CARACTÈRES DE LA CÉPHALALGIE
cueillir des renseignements significatifs. J'appris, en effet, ce qui suit : A l'âge de 29 ans, c'est-à-dire 12 ans environ avant l'apparition des premiers accidents épileptiformes, M. X... avait contracté un chancre induré, suivi bientôt de diverses manifestations relevant de la syphilis constitutionnelle, parmi lesquelles a figuré la roséole. Le traitement de la maladie à cette époque paraît avoir été régulièrement dirigé et continué pendant plusieurs mois.
Les choses en restèrent là et pendant plus de dix ans, M. X... avait vécu en bonne santé, jouissant d'une sécurité parfaite, lorsque, vers la fin de 1873, il commença à ressentir un malaise singulier, marqué surtout par une grande prostration des forces, de l'inaptitude au travail intellectuel, des troubles dyspeptiques très accentués, très tenaces et qui se montraient rebelles à l'emploi des moyens vulgaires. Un certain degré d'amaigrissement, un état cachectique assez prononcé, qu'aucune affection viscérale ne semblait motiver et, enfin, une céphalalgie d'un genre particulier vinrent bientôt compléter le tableau.
Cette céphalalgie n'a jamais entièrement cessé d'exister à un certain degré depuis lors-, je ne vous en ai pas entretenus cependant jusqu'ici dans l'énumération des faits, parce que je me réservais de la signaler spécialement à votre attention. A l'origine, elle se montrait constamment localisée dans un espace circonscrit, pas plus large qu'une pièce d'un franc, au-dessus du sourcil droit, vers la tempe -, plus tard, au moment des exacerbations, elle s'est étendue souvent jusqu'au sommet de la tête et même à l'occiput sans abandonner toutefois jamais son foyer primitif^. Il paraît bien établi que les exacerbations ont lieu habituellement vers 7 heures du i soir, se prolongeant plus ou moins dans la nuit et empê- • chant quelquefois le sommeil -, jamais elles n'ont été suivies ; de vomissements.
Si j'insiste sur la description de cette douleur de tête, c'est que vous retrouverez le même phénomène, avec les particularités qui viennent d'être relatées dans l'histoire de beaucoup de cas d'épilepsie syphilitique. Le fait, d'ailleurs, a été mis en relief plusieurs fois par les auteurs qui se sont occupés de ces questions. « Lorsque la douleur de tête, dit entre autres M. Buzzard, est associée aux attaques convulsives de la syphilis, elle précède en général le développement des accès -, elle est souvent localisée dans un point particulier. Fréquemment on trouve noté, dans les antécédents, qu'elle a existé pendant plusieurs mois avant l'apparition de la première attaque ^ » Il ne faudrait pas sans doute, tant s'en faut, aller jusqu'à comparer cette céphalalgie fixée sur un point et précédant pendant longtemps les attaques convulsives comme un signe caractéristique -, on peut la rencontrer, en effet, dans les diverses formes d'épilepsie partielle, indépendantes de la syphilis. Néanmoins, dans cette maladie, elle est, en général, beaucoup plus accentuée que partout ailleurs 5 c'est donc un élément que le clinicien ne doit pas dédaigner d'utiliser puisqu'il pourra quelquefois contribuer ■ à éclairer le diagnostic.
Après avoir recueilli les renseignements qui viennent de vous être exposés, je me crus autorisé à déclarer qu'à mon sens les divers accidents, éprouvés par M. X... depuis dixhuit mois, devaient être rattachés à la syphilis, et que vraisemblablement ils céderaient tous à l'emploi convenablement dirigé du traitement mixte. On m'apprit alors que, d'après le conseil d'un médecin autrefois consulté, M. X..., depuis près d'un an, n'avait peut-être jamais cessé complètement de se soumettre soit à l'usage d'un sirop hydrargyrique
1. « If pain in the head be associated with the convulsive sittiicks, it generally précèdes the ont break in syphilitic convulsion, and is often localised in one particular spot. There is frequently a bistory of antécédent pain for months before the first fit. s> (T. Buzzard, loc. cil., p. 14.)
