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DÉVELOPPEMENT DES FAISCEAUX LATÉRAUX

pondant à la partie la plus postérieure du faisceau antérolatéral. Dans cet espace, la substance blanche se distingue par une teinte grisâtre, appréciable à l'œil nu. L'examen microscopique fait reconnaître que là les tubes nerveux à myéline sont rares, et que, au contraire, la gangue conjonctive prédomine ; aussi ces parties se colorent-elles fortement par le carmin tandis qu'elles sont à peine teintées par l'acide osmique. Enfin, ces mêmes parties renferment, à l'état normal, une certaine proportion de cellules chargées de granulations graisseuses qui représentent dans la moelle ce que M. Parrot désigne sous le nom de stéatose physiologique.

J'ajouterai que, ainsi que le montre une planche du traité de Kôlliker, un sillon plus ou moins prononcé dénote souvent chez le jeune enfant, a l'extérieur de la moelle, une séparation entre les faisceaux latéraux proprement dits et les faisceaux antérieurs. Mais, chez l'adulte, toute distinction s'efface ; toutefois, il est juste de reconnaître que, même chez lui, les régions qui correspondent aux faisceaux latéraux sont marquées encore par le diamètre relativement petit des tubes nerveux et une certaine prédominance de la névroglie.

C'en est assez, je l'espère, Messieurs, pour faire ressortir l'indépendance que possèdent, sans conteste, dans les premiers temps de la vie au moins, les faisceaux latéraux de la moelle épinière; je dois compléter pourtant cet aperçu, en vous faisant remarquer que ce système se trouve représenté dans le bulbe, au-dessus de l'entre-croisement, parles pyramides antérieures et aussi dans la protubérance et dans l'étage inférieur des pédoncules cérébraux. Or, ces régions de l'isthme de l'encéphale et du bulbe qui sont en relation avec les faisceaux latéraux se distinguent, comme ceux-ci, chez le foetus, par un développement tardif et incomplètement accompli au moment de la naissance.

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L'individualité, l'autonomie des faisceaux latéraux, déjà rendue manifeste par les considérations qui précèdent s'accuse encore nettement lorsqu'on envisage les faits appartenant au domaine pathologique. Vous n'ignorez pas, car c'est là un sujet qui nous a occupé l'an passé, qu'à la suite de la lésion unilatérale de certains départements de l'encéphale, toute une moitié du système des faisceaux latéraux subit isolément, à la fois dans le pédoncule, la protubérance, le bulbe et toute la hauteur de la moelle épinière, une lésion consécutive, qui se traduit bientôt, histologiquement, par les caractères propres à la sclérose des centres nerveux. Dans l'isthme et dans le bulbe, la sclérose fasciculée peut être suivie jusqu'à l'entrecroisement, du même côté que la lésion cérébrale. Au-dessous de l'entre-croisement, au contraire, elle occupe dans la moelle le côté opposé. Cette lésion du système des faisceaux latéraux est, en pareil cas, absolument isolée -, elle ne s'accompagne en particulier, du moins dans la règle, d'aucune altération de la substance grise antérieure ou des racines spinales motrices et je rappellerai, à ce propos, que l'hémiplégie avec contracture qui coexiste avec cette lésion est remarquable par l'intégrité de la nutrition dans les muscles paralysés, tant que l'inertie fonctionnelle ne s'est pas trop longtemps prolongée.

Dans le cas où la lésion cérébrale primitive occuperait simultanément les points correspondants des deux hémisphères, le système des faisceaux latéraux serait naturellement lésé des deux côtés, à droite et à gauche, dans toute son étendue, aussi bien dans l'isthme que dans le bulbe et dans la moelle épinière. Dans . cette hypothèse qui, plus d'une fois, a trouvé

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sa réalisation, il s'agirait par conséquent d'une sclérose latérale symétrique, consécutive à une lésion cérébrale.

Mais la sclérose symétrique totale des faisceaux latéraux peut survenir protopathiquement, primitivement, c'est-àdire sans aucune dépendance d'une lésion encéphalique quelconque. C'est là un fait que L. Tûrck, en 1856, et moimême, dix ans plus tard, nous avons rendu évident et qu'il convient actuellement de mettre en relief.

Ici, deux cas peuvent s'offrir : 1° La sclérose symétrique primitive existe seule, sans complication d'une lésion de la substance grise antérieure ; le trait le plus saillant dans le syndrome relatif à la lésion, ainsi localisée, est une parésie des membres, des inférieurs surtout, marquée par une contracture, plus ou moins intense, des muscles, lesquels conservent pendant longtemps tous les caractères indiquant une nutrition normale. Cette lésion de la moelle épinière, entre autres circonstances, s'observe assez fréquemment dans le cours de la paralysie générale progressive : C'est là une coïncidence qui a été signalée plus particulièrement par M. Westphal. 2° Mais il arrive assez souvent qu'une altération de la substance grise s'associe à la sclérose symétrique des faisceaux latéraux. Or, la combinaison de ces deux ordres d'altérations constitue justement le substratum anatomique de la forme pathologique sur laquelle je veux appeler votre attention. Les symptômes d'amyotrophie progressive se trouvent alors associés là à ceux qui relèvent de la sclérose latérale.

Nous devons maintenant étudier de plus près, au point de vue anatomique, les altérations dont il s'agit. Dans la description qui va suivre, nous aurons à nous occuper successivement : 1° des lésions que présente le système des faisceaux

Charcot. Œuvres complètes, t. II.

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latéraux dans les diverses régions de la moelle, dans le bulbe et dans l'isthme de l'encéphale-, — 2° des lésions concomitantes de la substance grise dans les mêmes départements des centres nerveux ; — 3° des lésions consécutives des racines antérieures et des nerfs spinaux; — 4° enfin des lésions trophiques des muscles.

Sur ce premier point, je serai bref, parce que je suppose connues les scléroses consécutives de cause cérébrale, dont les caractères anatomiques se confondent, à peu de chose près, avec ceux des scléroses primitives. Je me bornerai seulement à relever les points suivants.

A. Considérons, en premier lieu, ce qui se passe dans la moelle. — a) Sur des coupes transversales, à la région du

Fîg. 17. — Couye transver- Fig. 18. — Coupe Fig. 19. — Coupe sale delà moelle épinière pas- transversale passant transversale passant sont par la purtie moyenne par le milieu de la ^jar le milieu du rendu renflement cervical. région dorsale. flement lombaire.

renflement cervical, l'altération symétrique comprend une plus grande étendue en largeur que partout ailleurs. Ainsi, la région envahie par la sclérose s'étend en avant jusqu'au niveau, et même au delà, de l'angle externe de la corne antérieure. En arrière, elle confine presque à la substance grise postérieure. En dehors, toutefois, elle est séparée constamment de la couche corticale de la moelle par un tractus de substance blanche restée intacte. {Fig. 17, A, A. — Voir aussi Pl. IV, Fig. 1, 2, 3; Pl. V, Fig. 1 et 2.)

Toutes les autres parties des faisceaux blancs sont respectées, à l'exception des petits faisceaux de Tûrck qui, dans

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