CONTRACTURES DES MEMDUES INFÉRIEURS
muscles relève de la sclérose descendante qui, consécutivement à la myélite transverse, s'empare tôt ou tard des faisceaux blancs latéraux, et, comme dans les cas de sclérose descendante consécutive, les cornes grises antérieures restant, dans la règle, absolument indemnes, on comprend par là pourquoi la nutrition des muscles n'est pas directement intéressée.
Cette absence constante d'amyotrophie est un trait qui distinguera déjà la paraplégie qui accompagne la sclérose latérale amyotrophique, de celle qui se lie à la pachyméningite cervicale. J'ajouterai que, dans celle-ci, il peut se produire de l'anesthésie, des escarres à développement rapide, des troubles de la vessie et du rectum enfin, phénomènes qui font défaut dans la sclérose latérale amyotrophique.
Bien d'autres caractères distinctifs, en connexion avec des différences anatomo-pathologiques, permettraient] encore, malgré les points de ressemblance qui les rapprochent, de séparer cliniquement, l'une de l'autre, les deux affections dont il s'agit. C'est ainsi que l'ensemble des symptômes qui constituent ce que j'appelle la. période clouloureus&, les anesthésies partielles disséminées, les éruptions huileuses, appartiennent en propre à la pachyméningite; tandis que, par contre, la participation du bulbe, fort rare dans cette dernière, paraît au contraire — nous l'avons dit — être un des éléments nécessaires de la sclérose latérale amyotrophique.
C'en est assez sur la pachyméningite hj^pertrophique -, actuellement, je me propose de vous dire un mot concernant les amyotrophies qui surviennent quelquefois dans le cours de Vataxie locomotrice et de la sclérose en plaques.
278 ATAXIK LOCOMOTUICE ET AMYOTUOl'UlE
A. On sait que l'amyotrophie progressive, plus ou moins généralisée, n'est pas un accompagnement rare de la myélite scléreuse postérieure. Pour s'en convaincre, il suffirait de se reporter aux observations nombreuses où cette coïncidence se trouve signalée et en particulier à celles publiées par MM. Uuménil-, Virchow^, Marrotte*, Friedreich*, Leyden^ Foucart'', Laborde", Pierrot*, et quelques autres. Il résulte de ces observations que, cliniquement, cette atrophie musculaire des ataxiques se distingue par quelques caractères spéciaux. Ainsi; elle ne présente pas le mode régulier d'envahissement, non plus que la marche pour ainsi dire fatalement progressive propre à l'amyotrophie progressive. Parfois disséminées sur les parties du corps les plus diverses, les lésions musculaires restent d'autres fois limitées à des régions très circonscrites ; au pied, par exemple (Friedreich), à la jambe (Leyden), au dos (Leyden, Friedreich), à la nuque (Leyden), où elles peuvent n'occuper qu'un seul muscle ou même une partie d'un muscle. Si les éminences thénar et hypothénar sont quelquefois affectées (Foucart), elles restent, dans un grand nombre de cas, parfaitement normales. Souvent les muscles des membres inférieurs, frappés d'incoordination motrice, sont seuls envahis (Laborde, Duménil). Dans le cas recueilli dans mon service et publié par M. Pierret, l'atrophie portait à la fois sur toute l'étendue du membre supérieur et du membre inférieur d'un même côté {Fig. 27).
Ce mode de répartition des lésions musculaires est déjà