378 DlîiBUT DBS ACCÈS d'ÉPILEPSIE PARTIELLE
ioduré, soit à celui de doses moyennes d'iodure de potassium.
Cette révélation ne me découragea point et, me fondant sur l'enseignement tiré d'observations antérieures, j'émis l'opinion qu'il fallait procéder ici en quelque sorte par une attaque de vive force et chercher à brusquer le dénouement-, que, en d'autres termes, l'administration immédiate de doses élevées triompherait peut-être rapidement, là même où l'action prolongée de doses moyennes s'était montrée insuffisante pour conjurer les accidents et aussi pour les combattre une fois développés. Nous convînmes, mon confrère et moi, d'instituer la médication ainsi qu'il suit : des frictions seront faites chaque jour avec 4 ou 6 grammes d'onguent napolitain-, en même temps l'iodure de potassium sera pris à la dose de 6 à 8 ou 10 grammes pour les 24 heures, en partie par la bouche, en partie en lavement. Le traitement devait être maintenu, autant que possible dans toute sa rigueur, pendant 20 jours environ, suspendu ensuite complètement durant quelques jours, rétabli de nouveau de la même façon que la première fois, et ainsi de suite à trois ou quatre reprises.
J'ai revu M. X... à la fin de 1875. Il m'apprit que le traitement avait été mis en œuvre dès le lendemain de la consultation-, que deux mois après l'amendement dans tous les symptômes permanents, céphalalgie, parésie, dyspepsie, état cachectique, était tel déjà qu'il avait pu reprendre ses occupations; que, un mois plus tard, il se considérait comme tout à fait guéri ; que, enfin, quant aux attaques épileptiformes, elles n'avaient plus reparu et qu'il n'avait d'ailleurs rien ressenti qui pût lui en faire redouter la réapparition.
J'ai revu une seconde fois M. X..., à la fin de 1876. La guérison, à cette époque, ne s'était pas démentie un seul instant.
NOUVEL EXEMPLE d'ÉPILBPSIE PARTIELLE SYPHILITIQUE 379
Ainsi que, plusieurs fois déjà, j'ai eu l'occasion de vous le faire remarquer, c'est par l'un des membres supérieurs, ou par un des côtés de la face, que s'opère le début des accidents convulsifs, dans la grande majorité des cas d'épilepsie partielle, quelle qu'en soit d'ailleurs l'originel L'envahissement commençant par un membre inférieur doit donc être considéré, dans l'espèce, comme un fait rare, exceptionnel. Nous venons de voir néanmoins ce mode d'invasion signalé dans l'observation qui précède; par suite d'un singulier concours de circonstances, nous allons le retrouver une fois de plus, dans l'observation suivante où, comme dans la première, il s'agit encore de syphilis cérébrale.
Un confrère étranger, de passage à Paris, me fit prier le 26 août 187... de le venir voir pour lui donner un avis, dans les circonstances suivantes : Dînant l'avant- veille chez un ami, il avait été tourmenté, pendant toute la durée du repas, par l'exaspération d'un mal de tête dont il souffrait à un degré modéré, depuis plusieurs jours déjà. Au sortir de table, il résolut de se rendre immédiatement chez lui, à pied ; mais à peine avait-il fait quelques pas dans la rue que, tout a coup, son membre inférieur droit fut pris de rigidité et en même temps secoué, en quelque sorte, par des convulsions rythmiques précipitées et violentes. Presque aussitôt après, le membre supérieur du même côté fut à son tour envahi de la même façon et à ce moment M. B... tomba sans connaissance sur le trottoir. A son réveil, il se trouva, à sa grande surprise, couché dans son lit où on l'avait transporté. La perte de connaissance avait duré peut-être une heure.
1. Ce fait, déjà signalé par Bravais, l'a été plus explicitement encore par M. H. Jackson (A sludy on Uonvulsion. In Trans. of the St Andrews médical (jraduatea Association, t. lU, 1870). Mes propres observations le confirment pleinement. (J.-M. C.)
