‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource]Chapitre 164 sur 213 · Paris, 1866. Pl. II, fig · texte numérisé non relu

Paris, 1866. Pl. II, fig

KÉCESSITÉ d'une INTERVENTION ACTIVE 391

jourd'hui que ces différences souvent si prononcées dans l'expression symptomatique d'une même altération organique, dépendent surtout du mode de localisation de celle-ci à la surface des hémisphères. Suivant la théorie fondée sur des travaux récents, les plaques gommeuses dans l'épilepsie partielle devront siéger à la surface des circonvolutions frontale ou pariétale ascendantes ou, tout au moins, dans leur voisinage immédiat; la réalité du fait n'a pas encore été régulièrement vérifiée, que je sache, quant à présent, mais elle ne tardera pas, sans doute, à l'être-, en attendant, je puis faire remarquer que, dans la planche d'Echeverria déjà mentionnée tout à l'heure, il est aisé de reconnaître que les lésions gommeuses de la pie-mère occupaient le voisinage du sillon de Rolando, en arrière de lui, non loin de la scissure médiane, c'est-àdire une région appartenant, pour une part, au domaine de la zone motrice corticale.

Tant que l'épilepsie partielle syphilitiquen'est pas invétérée, tant que les accès qui la constituent cliniquement restent séparés par des intervalles libres de tout symptôme permanent, la substance grise cérébrale, au contact de la pie-mère altérée, n'a subi encore, tout porte à le croire, que les lésions du genre de celles qu'on a quelquefois appelées dynamiques, — lésions transitoires en tous cas, et non désorganisatrices. Il se produirait, en pareil cas, suivant H. Jackson, dans la substance nerveuse, en conséquence d'un processus irritatif déterminé par le voisinage, une sorte d'emmagasinement, d'accumulation de force dont la dépense se ferait de temps à autre, sous l'influence des causes les plus banales et souvent inaperçues, par une sorte d'explosion d'actes moteurs désordonnés, convulsifs, soudains, portant sur le côté du corps opposé au siège de la lésion méningée. La décharge sera suivie d'un épuisement momentané dont la traduction clinique est la paralysie temporaire avec flaccidité, qui s'observe

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en réalité très fréquemment a la suite des accès d'épilepsie partielle, dans les parties même, qui ont été le siège principal des convulsions. Si ce n'est pas là, à proprement parler, une théorie régulière, c'est tout au moins une manière ingénieuse de grouper les faits.

A la longue, par suite de la répétition de ces actes, ou par le fait de l'extension progressive des lésions méningées à la substance nerveuse, celle-ci s'altère à son tour profondément; alors en même temps que se produisent les dégénérations secondaires descendantes, l'hémiplégie permanente et indélébile peut survenir ^

Ces considérations anatomo-pathologiques et physiologiques concourent, vous le voyez, à faire ressortir, une fois de plus, l'importance des décisions promptes et énergiques en matière d'épilepsie partielle d'origine syphilitique-.

1. Sur la production des dégénérations secondaires à la suite des lésions de la zone motrice corticale : Voir Charcot, Leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau, p. 160. Paris, 1876. — M. Hanot a présenté en 1870, k la Société anatomique, un exemple recueilli dans le service de M. Charcot. de dégénération descendante, avec hémiplégie permanente, consécutive à une lésion gommeuse cérébrale. {Bull, de la Soc. anat., 1870, p. 431.)(B.)

2. Consulter aussi case of syphilitic Diseuse of the Brain, by J. Dreschfeld (The Lancet, 1877, vol. I, p. 268). Cette observation est particulièrement intéressante au point de vue de la localisation des lésions.

APPENDICE

APPENDICE

Luxations pathologiques et fractures spontanées multiples chez une femme atteinte d'ataxie locomotrice; par J.-M. Charcot.

(Voyez : Leçon IV, p. 62.)

