Edimbiirgh médical Journal
l'nrnK iiistoi.ogioue 17;^
forme do fibrilles, puis ces fibrilles elles-mènies disparaissent et le cartilage est détruit.
Voyons maintenant quels sont les changements qui se passent, c\ la même époque, dans le tissu osseux. Nous constatons d'abord l'éburnation de la surface articulaire, soit aux dépens de la partie profonde du cartilage, soit aux dépens de l'os préexistant; en même temps, il se produit des végétations osseuses, situées en général à la limite du cartilage. Ces ostéophytes ont d'abord une structure cartilagineuse; ils s'imprègnent ensuite de sels calcaires, et finissent par s'ossifier.
Une troisième altération, dont l'importance est au moins égale à celle des lésions précédentes, est la réfraction du tissu osseux aux extrémités articulaires. En premier lieu, il se développe une vascularisation évidente au-dessus de la couche éburnée, et une moelle osseuse, de formation nouvelle, prend naissance en cet endroit; en second lieu, l'os se raréfie et se transforme en une sorte de moelle graisseuse au-dessous de ce point.
Telles sont les données fondamentales qu'il importe de constater ici. Il existe sans doute bien d'autres altérations ; mais comme elles ne sont point communes à toutes les formes du rhumatisme articulaire, nous les étudirons en temps et lieu.
Nous allons reprendre actuellement chacun des faits que nous venons de signaler,pour l'étudier d'une manière plus approfondie à l'aide des moyens d'investigation que nous possédons aujourd'hui.
B. — Etude histologique.
1" AltércUiom de la synoviale. — Elles ne consistent, jusqu'à un certain point, qu'en une simple exagération des dispositions qui existent à l'état rudimentaire dans les conditions normales.
l'-^- AI,T1C11ATI0.NS Di; CAIITILAGE
On sait que lu raembruiic synoviale esL garnie de franges qui présentent elles-mêmes des appendices (1). On voit, à TétaL paOïologique, ces petits prolongements augmenter de nombre et présenter une vascularisation plus intense.
Il existe, à l'état normal, des cellules de cartilage dans ces appendices synoviaux (Kôlliker). Ces noyaux cartilagineux peuvent devenir le point de départ des corps étrangers pédiculés dont nous avons déjà parlé. D'après M. Ranvier, il y aurait d'abord prolifération des cellules, puis formation d'un vrai cartilage ; la calcification viendrait ensuite, et en dernier lieu, l'ossification proprement dite avec corpuscules osseux.
Dans l'épaisseur delà synoviale, il peut se former des corps étrangers sessiles qui passent absolument par les mômes phases que ceux qui sont pédicules.
2° Altérations du cartilage. — Pour ce qui louche aux altérations du cartilage diarthrodial, nous nous trouvons en présence de deux faits principaux: le premier est \d. prolifération des cellules et la formation de capsules secondaires ; le second est la segmentation de la substance fondamentale. Elle se divise en fibrilles qui deviennent libres par l'extrémité qui répond à la cavité articulaire. Ce processus pathologique doit être étudié à la surface du cartilage et dans sa profondeur.
A la surface, la segmentation a pour effet de livrer passage aux capsules, qui s'ouvrent dans la cavité articulaire pour y verser leur contenu. On les y retrouve souvent avec les débris des cellules épithéliales (Rindfleisch, 0. Weber); d'autres fois, elles éprouvent la métamorphose colloïde.
Quant aux fibrilles de la substance fondamentale du cartilage, elles subissent la dégénération muqueuse, et se trans-
1. Kôlliker. — Éléments d'histologie humaine, trad. Béclard et Sée. Paris 1856, p. 253.
ALTÉHATIONS DU CAItTII.ACI'; 1715
forment en mucosine (Kindfleiscli) qui se trouve abondamment dans le liquide articulaire.
D autres ibis, ces portions altérées de cartilage sont usées peu à péu par les frottements articulaires ; elles finissent par tomber, et laissent à nu les surfaces osseuses.
Dans les parties profondes, la prolifération des cellules
Fig. 12. - Rhumatisme noueux. Surface du cartilage d'une articulation phalangienne (d'après M. Ranvier).
a, Capsule primitive remplie de capsules secondaires
\iaer a la surface libre du cartilage.
aboutit à la formation d'une couche osseuse nouvelle Les capsules mères s'infiltrent de sels calcaires et s'ouvrent dans les espaces médullaires superficiels : les cellules qu'elles con- . tiennent deviennent des cellules embryonnaires de la moelle et c est à leurs dépens que se forme le nouveau tissu osseux' C est amsi que se produit l'éburnation de la surface C'est une sorte de sclérose de l'os accompagnée d'une vascularisation des parties profondes. Il se produit ici un phénomène smgialier et qui rappelle, à certains égards, les faits observés par les géologues relativement à l'action des glaciers sur les
lînURNATION DK l'aIH
roches. Les surfaces éburnéesprésenteiil desslries,des rayures plus ou moins profondes dans le sens des mouvements articulaires, et témoignent ainsi d"une réparation imparfaite en présence de l'usure occasionnée par les frottements.
Le cartilage diarthrodial, comme on sait, est recouvert à
et-
Fifj. 13. — Rhumatisme noueux. Couche j^i'ofonde du carlilcir/e d'une phalange (d'après M. Ranvier).
a. Capsule normale
6. Capsules voisines do l'os ; elles. sont agrandies et remplies de capsules secondaires.
c. Capsules primitives venant s'ouvrir dans les espaces médullaires pour y dé-
verser leur contenu.
d. Substance osseuse.
e. Moelle qui remplit les aréoles de la surface. Sur ce point elle est embryon-
naire, puisque les capsules y ont versé leur contenu ; un peu plus loin elle est adipeuse .
sa périphérie par la membrane synoviale. D'après M. Ranvier, cette disposition s'oppose, dans les cas oîi l'articulation est envahie par le rhumatisme, à ce que les capsules viennent