MODIFICATIONS DE LA SENSIBILITÉ
déterminer dans les membres inférieurs de véritables crises convulsives, revenant par accès et dont la dénomination d'épilepsie spinale donne une assez bonne idée.
En outre de ces désordres, il existe encore, dans la période que nous considérons, bien d'autres phénomènes propres à différencier les deux maladies. Ainsi, dans l'ataxie, les divers troubles de la sensibilité, déjà si accentués lors des premières
pression des muscles paralysés, la flexion (flexion dorsale énergique du pied). {Etude sur quelques xjoints de l'ataxie locomotrice progressive. Paris, 1868.)
J'ajouterai que, dans notre enseignement, M. Vulpian et moi, nous avons maintes fois attiré l'attention des élèves sur ce phénomène singulier (Charcot, Leçons sur les maladies du système nerveux, 1'° édition, t. I, p. 218, 1872- 18(3).
M. le professeur Brown-Séquard, à sou tour, a fait connaître en 1868, dans les Archives de physiologie, une particularité intéressante relative à la trépidation. On savait déjà que le meilleur moyen de la développer consiste à relever brusquement les orteils ou la pointe du pied tout entière. Il a établi que la manœuvre inverse, c'est-à-dire la flexion plantaire, brusquement eftectuée, des orteils, a pour effet d'en déterminer l'arrêt.
11 y a deux ans, M. Erb et M. Westphal ont étudié à nouveau et avec grand soin la trépidation épileptoïde sous le nom àQ phénomène du pied {Fussphœnomen. — W. Erb. Ueber Sehnenreflexe bei Gesunden und bei RiickenviarkskranIcen.InArch. fiir Psychiatrie,lSli, i^. 792. — C. Westphal. Ueber eimge Beioegungs-Erscheinungen an gelaehmten Qliedern. Idem, p. 803). Considérant que la percussion ou l'excitation du tendon rotulien ou du tendon d'AchiUe sont des moyens efficaces pour développer cette espèce de tremblement, ces auteurs ont cherché à établir qu'il a son origine dans une excitation des tendons. D'après M. Erb, il s'agirait là d'un acte réflexe dont le point de départ serait une irritation des nerfs de certains tendons ; l'interprétation de M. Westphal est diflërente : suivant lui, le tendon percuté ou tiraillé exercerait une action sur toutes les parties du muscle correspondant, qui sous cette influence entreraient en contraction. M. Joffroy (Gazette médicale, 1875, et Société de Biologie), dans la critique qu'il a faite de ces travaux, a, défendu l'opinion jusqu'alors courante et d'après laqueDe la trépidation épileptoïde serait provoquée généralement par une excitation périphérique cutanée. Il a combattu dans ce qu'elle paraît avoir de trop absolu l'opinion de M. Erb. Il reconnaît avec ce pathologiste distingué que l'excitation des tendons est une des causes principales qui produisent la trépidation et il ne se refuse pas à voir là un exemple de réflexe tendineux; mais il cite d un autre côté des faits où incontestablement la cause provocatrice unique du phénomène a été une légère irritation de la peau (réflexe cutané). Pour ce qui est de la théorie de M. Westphal, elle semble infirmée par des expériences récentes de MM. Schultze et Farbinge [Centralblatt, 1876). Je ferai remarquer que le phénomène de la trépidation épileptoïde n'est pas spécial aux membres inférieurs. On peut le provoquer, ainsi que je l'ai fait observer depuis longtemps, chee certains hémiplégiques, dans le membre supérieur contracturé, en redressant les phalanges des doigts de la main. (J.-M. C )