LÉSIONS DE LA MOELLE ÉPINTÈRE
On ne parvient pas à reconnaître d'une manière évidente l'existence des gaines vides et revenues sur elles-mêmes. De fines granulations, peu nombreuses d'ailleurs, sont uniformément disséminées sur toute l'étendue de quelques tubes nerveux. Nulle part, elles ne sont en amas, sous forme de corps granuleux.
Les troncs des nerfs hypoglosse, spinal et pneumogastrique, ne présentaient pas d'autre altération que ce même état granuleux de quelques tubes nerveux. Cette altération est très prononcée sur le laryngé inférieur. Le phrénique et le grand sympathique cervical ont offert les caractères de l'état normal.
y. Examen des centres nerveux, préparations durcies par V acide chronxique et colorées par le carmin. — 1° Moelle épiniere. — Coupes transversales pratiquées sur divers points du renflement lombaire.
L'examen des faisceaux blancs ne fait reconnaître ni diminution dans le diamètre des tubes nerveux, ni multiplication des noyaux de la névroglie, ni, enfin, aucun épaississement des tractus conjonctifs qui rayonnent du centre gris vers la périphérie de la moelle.
C'est dans la substance grise et plus spécialement dans l'aire des cornes antérieures que toutes les altérations sont concentrées et encore n'occupent-elles là que les cellules nerveuses, car, ici encore, la névroglie est normale ou ne présente, tout au plus, que des traces peu évidentes de multiplication des noyaux.
Quelques-unes de ces cellules nerveuses ont conservé tous les caractères de l'état normal ; elles sont en petit nombre puisqu'elles figurent pour un peu moins d'un tiers sur chaque préparation.
Elles se reconnaissent aisément aux particularités suivantes : elles sont pourvues encore de leurs prolongements longs et déliés qui, comme la cellule elle-même, se colorent vivement et uniformément par le carmin. Le noyau et le nucléole sont bien distincts; la petite quantité de pigment qu'elles renferment souvent à l'état normal ne s'est pas accrue.
Les cellules qui offrent le premier degi-é de l'altération se reconnaissent immédiatement à la coloration d'un jaune ocreux très intense qu'elles présentent dans la plus grande partie de leur étendue. Cette coloration résulte de la présence de granules pigmentaires réunis sous forme d'amas et ne subissant pas l'influence du carmin. Les parties de la cellule qui n'ont pas été envahies par le pigment se colorent, au contraire, à peu près comme à l'état normal. Le noyau et le nucléole sont encore plus visibles et colorés, mais les prolongements sont, en général, très courts, comme flétris, ou mieux ils ont complètement disparu.
PARALYSIE GLOSSO-LAUYNGÉE
En même temps, la cellule diminue de volume, elle tend à perdre ses contours anguleux, et acquiert une forme globuleuse.
A un degré plus avancé du processus morbide, la cellule, amoindrie encore dans toutes ses dimensions, absolument privée de prolongements, n'est plus représentée que par un petit amas de granules jaunes. Le noyau et le nucléole ont entièrement disparu en général. Il est des cas cependant où ce dernier persiste encore; c'est alors la seule partie de la cellule qui ait conservé la propriété de se colorer par le carmin.
Enfin, ori trouve çà et là, sur des points autrefois occupés par une cellule, les granulations jaunes désagrégées, disséminées. C'est là, sans doute, le dernier terme de l'altération. En pareil cas, on ne trouve plus la moindre trace du noyau ou du nucléole.
L'altération des cellules ganglionnaires est uniformément répandue sur toute l'étendue des cornes antérieures; elle ne s'attache pas spécialement à certains groupes de cellules, de telle sorte que les cellules saines et les cellules, malades à divers degrés, sont partout entremêlées. Les petites cellules des cornes postérieures n'ont paru présenter aucune trace de la dégénération jaune.
Les mensurations comparatives, faites à l'aide de bonnes préparations provenant des mêmes points, delà même région d'une moelle saine, ont montré ce qui suit :
Les cellules, qui ont conservé la propriété de se colorer par le carmin, dans toute leur étendue [cellules saines), ont les mêmes dimensions que les cellules de la préparation normale ; toutes les cellules qui ont perdu leurs prolongements sont atrophiées. Tant que le nucléole est visible, il conserve le volume normal.
Coupes provenant des régions dorsale et cervicale. — Les altérations des cellules sont les mêmes qu'à la région lombaire, plus accentuées seulement, surtout au renflement cervical. Les cellules de la colonne vésiculaire sont altérées au même degré que celles qui composent les groupes des cornes antérieures.
2° Région bulbaire. — a) Coupe faite immédiatement au-dessous du bec du calamus. — Le noyau d'origine de l'hypoglosse, visible à ce niveau dans sa partie inférieure, présente des altérations très prononcées qui, ici encore, portent exclusivement sur les cellules nerveuses, la névroglie est intacte; peut-être les vaisseaux y sont-ils plus volumineux qu'à l'état normal, ils paraissent en tous cas gorgés de globules sanguins.
La majeure partie des cellules (les deux tiers environ) offrent, à tous les degrés, l'altération pigmentaire décrite plus haut, à