SYMPTÔMES : PÉRIODE D0UL0UKEUJ5E
B. Les développements qui précèdent montrent que la lésion n'est nullement systématique, et fait pressentir des variations dans les phénomènes cliniques. Cependant, je le répète, l'ensemble symptomatique est, en général, assez facile à caractériser.
a) Il n'est pas douteux que les méninges ne soient lésées, tout d'abord, et peu après les racines nerveuses. Les phénomènes en rapport avec cette double lésion composent une première 'période ou période douloureuse, qui dure deux ou trois mois, et dont l'importance ne saurait être trop mise en relief.
Il s'agit, en premier lieu, de douleurs extrêmement vives qui occupent la partie postérieure du cou, s'étendent jusque sur le sommet de la tête et se répandent aussi dans les membres supérieurs. Ces douleurs sont accompagnées d'une sorte de rigidité, surtout marquée au cou qui est immobilisé, de manière à rappeler ce qu'on voit dans le mal de Pott sousoccipital^ Elles sont à peu près permanentes, mais s'exaspèrent de temps à aufcre^ sous forme d'attaque.
Elles retentissent souvent dans les jointures qui, d'habitude, ne sont néanmoins le siège d'aucun gonflement. On note encore, concurremment avec ces douleurs qui, par moments, peuvent se montrer très vives, atroces même, des fourmillements et des engourdissements dans les membres supérieurs, en même temps qu'il s'y produit un certain degré de parésie. Enfin, on voit quelquefois survenir du côté de la peau des éruptions huileuses et pjemphigoïdes .
en évidence dans nne observation présentée récemment à la Société anatomique par M. Rendu. Dans ce cas, qui est un exemple de pacliyméningite liypertrophique dorso-lombaire, les racines postérieures, en raison de la limitation des lésions méningées aux-parties antérieures de la dure-mère, étaient épargnées et, en conséquence, les symptômes douloureux ont fait détaut (Ch/- Ictin de la Société anatomique, 1874, p. 598). l. Thèse de Micliaud; Paris, 1871.
SYMPTÔMES : PARALYSIE ET ATR0PHIE3 275
b) Les symptômes qui précèdent paraissent, vous l'avez compris, relever surtout de l'irritation des nerfs périphériques.
De nouveaux phénomènes, qui constituent la seconde période de la maladie, ne tardent pas à se montrer ; ils semblent dépendre surtout de l'extension de la lésion méning-ée à la moelle épinière et aussi d'une altération profonde subie par les nerfs périphériques.
Les membres cessent d'être douloureux, mais, en revanche, ils se paralysent et les muscles atrophient. Cette atrophie porte à peu près également sur toute l'étendue du membre, mode qui rappelle celui que nous avons décrit lorsque nous vous avons entretenus de l'amyotrophie par sclérose latérale. Cependant, pour ne parler que de ce qui concerne l'avant-bras et la main, il est digne de remarque que, dans la pachyméning-ite, les muscles compris dans la sphère d'innerrationdunerf cubital et du nerf médian sont surtout atrophiés, tandis que ceux qui dépendent du nerf radial sont relativeoaent respectés. Il résulte de cette prédominance de l'altéraiion dans quelques groupes de muscles, une sorte de griffe où .'extension de la main prédomine. Cette griffe n'est pas l'apalage exclusif de la pachyméningite cervicale dans laquelle, lu reste, elle ne se rencontre pas d'une manière constante ; nais, comme elle ne s'observe pas dans les autres formes l'atrophie musculaire spinale, elle n'en fournit pas moins un îlément intéressant pour le diagnostic et vous savez qu'à ce ?oint de vue rien n'est à négliger {Fig. 26).
Quelle est la raison de cette indemnité relative des dépeniancesdu nerf radial? Je ne sais. S'il était établi que les filets l'origine des nerfs cubital et médian émergent de la moelle plus bas que ceux du nerf radial, on comprendrait ainsi que îes dernières puissent, dans la pachyméningite cervicale, rester en dehors du foyer morbide.
276 GRirPB, ANESTHÉSIB, CONTKACTURKS
A ces symptômes viennent Rejoindre des contractures qui s'emparent des membres paralysés et atrophiés et souvent il se produit sur ces membres des plaques d'anesthésies qui peuvent s'étendre jusqu'à la partie supérieure du tronc.
Ce n'est pas tout encore ; les membres inférieurs se paralysent à leur tour et plus tard se contracturent tout comme dans la sclérose latérale primitive ; toutefois, en opposition à ce qui se produit dans cette dernière affection, la contracture
Fia. 2(5. — Attitude de la main dans la pachijnéningîte cervicale.
des membres inférieurs, dans la pachy méningite, ne paraît compliquer d au-cune atrophie musculaire.
Il ne me semble pas difficile de fournir la raison anatomiqud et physiologique de cette paralysie et de comprendre,^ à ce double point de vue, l'absence d'atrophie musculaire et l'exis; tence, pour ainsi dire obligatoire, de la contracture, dans kM membres paralysés. La paralysie motrice est ici déterminé par la formation du foyer de myélite transverse qui se prodm consécutivement à la méningite. La rigidité spasmodique dé-