L'observation dont je vais faire connaître les détails offre un nouvel exemple de ces troubles trophiques des parties périphériques, produits en conséquence d'une lésion du centre nerveux spinal, et sur lesquels j'ai appelé l'attention des physiologistes et des médecins. Il s'ag-it dans ce cas d'arthropathies et de fractures spontanées multiples survenues chez, une femme atteinte d'ataxie locomotrice progressive.

Observation. — Ataxie locomotrice progressive. — Luxations et fractures spontanées consécutives. — Luxation ilio-pubienne complète deV articulation coxo-fémorale gauche. Raccourcissement du fémur gauche. — Fracture du col anatomique du fémtir gauche. — Luxation ilio-ischiatique complète de l'articulation coxo-fémorale droite. — Luxation sous-coracoïdienne complète de V articulation scapulo-humérale gauche. — Fracture consolidée à cal difforme et oblique des deux os de V avant-bras gauche.

— Arthrite chronique de l'articulation scapulo-humérale droite,

— Fracture consolidée a cal volumineux des deux os de l 'avantbras K

La nommée A. C..., âgée de 57 ans, domestique, a été admise à la Salpôtrière, comme infirme, le 8 février 1866. Elle est

1. Observation rédigée d'après les notes recueillies par M. Bouuniîvii.le. Voyez aussi : Forestier, thèse do Paris, 1874, faite avec la collaboration de M. Bourneville.

ATAXIE LOCOMOTRICE

entrée à l'infirmerie de l'iiospice, salle Saint- Jacques, no 23, le 15 octobre 1873.

Cette femme a eu neuf enfants ; sept d'entre eux sont morts entre 5 et 15 mois. Une autre a succombé à l'âge de 34 ans, des suites d'une couche. Il n'y a rien à noter dans les antécédents de la malade, si ce n'est de fortes migraines, accompagnées de vomissements, coïncidant le plus souvent avec les règles. Les migraines ont en grande partie disparu vers l'âge de 35 ans (1850), époque à laquelle ont apparu les douleurs fulgurantes, qui marquent le début de la maladie actuelle. Ces douleurs ont occupé tout d'abord les membres inférieurs, les mollets surtout et les cous-de-pied : « Je sentais, dit-elle, comme des éclairs me passer dans les jambes »; elles étaient violentes, plus fortes la nuit que le jour, revenaient par crises, lesquelles duraient environ de 12 à 15 heures. Vers le même temps survint un sentiment habituel de constriction douloureuse à la base de la poitrine. Les crises douloureuses qui, dans les premiers temps, se montraient toutes les trois semaines environ, devinrent, par la suite, plus fréquentes et plus violentes. Elles auraient atteint leur maximum d'intensité et de fréquence vers l'âge de 38 ans.

A l'âge de 42 ans, à la suite d'engourdissements dans le pied droit, la malade remarqua un jour que la cuisse de ce côte' était considérablement tuméfiée; le membre, sur ce point, avait, paraît-il, presque doublé de volume. Cette enflure ne s'accompagnait ni de rougeur, ni de douleur; elle n'empêcha pas C... de continuer, comme par le passé et sans gêne notable, son service de domestique. L'enflure et l'engourdissement persistèrent pendant plusieurs mois. Ces symptômes étaient en voie d'amendement, lorsque, un matin (1858), en descendant de son lit, la malade remarqua avec étonnement qu'elle boitait, et que son membre inférieur droit s'était raccourci. Il s'était produit pendant la nuit, dans le lit, sans douleur, une luxation de la hanche droite.

La marche, à partir de cette époque, fut rendue difficile, mais non impossible, tant s'en faut-, car C..., devenue incapable de continuer son service de domestique, put encore, néanmoins, pendant près d'un an, se rendre chaque jour à pied dans un hôtel meublé éloigné de sa demeure et où on l'occupait à faire des lits.

Vers le commencement de l'année 1859, survint dans le pied gauche un engourdissement semblable à celui qui, dans le temps, avait occupé le pied droit. Cet engourdissement durait depuis plusieurs mois, lorsqu'une nuit, à la suite d'un mouvement

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