TKÉPIUATION SPONTANÉE OU PROVOQUÉE
Privés désormais l'un et l'autre de l'usage de leurs membres inférieurs, incapables de se tenir debout et de marcher, l'utaxique comme le sujet atteint de tabès spasmodique passent le jour sur un canapé, dans un fauteuil, ou demeurent confinés au lit. Mais il est facile de reconnaître que la cause de l'impotence est radicalement différente dans les deux cas. Chez l'ataxique, réduit à cet état, c'est encore le pouvoir de coordonner les mouvements qui est surtout en défaut. Ceux-ci sont énergiques encore, pendant longtemps, violents même; mais ils ne peuvent plus être adaptés à l'exécution des actes physiologiques. Dans le tabès spasmodique, au contraire, l'impuissance motrice dépend évidemment de la contracture qui, poussée à l'extrême et devenue absolument permanente, maintient invinciblement les membres dans l'extension forcée et dans l'adduction, rendant ainsi impossible tout mouvement volontaire. D'un autre côté, la trépidation spontanée ou provoquée qui, à moins de complications d'ailleurs très, rares, ne s'observe à aucune époque dans l'ataxie, continue à se produire ici à un haut degrés Elle s'exalte même parfois au point de
1. Il me serait difficile de dire à quelle époque le phénomène de la trépidation, dont il est fréquemment question dans le cours de cette leçon, a été, pour la première fois, remarqué et décrit.
Dans l'observation d'une femme atteinte de sclérose en plaques que nous avons recueillie en 1862, M. le professeur Vulpian et moi, à la Salpêtrière, nous l'avous mentionne dans les termes suivants : « Lorsque l'un des pieds de cette femme est fléchi et tenu dans la flexion par une main étrangère, il s'y produit aussitôt uu tremblement difficile à réprimer, impossible même à arrêter par moments, lorsque l'épreuve est faite sur le pied droit. »^ Ainsi se trouvent nettement indiqués, pour la première fois, je crois, et la trépidation épileptoïde du membre inférieur et le meilleur moyen de la provoquer.
En 1866, dans une note lue à la Société médicale des hôpitaux, M. Vulpian a publié l'histoire complète du cas dont il s'agit, en y joignant^ deux autres observations que je lui avais communiquées, et où le phénomène se trouve également mentionné ( ?7mon«iécZic»Ze, juin 1867).
Dans sa thèse faite sous ma direction, avec le concours de M. Bourneville, M. leD' P. Dubois a signalé de nouveau la trépidation épileptoïde, comme se montrant à une certaine période de la sclérose en plaques disséminées, des paraplégies par compression, de la sclérose des cordons antéro-laiéraux, de l.-i myélite chronique, etc. « Diverses manœuvres, dit l'auteur, contribuent à lui donner naissance ; telles sont : L'application du froid sur la peau, ou la com-