‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource]Chapitre 155 sur 213 · TRAITEMENT DU VERTIGE DE MÉNIÈRE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DU VERTIGE DE MÉNIÈRE

n'était arrivé. La connexité entre le développement brusque des bruits de sifflet et l'invasion des accès vertigineux fut, après cela, facilement établie.

Je crus pouvoir annoncer qu'il ne s'agissait pas ici d'épilepsie, non plus que d'hystéro-épilepsie, mais bien du vertige de Ménière. Je fis espérer qu'à l'aide d'un traitement approprié, les accès pouvaient être atténués, peut-être supprimés. Le sulfate de quinine fut prescrit à la dose de 60 centigrammes, et l'usage de cette dose prolongé pendant deux mois. Peu de temps après le commencement du traitement, les sifflements, et du même coup, les accès vertigineux ont cessé de se produire. Ils n'ont pas reparu depuis *.

1. Je pourrais citer aujourd'hui un bon nombre d'autres exemples où les accidents vertigineux dont il s'agit ont été très notablement amendés oumemecomp eteraent^guéris par l'influence de Vemploi prolongé du sulfate de quinine. M. le D' Weir Mitchell a relaté plusieurs faits de ce genre, au dernier congrès de New- York. (J.-M. C.) ° ' & ^

DIX-IEUYIÈIE LEÇON

De l'hémiGhorée post-hémiplégique.

Sommaire. — Hémichorée post-hémiplégique. — Faits cliniques. — Troubles de la sensibilité générale et spéciale. — Troubles moteurs: leur ressemblance avec les mouvements choréiques, — Trépidation des hémiplégiques. - — Instabilité des membres affectés d'hémichorée post-hémiplégique. — Caractères des troubles musculaires au repos et dans les mouvements.

Lésions organiques. — Foyers d'hémorragie et de ramoUissement intraencéphaliques. — Atrophie partielle du cerveau.

Rareté de l'hémichorée post-hémiplégique. — Relation entre l'hémichor. et l'hémianesthésie. - Siège des lésions auxquelles se rattachent ces symptômes : extrémité postérieure de la couche optique ;- partie postérieure du noyau caudé; — partie postérieure de la couronne rayonnante.

Hémichorée prse-hémiplégique.

Messieurs,

J'appellerai ce matin tout particulièrement votre attention sur un ensemble de phénomènes que je vous propose de désigner sous le nom d'hémichorée post-hémiplégique. Cette dénomination, je l'emprunte à M. S.-W. Mitchell (de Philadelphie), qui en a fait usage dans un travail récent Ceux d'entre vous qui, dans ces dernières années, ont suivi mes leçons, reconnaîtront facilement cet état morbide dont je leur ai déjà montré, à diverses reprises, des exemples intéressants^.

Suivant la ligne de conduite que je me suis tracée en reprenant ces leçons cliniques - que je voudrais comparer en

1. Poat-paralytîc Ohorea. In The American Journal of the med. Scieno: ^°2. ^Leç'omdiniques sur les maladies du système nerveux, 1. 1, 1884, p. 310.

FAITS CLINIQUES

quelque sorte aux leçons de choses {objects Tessons), si usitées dans les écoles américaines, je ferai tous mes efforts pour que le tableau de l'hémichorée post-hémiplégique ressorte pleinement et d'une façon claire de l'histoire de trois malades que je vais interroger successivement devant vous.

La première, R... Marie, est âgée de 51 ans. Dans ses antécédents qui, en somme, n'offrent qu'un médiocre intérêt, je relèverai seulement les points suivants : La malade a subi une fièvre typhoïde à 18 ans, et, à 30 ans, une fièvre intermittente qui a duré six mois.

A 41 ans, R... a été saisie d'une attaque apoplectique avec perte de connaissance et accompagnée, paraît-il, de vomissements. Revenue à elle, elle présentait une hémiplégie avec flaccidité complète du côté droit.

Durant les six mois qui ont suivi, la malade avait, à ce qu'elle assure, une notion exacte des objets, elle se rappelait leur nom, — par conséquent il n'y avait pas d'amnésie verbale^ mais elle était impuissante à le prononcer, par suite d'une difficulté qui existait dans l'articulation des mots. J'ajouterai, de plus, que, pendant cette même période, il y aurait eu momentanément, si l'on croit 'son récit, un certain degré de contracture dans les muscles de la main droite.

Quoi qu'il en soit, au terme de ces six mois, R... a pu commencer à marcher tant bien que mal. Mais, alors qu'elle récupérait peu a peu et progressivement les mouvements dans le membre inférieur droit, ceux du membre supérieur correspondant, bien que redevenus possibles et assez étendus, ont été gênés bientôt par un tremblement d'une espèce à part, comme choréique : c'est sur ce tremblement que je vais surtout insister.

La situation est demeurée telle quelle depuis cette époque, c'est-à-dire depuis environ dix ans, et, en particulier, dans

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