‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 68 sur 232 · Contour. — Thèse.i de Paris, 1844, p · texte numérisé non relu

Contour. — Thèse.i de Paris, 1844, p

ô. Leçons de plvjsioloqie expérimentale, etc., iSr^S. p. 430, — Binhetes nllerrtanlH.

H 8 ni.vBftTE

Nous avons ou l'occasion dp recueillir nous-mAme un fait qui confirme entièrement les observations de M. Claude Bernard. Chez un homme de cinquante-six ans, atteint de la goutte depuis de longues années, l'usage, ou plutôt l'abus d'un remède spécifique (liqueur de Laville) avait amoindri l'intensité des accès, qui avaient fini par disparaître presque complètement; mais, à la suite d'une légère attaque, qui fut promptement réprimée, on vit se manifester la soif, la polyurie l'appétit exagéré, l'amaigrissement, la perte des forces et les autres phénomènes qui caractérisent le diabète. Lorsque cet individu vint nous consulter pour la première fois, ses urines contenaient une quantité considérable de sucre. Un régime approprié, suivi pendant plus d'une année, procura une amélioration notable à ce malade ; mais le diabète ayant considérablement diminué, on voit reparaître de nouveau quelques légers accès de goutte.

M. Marchai (de Calvi) s'est également occupé des rapports entre ces diverses maladies, à propos de la gangrène diabétique, dès l'année 18S6. Il a publié plus tard un ouvrage où ce sujet est étudié avec un talent remarquable (1).

D'après cet observateur distingué, il existe un diabète nriqtie ou goutteux ; cette conclusion est conforme aux observations antérieures et à la réalité des faits. Mais on pourrait peut-être reprocher à M. Marchai (de Calvi) d'avoir un peu trop étendu le domaine de cette forme de diabète, et celui de la diathèse urique en général. Les réflexions qu'il présente k cet égard ne s'appliqufmt guère qu'aux classes favorisées de la société, du moins en France.

11 existe incontestablement un rapport entre le diabète d'un côté, la goutte et la gravelle urique de l'autre; mais la fré-

1 L'Union médicale. 1856, n» 29 - Recherches sur les accidents diabrligues, elc, loc. cil., p. 469, 409(1864).

OIABftTE ^ ^

nuence de celle relalion varie siiivanl le terrain sur lequel on s'est placé pour observer les faits. Ainsi Gries.nger, qui a étudié le diabète chez des sujets apparlenant à toutes les classes, n'a trouvé que trois goutteux sur deux cent vingtcinq diabétiques (1); au contraire, M. le docteur Seegen,qui profe.se la médecine aux eaux de Carlsbad, et dont les malades appartiennent par conséquent aux classes aisées, a rencontré trois cas de goutte sur trente et un cas de diabète. La proportion comme on le voit, varie del/10 à 1/75 (2).

Il ne faut pas, dureste, se borner h recueillir les faits dans lesquels la goutle se transforme en diabète cbez le même sujet; il faut aussi, comme on l'a fait avec tant de succès pour les atfections du système nerveux, étudier la transmission héréditaire des accidents, et leur répartition chez les divers membres d'une même famille.

Chez le même sujet on voit rarement coexister la goutte et le diabète confirmé; mais ces deux affections alternent et se

succèdent. La gravelle urique ou la goutte ouvre la scène puis, en général, la goutte s'éteint au moment où le diabète

apparaît. M. Rayer avait déjà remarqué que la goutte se

change en diabète; etGarrod dit, en propres termes :« quaoïd ^ le diabète appmaît la goutte cesse (3). » Il faut ajouter que

Vobésité précède souvent le développement du diabète.

Le pronostic peut être quelquefois aussi grave, en pareil - cas, que lorsqu'il s'agit du diabète ordinaire; on voit survenir

des accidents gangréneux, et la phthisie pulmonaire. Cepeiï-

dant, il faut le reconnaître, le diabète goutteux est le plus

1. (Incï^iiiffcr. — SUidien Uber . Diahetes. {Ardiiu. filr physiol. Heilkundfi, 1859, p. 16.)

2. P. Scegcn. — Beilnu/e zUr CasuisHck d^r MeUliirie. Virc/iow'a Archp, î Bd. 21. Bd. 30. 1864.)

.3. .\. B. Gnrrod, in Rei/nold'n Si/slem of Medicine, London, 1866, t./I, |).H25.— Voyez îuissi Gulsfonçdn LecLiiveson Diabètes, in British med.Jouvnal. 1H57,p. 319.

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souvent d'une bénignité relative, surtout si le malade suit un régime convenable. C'est alors que le diabète est latent (Prout). Je pourrais citer des faits dans lesquels la guérison a paru coïncider avec le retour de la gravelle ou de la goutte ; "c'estcequi faisait dire à Prout que, dans le diabète, l'apparition delà gravelle urique est un signe favorable (1); cependant ces deux affections peuvent coexister sans s'amender mutuellement.

Nous allons envisager les rapports entre la goutte et le di.ibète, considérés dans une famille composée de plusieurs individus. C'est ainsi qu'on voit un père goutteux, diabétique et phthisique, engendrer un fils goutteux (Billard, de Corbigny) (2) ou bien un père diabétique avoir un fils goutteux (observation personnelle). Nous avons eu l'occasion de voir nous-même un cas bien remarquable de- ce genre, qui nous a été communiqué par M. le docteur Réal, et dans lequel on vit la goutte, la scrofule, le diabète et l'obésité se manifester chez la plupart des membres de la même famille. Voici cette observation réduite sous forme de tableau :

TABLEAU l.

Pbre, brasseur, distillateur

Mère

1" fils. Brasseur. .

2' fils. Brasseur. .

3' fils

Lymphatique Scrofule

Kératite .

4* fils. Habitudes alcooliqueç

5' fils

Une fille

La fille de celle-ci

Lymphatique

Kératite .

Sciatique

Rhumatisme articulaire.

Goutte à 25 ans . •

Goutte à 30 ans. .

Goutte. .

Goutte. .

Goutte.

Colosse »

Obésité

Obésité à 35 ans

Obésité Obésité

Obésité à 35 ans

Obésité

Obésité

Diabète

Diabète à 50 ans

Diabète

Diabète »

Diabète

Mort phthisique à 18 ans

Vit encore (60 ans.)

Mort dans le délire.

Mort d'un accident.

Mort d'une cirrhose.

Mort phthisique à 48 ans Vit encore.

Vit encore .

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