt au membre tout entier, et capable de conserver l'impression du doigt, s'est manifesté : le déclin est marqué par une desquamation superficielle. Enfin, tout rentre dans l'ordre, et le malade goûte un repos qui ne sera troublé qu'à la crise prochaine.

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Nous voyons, en somme, que les caracLères les plus saillants de la g-ouLLe aiguë sont les suivants :

1" L'invasion brusque, et le caractère spécial de la douleur Un Français cité par Watson (-1), comparant cette sensation qu'il avait souvent éprouvée, aux ellets d'une forte pression, disait qu'au premier tour de vis c'était le rhumatisme, mais qu'au second tour c'était la goutte.

2° L'œdème du membre vers le début de l'accès, la desquamation au déclin.

S° L'absence de suppuration.

4" Le siège spécial des accidents qui se localisent de préférence au gros orteil.

5" La réaction fébrile dont l'intensité est proportionnelle au nombre de jointures affectées, contrairement à ce que nous observons dans le rhumatisme articulaire aigu.

Enfin, il faut tenir compte de phénomènes consécutifs. Le fait le plus saillant est le soulagement éprouvé par le malade à la fin de l'attaque ; cette sensation de bien-être relatif correspond probablement à la destruction d'une certaine quantité d'acide urique.

A côté de cette modification de l'état général, nous devons signaler les modifications qui surviennent dans l'état local. Le plus souvent, à la suite d'un premier accès, il ne reste aucune gêne des mouvements articulaires ; mais ori observe quelquefois une rigidité prolongée de l'articulation, ou une persistance indéfinie du gonflement œdémateux. Ce sont là, d'après Garrod, les conséquences d'un traitementpeu judicieux; telle serait, par exemple, l'application de sangsues sur le point malade.

Dans quelques cas, heureusement fort exceptionnels, il se produit une ankylose dès le début (ïodd, Trousseau, Garrod); d'autres fois, il y a formation prématurée de tophus.

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