‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource]Chapitre 165 sur 213 · FRACTURES SPONTANÉES · texte numérisé non relu

FRACTURES SPONTANÉES

dans le lit, un craquement se produisit dans la hanche gauche qui se luxa.

A partir de ce jour, les deux membres inférieurs étant également raccourcis, tout travail actif devint désormais impossible. C... se fit transporter à l'hôpital de la Charité, où elle demeura pendant quatre mois. A cette époque, elle pouvait encore se tenir debout et marcher même, en s'appuyant le long des murs. Elle éprouvait, comme par le passé, de temps à autre, des crises de douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs. Ces douleurs ne s'étaient pas montrées encore dans les membres supérieurs.

Après sa sortie de la Charité, C... fut admise successivement dans divers hôpitaux; enfin, elle rentra, en juillet 1865 à l'HÔtel Dieu, dans le service de M. Vigla. A ce moment, la malade se servait très bien de ses membres supérieurs, qui n'étaient le siège d'aucune douleur; quant aux membres inférieurs, où les douleurs fulgurantes continuaient à se produire de temps en temps, elle pouvait, au lit, leur imprimer des mouvements énergiques; mais ces mouvements étaient devenus désordonnés mal coordonnés, rappelant ceux des «jambes d'un polichinelle »' Les diverses jointures de ces membres avaient acquis une laxité extrême; aussi C... pouvait aisément « embrasser son pied » le porter même derrière sa tête, toutes choses qu'il lui était impossible de faire autrefois. Un jour, étant au lit, et voulant faire montre de sa souplesse, elle porta son pied gauche vers sa bouche, comme pour l'embrasser, et dans ce moment le fémur gauche se fractura. . ,,

Les douleurs fulgurantes commencèrent à se montrer dans les membres supérieurs un an environ après l'admission de C à 1 hospice de la Salpêtrière (fin de 1866), et depuis lors, elles

un noin? T'X '^^^eM' tantôt sur

un point, tantôt sur un autre ; jamais elles ne se montrent aussi

anembres inférieurs. Les mouvements dans les membres supéfin d" -uL 187rr"'" que dans ces derniers temps. Aussi, Tl. aWni^r I ' ^"""^"^ '^^^ difficulté porter ses

sir son if r'^; '""^^^^ d'aiguille, ramasser

Cependant, il lui arrivait parfois de ressentir de la roideur dans les doigts,qui se redressaient obstinément. En dehors de cela

a'^V^''' ^'Î'' les membres supérieurs, aucun^ irace ci incoordination motrice.

Vers le milieu de juillet 1873, C..., au moment où elle changeait

398 ATAXIE LOCOMOTRICE

de position dans son lit, se fractura les deux os de l'avant-bras gauche. Elle ne saurait dire au juste comment cette fracture s'est produite; mais il est certain qu'il n'y a eu ni chute, ni eflfort violent. Aucun appareil n'a été appliqué. La consolidation s'est faite assez rapidement ; le cal est volumineux, difforme. Depuis l'époque où cet accident a eu lieu, la main gauche présente une déformation particulière qui tend chaque jour à rs'accuser davantage. Les éminences thénar et hypothénar sont rapprochées l'une de l'autre ; le pouce allongé repose sur l'index qui est légèrement fléchi. Les autres doigts sont également dans ila demi-flexion.

' Trois mois après (septembre 1873), dans le temps où C... s'aidait de la main droite pour se redresser sur son lit, l'avanthras droit s'est fracturé à son tour vers la partie moyenne. Aucune douleur ne s'est fait sentir au moment oii la fracture est survenue. Un appareil a été appliqué. La consolidation s'est faite assez promptement, sans grande difformité. La main droite commence à présenter une déformation analogue à celle qu'offre la main gauche. Les mouvements des divers segments du membre sont faciles encore et réguliers. C... peut porter avec la main droite ses aliments à sa bouche, ramasser de menus objets, etc. Enfin, le 11 octobre 1873, à la suite d'un mouvement insignifiant, une luxation de l'épaule gauche s'est produite. L'épaule, au préalable, n'avait pas présenté de gonflement, et la malade n'y avait ressenti aucune douleur.

Vers la même époque, des troubles de la vision sont remarques pour la première fois : de temps à autre, les objets paraissent doubles-, des étincelles passent parfois devant les yeux. Oi^note que la pupille droite est, d'une manière permanente, plus dilatée

que la gauche. ^ ,

Etat actuel (relevé le 26 novembre 1873). A ma prière, mon collègue, M. le Meunier, chirurgien de la Salpetriere, a bien voulu étudier et décrire avec grand soin les lésions que présentent chez C... les os et les jointures. Je reproduis m extenso la note qu'il a eu l'obligeance de me remettre a ce sujet :

Membre inférieur gauche. - H est très raccourci et mesuie 62 centimètres de l'épine iliaque antérieure et supérieure a la malléole externe. Il est placé sur le côté externe dans 1 abduction et dans la rotation en dehors. Il n'y a a signaler aucune particularité notable pour le pied, la jambe, le genou et mtme pour la partie inférieure de la cuisse. C'est la partie supérieure de la cuisse ainsi que la hanche, et comme ^'^^^ f^^^;^^^^.^, l'articulation coxo-fémorale qui est lesee. Le grand tiochantci

Page 1