380 SYPHILIS CéRÉBUALE
Pendant la nuit qui fut sans sommeil et durant la journée du lendemain, des attaques du même genre se reproduisirent à trois ou quatre reprises. Seulement aucune de celles-ci n'alla, comme l'avait fait la première, jusqu'à la perte de conscience. Chaque fois qu'elles se produisaient, le malade assistait, non sans émotion, à l'envahissement progressif et régulier des mouvements convulsifs qui, commençant toujours par le membre inférieur gauche, gagnaient ensuite le membre supérieur du même côté, et quelquefois en outre la moitié correspondante de la face. Une nouvelle attaque, avortée également, comme celle de la veille, avait eu lieu dans la matinée du jour où je vis M. B... pour la première fois. Pendant tout ce temps, la céphalalgie n'avait pas cessé de sévir, s'exaspérant cruellement au moment où les accidents convulsifs allaient se déclarer.
Je trouvai en M. B... un homme dans la force de l'âge, de haute taille, vigoureusement constitué et jouissant habituellement d'une santé excellente \ seulement depuis quelques semaines, il se sentait mal à l'aise, sans appétit, lourd, fatigué aux moindres efforts, et, de plus, les traits de son visage avaient pâli manifestement ^ Après avoir reconnu, tout d'abord, l'absence chez lui de paralysie motrice, — et à part la céphalalgie^ — de troubles quelconques de la sensibilité, soit à la face, soit dans les membres, je constatai aisément qu'il existait un certain degré de confusion dans les idées et peutêtre aussi un peu d'embarras de la parole," toutefois sans symptômes d'aphasie.
La question des antécédents éloignés était particulièrement intéressante. M. B... me confia qu'il avait, dix-huit mois auparavant, contracté un chancre avec induration, et qu'à la
1. Sur l'état cachectique et la pâleur terreuse que présentent habituellement les malades atteints de syphilis cérébrale, voir au point de vue du diagnostic les remarques intéressantes de M. Buzzard. (Loc. cit., p. 83,)
TKOISIÈME CAS d'ÉPILBPSIK SYPHILITIQUE ûOl
suite étaient survenues diverses manifestations diathésiques, parmi lesquelles le psoriasis palmaire, dont on pouvait d'ailleurs reconnaître encore les traces.
Je n'hésitai pas, vous l'avez prévu, à rattacher à la syphilis les accidents nerveux éprouvés par M. B..., et je l'eng-ageai à agir en conséquence à la fois promptement et énergiquement. Il fut convenu que lamédication serait instituée suivant le plan exposé tout à l'heure à propos du cas de M. X... et immédiatement mise à exécution. L'administration de l'iodure de potassium et les frictions mercurielles furent commencées le jour même. Une attaque avortée^ cette fois limitée au membre inférieur, eut lieu encore le lendemain ou le surlendemain-, ce fut la dernière et, au bout de quinze jours, la santé générale s'était tellement améliorée que M. B... put regagner son pays.
Pendant un court séjour que j'ai fait en..., un an environ après l'accident du 24 août 187., j'ai eu le plaisir de rencontrer M. B... et de le trouver dans un état de santé irréprochable. Le traitement prescrit à Paris avait '.é suivi, avec les interruptions réglementaires, pendant er.viron trois mois. Aucun accident nerveux n'avait reparu.
li peut arriver que les attaques d'épilepsie partielle syphilitique soient précédées par un certain nombre d'accès dans lesquels la perte de connaissance se déclare soudain, à l'improviste, sans signes précurseurs immédiats, en même temps que les mouvements convulsifs éclatent du même coup sur tous les points-, et ainsi se trouve reproduit par conséquent le tableau classique de l'épilepsie vulgaire. Le cas dont je vais maintenant vous faire connaître les principaux détails nous offre un exemple de ce genre. Il présente d'ailleurs un certain nombre d'autres particulariiés intéressantes.
