SCLÉROSE EN PLAQUES DE FORME SPINALE
près, à la seule contracture des membres inférieurs, avec ou sans rigidité concomitante des membres supérieurs {forme spinale de la sclérose en plaques) K Même, en pareil cas, la coexistence actuelle ou passée de l'un des symptômes dits céphaliques, tels que le nystagmus^ la diplopie, l'embarras particulier de la parole, les vertiges, les attaques apoplectiformes, les troubles spéciaux de l'intelligence, cette coexistence, dis-je, fournirait un document d'une portée en quelque sorte décisive. Mais, en dehors de cette combinaison, je ne vois plus sur quelles bases solides le diagnostic pourrait être établi : il ne resterait plus guère que la ressource des présomptions. Peut-être une observation plus attentive et plus minutieuse permettra-t-elle de relever quelque jour, soit dans la symptomatologie elle-même, soit dans les circonstances étiologiques encore si peu étudiées, quelques traits nouveaux qui, jusqu'ici, auraient échappé, et qui permettraient désormais, en toute occasion, de tracer entre les deux maladies une démarcation tranchée. L'avenir apprendra si nos espérances à cet égard ne sont pas illusoires^.
1. Plusieurs cas de ce genre se trouvent réunis dans le mémoire présenté par M. Vulpian, à la Société des hôpitaux [Union médicale, 1865). M. Charcot en a recueilli quelques autres depuis lors. — Voyez à ce propos ses Leçons sur les maladies du si/sthme nerveux, 2° édit., t. I, p. 264.
2. L'une des malades présentées dans cette leçon, comme oflfrant un exemple de tabès dorsal spasmodique, a succombé. — L'autopsie n'a pas confirmé le diagnostic qui, d'ailleurs, avait été posé avec quelques réserves. Elle a fait reconnaître l'existence de plaques scléreuses disséminées, limitées à l'étage inférieur des pédoncules cérébraux, aux pyramides antérieures dans le bulbe rachidien, et occupant, dans la moelle épinière, sur certains points, les faisceaux postérieurs (région cervicale), sur d'autres les faisceaux latéraux (région dorsale inférieure). Les hémisphères cérébraux étaient dans toutes leurs parties absolument exempts d'altérations. Les détails de cette observation (la 4* dans la thèse de M. Bétous) seront publiés in extenso dans une autre occasion. Nous pourrons relever alors, dans l'histoire de la malade, l'existence de douleurs cervicales et dorso-lombaires, de vertiges, une aggravation do la parésie des membres dans l'obscurité, et diverses autres circonstances encore, qui eussent dû, si l'on y eût prêté plus d'attention mettre sur la voie du diagnostic. Pour le moment nous nous bornons à faire ressortir les difficultés que peut rencontrer le clinicien lorsqu'il se trouve en présence, de certaines formes frustes de la sclérose en plaques. ' '
Oharcot. Œuvres complètes, t. II.