‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource]Chapitre 168 sur 213 · Unterauchungen, etc., 2, Tlieil, léna · texte numérisé non relu

Unterauchungen, etc., 2, Tlieil, léna

3. Histologie de la sclérose en plaques. Paris, 1869, pp. 11 et 13.

MYÉLITB

Me, d'un certain nombre de cylindres axiles. A la vérité, la tuméfaction est, dans ce dernier cas, uniformément répandue sur une grande étendue en longueur du cylindre et non pas seulement localisée sur certains points, comme cela a lieu d'habitude dans la myélite aiguë. Quoi qu'il en soit, l'altération dont il s'agit paraît être, on le voit, avec quelques variantes, communes aux formes aiguës, subaiguës et chroniques primitives de l'inflammation de la moelle épinière.

Quelle est la signification de cette altération? Elle doit, si je ne me trompe, être rapprochée du gonflement que présentent fréquemment divers éléments anatomiques, les cellules épithéliales glandulaires, les capsules des cartilages par exemple, sous l'influence de certaines irritations. S'il en est ainsi, on pourra se convaincre, en se reportant aux détails des observations consignées dans cette note, que la tuméfaction des cylindres axiles peut être, dans certains cas, la première expression anatomique de l'inflammation de la moelle épinière. On peut la voir, en effet, exister seule, indépendamment de toute altération concomitante appréciable da cylindre de myéline, du réticulum de la névroglie et des vaisseaux capillaires.

Sous ce rapport, notre première observation surtout est très instructive. Elle montre aussi avec quelle rapidité l'irritation peut modifier, dans la moelle, la structure des éléments nerveux, même sur des points relativement très éloignés du siège primitif du mal. Le dernier fait, c'est-à-dire la propagation au loin de Tirritation, par la voie directe des tubes nerveux est également bien mis en lumière dans notre deuxième observation, ainsi que dans les cas de MM. Frommann et W. Mûller, où l'on voit à une grande distance du foyer principal, les cylindres d'axe se tuméfier, çà et là, soit sur le trajet des faisceaux postérieurs, soit sur celui des faisceaux latéraux. Tout porte à croire d'ailleurs que l'irritation des tubes nerveux, et, plus explicitement, de leur cylindre d'axe, est dans la myélite aiguë ou subaiguë, tantôt le fait initial, primordial {myéliteparenchymateuse) , tantôt au contraire un phénomène deutéropathique, consécutif à l'inflammation du réticulum con^onctif {myélite interstitielle). Il y aurait lieu, par conséquent, d'appliquer aux myélites à marche aiguë ou subaiguë

TUMÉFACTION DES CYLINDKES AXILES

la distinction fondamentale proposée par M. Vulpian^ à propos des scléroses spinales.

Le processus morbide, dont on vient de rappeler les traits les plus saillants, peut aboutir, s'il n'est pas entravé dans son développement, à la désagrégation et finalement à la destruction complète du cylindre axile. Il n'est pas rare, en effet, de rencontrer, dans les cas datant d'un peu loin, un certain nombre de cylindres tuméfiés qui, examinés sur des coupes longitudinales de la moelle, paraissent inégaux, bossués à leur surface et sillonnés transversalement de fentes plus ou moins profondes. Au degré le plus avancé, par suite de l'agrandissement de ces fentes, la partie tuméfiée du cylindre peut être divisée en plusieurs masses, inégalement globuleuses, indépendantes les unes des autres. Ce mode d'altération était très marqué dans nos deuxième et troisième observations : il a été parfaitement décrit dans le cas de MM. Frommann et W. Mûller. Lorsque les choses en sont à ce point, les cylindre axiles se sont depuis longtemps déjà dépouillés de leur enveloppe de myéline. Il n'est guère douteux que les cellules nerveuses tuméfiées puissent éprouver, elles aussi, une atrophie consécutive correspondant à cette désagrégation des cylindres d'axe. Je me bornerai, quant à présent, à ces remarques^ que je compte reprendre et développer bientôt dans une étude d'ensemble sur l'histologie pathologique de la myélite aiguë -, mais je ne voudrais pas terminer cette note sans faire remarquer que la tuméfaction des cylindres d'axe n'appartient pas exclusivement aux tubes nerveux de la moelle épinière. Je l'ai observée, pour mon compte, plusieurs fois, dans des parties du cerveau anémiées, mais non encore ramollies, à la suite de l'oblitération d'une artère de l'encéphale par un thrombus.

La tuméfaction moniliforme des cvlindres axiles a été observée, d'ailleurs, depuis longtemps dans la rétine, par MM. Zenker-^ Virchow^, H. Mûller^ Schweigger^ et

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