M. K..., né aux Antilles, d'une constitution très délicate.
382 DESCUIPTION DES ACCÈS
nerveux et impressionnable au plus haut point;, a été atteint de chancre induré en 18G8, à l'âge de 29 ans. Parmi les manifestations syphilitiques qui ont suivi, de près ou de loin, l'accident primitif, ligurent une double iritis extrêmement tenace, des taches (?) sur le front, le psoriasis palmaire, des douleurs rhumatoïdes intenses et prolongées, une anémie profonde et durable, enfin des arthrites subaiguës ayant occupé principalement les articulations tibio-tarsiennes. Un traitement approprié cà la situation a été suivi d'une façon à peu près continue pendant six mois environ et, à partir de cette époque, définitivement abandonné.
Tout alla bien jusqu'en 1873. Vers la fin de cette année-là, M. K... qui, depuis plusieurs mois, remplissait en Cochinchine des fonctions publiques, fut atteint de la diarrhée du pays, et, par ce fait, profondément débilité. Vers la même époque, il commença à ressentir très fréquemment, presque habituellement, des douleurs de tête qu'il croyait être des migraines et qui ont persisté, en s'aggra vaut Jusque dans ces derniers temps.
En mai 1874, six ans environ après le début delà syphilis, bien que la diarrhée se 'fût un peu amendée depuis quelque tempS; M. K..., toujours très affaibli, toujours sujet à ses maux de tête, fut à la suite d'une discussion vive, saisi tout à coup d'un accès d'épilepsie avec perte immédiate de la conscience, convulsions généralisées, d'emblée, écume à la bouche, urines involontaires, etc. L'invasion, je le répète, paraît avoir été littéralement soudaine, inopinée, et le malade ne connaît l'attaque que d'après ce qui lui en a été dit par les assistants.
A la suite de cet accident il fut décidé, qu'en raison de l'état depuis plusieurs années fort délabré de sa santé, M. K... prendrait un congé illimité et rentrerait en France. Sur le paquebot, pendant la traversée, un nouvel accès se produisit, en tout semblable au premier-, puis^ quelques jours après un
autre encore, mais fort différent celui-là des précédents. Cette fois, en effet, le malade avait senti d'abord sa main gauche se fermer convulsivement et le bras correspondant se roidir^ après quoi, par suite d'un mouvement de torsion du cou, sa face s'était portée vers l'épaule gauche. Enfin, comme attiré par une force invincible vers la g-auche, il était tombé sur ce côté et c'est à ce moment seulement, c'est-à-dire plusieurs secondes après le début de l'accès que la perte de connaissance était survenue. Le véritable caractère des accidents convulsifs venait ainsi de se réveller : à partir de là, les accès ne se sont plus présentés jamais que sous forme d'épilepsie partielle ou hémiplégique, tantôt avec perte de connaissance, tantôt, le plus souvent peut-être, sans perte de connaissance.
Depuis le 9 juillet, époque du débarquement à Marseille, jusqu'à la fin d'octobre, autrement dit durant une période de près de quatre mois, ils n'ont pas cessé de se reproduire tous les cinq ou six jours, et quelquefois même plusieurs fois par jour.
Pendant les trois premiers mois, à part la céphalalgie à peu près toujours présente^ et localisée comme je le dirai, sur un espace circonscrit dans la région du pariétal droit, les intervalles des accès étaient restés libres de tout accident persistant-, mais, dans les premiers jours d'octobre, la contracture commença à s'emparer du membre supérieur gauche, de la main surtout, et à l'occuper d'une façon persistante de manière à le tenir, en permanence, dans la demi-flexion. Elle envahit même, bien qu'à un degré moindre, le membre inférieur correspondant. Il faut ajouter que la main etl'avantbras contracturés étaient devenus, dans le même temps, le siège de fourmillements incommodes et aussi d'une hyperesthésie exquise : le malade redoutait au plus haut point qu'on heurtât ce membre ou même qu'on le touchât légèrement, et,
384 DIÏBUT DES CONVULSIONS
si cela arrivait quelquefois par hasard, il poussait des cris violents. Il assurait que, plusieurs fois, un ébranlement communiqué à. sa main douloureuse avait été l'occasion du développement d'une de ses attaques convulsives ^ .
