‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 70 sur 232 · Qarrod. — On 'joui, p · texte numérisé non relu

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gravelle; preuve nouvelle de la corrélation qui existe outre ces diverses manifestations morbides.

Nous croyons cependant devoir rappeler ici, que la formation d'un sédiment composé d'urates amorphes ou d'acide urique à l'état cristallin, dans les urines, peu de temps après leur émission, ne saurait prouver que l'excrétion de cet acide est augmentée d'une manière absolue. Une diminution notable de la partie aqueuse de l'urine, une acidité prononcée de ce liquide, sont des conditions suffisantes pour provoquer la précipitation de ces édiments, sans qu'il y ait une élévation réelle du chiffre de l'acide urique. D'un autre côté, nous savons aujourd'hui, grâce aux travaux de Bartels (1), que des urines qui ont conservé nue limpidité parfaite, longtemps après l'émission, peuvent contenir une proportion considérable d'acide urique. Pour connaître à cet égard le véritable état des choses, il serait donc indispensable d'analyser la totalité des urines rendues pendant les vingt-quatre heures, et même de répéter cet examen pendant cinq ou six jours de suite, d'après le précepte de Parkes et de Ranke (2); car il est démontré que l'excrétion de l'acide urique subit les variations les plus prononcées, non seulement aux diverses époques de la journée, mais encore d'un jour à l'autre.

Il semble cependant assez naturel d'admettre que l'acide urique existe en excès dans le sang, lorsque les sédiments urinaires se forment non plus après, mais avant l'émission ; et à plus forte raison, lorsqu'il existe de la gravelle. Mais cet accident peut être provoqué par des causes entièrement indépendantes de la diathèse urique; une inflammation

1. Harnsaure aiisscheidung in Kmnkh. (Deutsch. Archiv. fiir Iclin. Medicin. Bd. I, Hcft. I, p. 13. Leipzig, 1865.)

2. Parkes. — On urine, London, 1800, p. 218. — Ranke. Ansscheirluni/ dcr Uamxaiire. Miinrlien. 1858.

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purement loraie de Tappareal uriiiaii-c sul'lU pour 1^^ délermi lier (^Brodie, Rayer) (J ). J'ai eu plus d'uiuî l'ois Toccasion de constater l'absence complète d'acide urique dans le sérum du sang, chez des sujets non goutteux qui rendaient habituellement pendant la miction des concrétions uriqui^s phis ou ]noins volumineuses.

Nous ne prétendons pas nier, toutefois, d'une manière absolue, la corrélation entre ces deux ordres de faits; loin de là, il est démontré que, chez certains sujets, la gravelle se rattache à l'existence d'un excès d'acide urique dans le sang. M. le docteur Bail m'a communiqué l'observation d'un homme âgé de soixante-quatre ans, qui rendait fréquemment à la suite de coliques néphrétiques violentes, de petits calculs uriques. Un vésicatoire ayant été appliqué sur la région épigastrique, on constata, dans la sérosité qu'il avait fournie, la présence d'une quantité notable d'acide urique. Le malade n'avait cependant jamais éprouvé aucun des symptômes de la goutte articulaire, et n'était pas albuminurique. Il faut, sans doute, rapprocher ce fait de ceux oîi l'on voit la gravelle précéder l'apparition de la goutte, pour alterner ensuite avec cette maladie.

On peut établir, en effet, trois catégories à cet égard. Tantôt la gravelle précède la goutte; c'est le cas le plus fréquent ; tantôt elle lui succède, ce qui est plus rare; tantôt enfin, ces deux états coïncident, ce qui est plus exceptionnel encore. Sur cinq cents goutteux, Scudamore n'a rencontré que cinq calculeux; et Brodie prétendait n'avoir jamais vu la gravelle chez un goutteux atteint de concrétions tophacées.

Les accidents occasionnés par la gravelle s'entremêlent avec ceux de la goutte. Il peut y avoir émission de sable

1. Leçons sur I (-s Maladies (Irs or;/an(-s in-inaires, Inul. de Palron, Pans, 1745, p. 2ÏA, 27S. — Maladies des reins, Pnris, 18(19. i. î, ]). 197.198.

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avec rurine et cilbiimirmrie passagère ; il peut exister de la gravelle rénale, que M. Rayer signale sous le nom tle néphrite goutteuse; mais nous savons qu'il existe une autre forme de néphrite goutteuse, qui est caractérisée par des dépôts d'urate de soude dans le parenchyme du rein [ijouty hidney des auteurs anglais). Enfin, chez les goutteux il peut exister de l'ischurie; il peut y avoir une pyélite goutteuse, des coliques néphrétiques et de l'irritabilité de la vessie. Tous ces accidents, qui peuvent coïncider avec la gravelle, n'en sont pas nécessairement la conséquence, et peuvent la simuler, ainsi qu'on l'a vu plus haut.

C. Goutte, scrofule et phthisie. — Existe-t-il une corrélation bien réelle entre la goutte, la scrofule et la phthisie ? Nous sommes peu disposés à l'affirmer d'une manière absolue ; mais il est vrai que la scrofule est fréquente chez les sujets atteints de rhumatisme noueux; il est donc permis de se demander si ce n'est pas à cette dernière afi"ection qu'il faut rapporter ce que l'on avait attribué à la goutte. Cependant Prout, qui avait soigneusement examiné ce point, admet que les enfants issus de parents goutteux sont exposés à la phthisie (1).

Cette dernière affection, peu commune dans le rhumatisme articulaire aigu (Wunderlich, Hamernjk) (2), est fréquente chez les sujets atteints de rhumatisme articulaire chronique. Chez les goutteux, au contraire, elle se présente rarement, bien que le diabète, dont nous avons signalé l'étroite parenté avec la goutte, soit, pour ainsi dire, une porte toujours ouverte à l'invasion de la phthisie. Cependant, chez un jeune homme qui portait des concrétions tophacées autour de plusieurs jointures, Garrod a vu se développer une phthisie à marche

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