Dic.liomunre de mi d'idsiuloç/ie, 1864, p. 9U
"^'o^irliovmnre de méd. de Nyslen. 1865, p. 678. - Pro,7m»»He du cours
THÉOlUE DE ItOBlIS |57
M. Robin a trouvé, dans le tissu fibreux normal, do l'acide urique (1) ; aussi l'état pathologique n'est-il, pour lui, qu'une simple exagération de ce qui existe à l'état de santé. 11 s'explique de cette manière pourquoi les articulations sont le siège principal des lésions de la goutte : leur richesse en tissu fibreux les expose en première ligne aux atteintes de cette maladie.
Sans méconnaître ce qu'il peut y avoir de plausible dans ces explications, nous ferons observer que la théorie d'après laquelle l'acide urique et l'urée seraient des produits immédiats de la désassimilation est' fort respectable assurément, mais qu'elle n'est, après tout, qu'une simple hypothèse. Elle se fonde surtout sur la présence de ces deux substances dans le sang normal : mais on ne les y trouve qu'en proportions bien minimes chez les mammifères, tandis qu'ils paraissent manquer complètement chez les oiseaux et les reptiles (2). On signale aussi, à l'appui de cette idée, la présence de l'urée et de l'acide urique dans les tissus. Mais, pour l'urée, lo fait n'est vrai qu'à l'état morbide : dans les conditions normales, on ne trouve que de la créatine et de la créatiniuc dans les muscles ; pour l'acide urique, la chose est mieux dé- ' montrée.
En tout cas, les recherches de quelques observateurs modernes semblent infirmer cette hypothèse. L'urée et l'acide urique, d'après Zalesky, se formeraient dans le rein même, et probablement aux dépens de la créatine. Liez les uretères d'un chien, vous aurez une accumulation d'urée dans le sang ; il n'en sera rien, si vous pratiquez l'extirpation des rems. Chez les reptiles, la ligature des uretères, provoque une accumulation non d'urée, mais d'acide urique ; mais l'abla-
1. Nous avons reçu verbalemonl celle comiiuinicalion de M. Robin
~. zalesky. Vntersudu liber den urmmch, procès»: Tubing'ue, 1865.
158 ACIIHO IIUIQUK DANS LE SANG
Lion des reins ne produit liuii de semblable. Zalcsky en conclut que l'urée (chez les animaux qui en sécrètent) et l'acide urique se forment dans le rein môme, et n'existent pas d'avance dans la masse du sang.
Nous ne trouvons donc, dans cette voie, aucune donnée vraiment importante, aucun fondement solide sur lequel nous puissions établir une doctrine rationnelle. Il faut donc recourir à un autre moyen d'investigation.
La recherche purement expérimentale des conditions qui font varier la proportion d'acide urique dans l'excrétion rénale nous fournit au moins quelques données intéressantes.
La proportion d'acide urique augmente à la suite d'uu repas (Bence Jones). Le jeûne diminue de moitié cette proportion : une nourriture végétale agit dans le même sens.
Quant aux effets d'une alimentation purement animale, tous les auteurs , depuis Lehmann, s'accordent sur ce point. Il se produit un accroissement de l'acide urique et de l'urée, mais surtout de cette dernière substance.
Jusqu'ici, les déductions théoriques paraissent assez bien s'accorder avec les données que nous fournit l'observation au point de vue de l'étiologie de la goutte. Mais nous allons bientôt rencontrer des contradictions en poursuivant cette étude.
11 est généralement admis, par exemple, que l'exercice est un des meilleurs moyens de prévenir la diathèse urique. Les expériences de Lehmann confirment cette manière de voir. Il a rigoureusement établi que l'activité musculaire a pour effet d'augmenter la quantité d'urée et de diminuer la proportion de l'acide urique. Ces résultats ont été confirmés pour
INFLUENCK IIICS ttOISSONS JJjg
l'urée, mais ou les a conLrediLs pour l'acide urique. Beneke, Genlh eL fleller (1) onl trouvé qu'un exercice prolongé pendauL Lrois heures avait pour effeL d'augmenLer la quantiLé de ce produiL. Rrnike (2) eL Speck admettenL qu'une acLivité insolite auraiL le môme résultat. En somme, pour peu que le travail soit violent ou de longue durée, il y a pluLÔtun accroissement qu'une dirainuLion de l'acide urique.
Pour ce qui touche à l'activité des fonctions respiratoires, on admet en général que plus elle s'accroît, phis la quantité d'acide urique diminue, tandis que la proportion d'urée augmente. Mais, il fauL bien le dire, cette manière de voir ne repose sur aucun fait bien positif (3).
Relativement à l'influence des boissons, nous ne pouvons encore rien conclure, malgré les intéressantes expériences de Bocker (4). D'après cet observateur, l'alcool et les liqueurs spmtueuses diminuent la production d'urée et d'acide uriqueles vms au contraire, comme l'ont prouvé des expériences deja anciennes de Liebig-, tendent à l'accroître; la bière quand elle n'agit pas comme diurétique, diminue la quantité d urée et augmente celle de l'acide urique, mais très légèrement; enfin le thé et le café diminuent la proportion de cette substance. Si l'on admet dans ces expériences que la quantiLé d acide urique rendue par les urines correspond à celle qui esL formée dans l'économie, ce qui esL probable, puisque les sujets qm ont servi à établir ces résultats étaienL en pleine liante, il sera démontré que l'alcool et les boissons spiritueuses agissent ici tout autrement que la bière et le vin ce qui est d'accord avec les données de l'observation clinique'