Il ne sera peut-être pas hors , de propos de vous présenter la description des principaux pb|nomènes qui marquaient ces accès, telle à peu près que je l'ai recueillie de la bouche d'une personne fort intellig-ente, témoin des principales phases de la maladie de M. K... J'utiliserai d'ailleurs, dans mon récit, les observations, faites par le malade lui-même pendant le cours de celles de ces crises dans lesquelles la connaissance persistait.
Le début des convulsions est constamment annoncé par une exaspératiën de lâ'-çlphalalg'ie localisée, comme il a été dit, sur un point de la région pariétale droite. La douleur, à ce moment, prend le caractère pulsatif, et, au bout de quelques minuées, elle senible se répandre sur la moitié de la face et du Gou du même '^té. Averti par ces phénomènes prémonitoires, le malade II presque toujours le temps de gagner son lit et de s'y étendre. Alors, on voit le membre supérieur gauche se fléchir à l'excès au niveau des articulations du poignet et du coude, et prendre en même temps l'attitude de la pronation forcée ; quelques secondes après surviennent
1. 11 n'est pas sans exemple, on le sait, que les accès d'épilepsie partielle d'orig'ine cérébrale puissent être provoqués par certaines manœuvres. Chez une femme de mon service, la nommée P..., présentant une contracture des membres supérieur et inférieur du côté gauche, permanente à un certain degré, mais s' exaspérant considérablement pendant la station debout et la marche, les accès spontanés, commencent par le membre inférieur. Celui-ci alors se roidit à l'excès, dans l'extension, le pied prenant l'attitude du pied bot équin spasmodique, et bientôt survient la trépidation. Le membre supérieur, puis la face, sont ensuite envahis successivement et la perte de connaissance survient dans certains cas. Lorsqiie les accès ne se sont pas produits depuis quelque temps, il est toujours possible d'en provoquer artiliciellonientlo dévelopiiemeut en relevant brusquement la pointe du pied gaucho; la trépidation se manifeste, en conséquence, presque à coup sûr, et tous les autres phénomènes de l'accès .s'ensuivent. (.J.-M. C.)
les secousses rythmiques qui l'ébranlent dans toute son étendue. La tête bientôt se porte vers l'épaule gauche et est agitée, elle aussi, par ces mêmes secousses ; en même temps se produisent dans le côté g-auche de la face, des grimaces qui se succèdent rapidement. A son tour, le membre inférieur gauche est envahi ; il se roidit dans l'extension forcée, s'élève au-dessus du plan du lit, puis quelques secondes après il est pris de trépidation. Enfin, dans certains accès, la rigidité et les convulsions rythmiques gagnent les parties du côté opposé du corps. Lorsque la perte de connaissance se produit, c'est à ce moment qu'elle survient. Je dois ajouter que plusieurs fois, après avoir éprouvé la sensation d'être attiré vers la gauche, le malade a subi pendant l'accès un véritable mouvement de rotation, s'opérant de droite à gauch%.jsuivant^axe longitudinal du corps, et s'est trouvé à ^ fin di la crise couché sur le ventre ^
Tel est l'ordre régulier et constant de la succession des phénomènes convulsifs. Je crois devoir vous faire remarquer incidemment que le mode d'invasion se fait ici conforinément à la règle établie par les ingénieuses études de M. H. Jackson. Vous n'avez pas oublié, en effet, que d'après ce médecin distingué — plus d'une fois j'ai pu vérifier l'exactitude de ses assertions à cet égard — lorsque les convulsions, dans l'épilepsie partielle débutant par le membre supérieur, tendent à se généraliser, elles n'envahissent le membre inférieur qu'après avoir, au préalable, gagné la face. Si, au contraire, il s'agit d'un cas où la iace est affectée tout d'abord, c'est, après elle, le tour du membre supérieur, et en dernier lieu celui du membre inférieur. Si enfin, comme cela se présentait dans les
1. Il est remarquable que, chez M. K..., les accès survenaient à peu près toujours entre cinq et six heures du soir. M. Lagneau fils {Maladies syphilitiques du sTjsthme nerveux. Paris, 1860, p. 125), a réuni plusieurs exemples •l'épilepsie syphilitique dans lesquels les accès se montraient de préférence le soir ou la nuit.
CiiARCOT. Œuvres complètes, t. II. 25