LÉSIONS DES CARTILAGES
viale était seule affectée (synovite); mais il est aujourd'hui démontré que les cartilages et même les os peuvent participer à ces altérations.
Les lésions de la synoviale ne méritent pas de nous arrêter longtemps. Il s'agit : 1° d'une vascularisation plus ou moins prononcée des franges synoviales qui existent à l'état normal ; 2° d'une dilatation variqueuse de leurs vaisseaux (Lebert).
Fig. 12. — Rhumatisme articulaire aigu. Surface du cartilage des condyles du fémur (d'après M. Ranvier).
La substance fondamentale est segmentée transversalement. Les capsules superficielles contiennent plusieurs capsules secondaires. Une seule est restée normale, et renferme une petite masse cellulaire.
Fig. 13. — Rhumatisme articulaire aigu. Surface du cartilage de revêtement de la rotule (d'après M. Ranvier).
Les capsules primitives de la surface contiennent plusieurs capsules secondaires. La substance fondamentale est segmentée transversalement. Un lambeau oblique, enlevé à la surface, est devenu flottant.
Les altérations des cartilages ont une bien plus grande importance : nous en devons la connaissance à l'intéressant travail de MM. Ollivier et Ranvier.
On avait déjà remarqué (Garrod) que les cartilages diarthro-
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diaux oflï'cuL quelquefois une cerlainc capacité, et ont perdu le poli, la coloration bleue et la consistance qui les caractérisent à l'état sain. MM. OUivier et Ranvier ont montré en outre qu'il y a souvent des altérations appréciables à l'œil nu ; ce sont des tuméfactions partielles du cartilage qui lui donnent un aspect mamelonné, quelquefois même de véritables érosions. Mais, même dans les cas où il n'y a aucune altération appréciable à l'œil nu, le microscope y dévoile des lésions très manifestes et probablement constantes.
A un premier degré, les chondroplastes les plus superficiels sont devenus globuleux; la cellule qu'ils contiennent s'est divisée, et a donné naissance à une ou deux cellules secondaires.
Les choses peuvent en rester là, et on comprend aisément qu'en pareil cas, les éléments liistologiques peuvent revenir; à l'état normal ; mais à un degré plus élevé, il y a une segmentation de la substance fondamentale dans le sens horizontal; c'est une sorte d'état velvétique caractérisé par des sillons qui pénètrent plus ou moins profondément dans le tissu. Dans l'intérieur de ces sillons de formation nouvelle, les capsules viennent s'ouvrir pour y verser les cellules qu'elles contiennent ; on voit alors celles-ci se mêler au liquide synovial pour y subir la transformation muqueuse. Il y a là, comme vous le voyez, de grandes analogies avec ce qui se passe dans les cas d'arthrite déformante.
Mais les altérations que présentent les surfaces osseuses rendent l'analogie plus frappante encore; elles paraissent, dans certains cas, participer au travail phlegmasique. D'après Gurlt (1), la moelle des extrémités osseuses subit une vascularisation prononcée avec prolifération de ses cellules. Hasse (2)