CINQUIÈME LEÇON
De la compression lente de la moelle épinière. Prodrome anatomique.
Sommaire. — La compression lente de la moelle reconnaît des causes variées. — Importance de son étude.
Causes de la compression. — Tumeurs de la moelle : gliôme, tubercule, sarcome, carcinome, gomme, dilatation kystique de la moelle.
Tumeurs primitivement développées dans les méninges : sarcome, psammome, échinocoques, néoplasies inflammatoires (pachyméningite interne, pachyméningite hypertrophique).
Productions morbides nées dans le tissu cellulo-adipeux du rachis : carcinome, sarcome, Icystes liydatiques, abcès.
Lésions vertébrales : hyperostoses syphilitiques, arthrite sèche. — Mal de Pott : mécanisme de la compression de la moelle. — Mal vertébral cancéreux. — Paraplégie douloureuse des cancéreux.
Messieurs,
Il existe une forme particulière de paraplégie qui résulte de la compression lente que peut subir la moelle épinière en divers points de son trajet dans le canal rachidien. Les lésions organiques, capables d'amener ce résultat, sont de nature très différente. Ce sont, par exemple, des néoplasies inflammatoires, des tumeurs cancéreuses, sarcomateuses ou tuberculeuses, des productions syphilitiques, voire même des tumeurs parasitaires, etc.
Au point de vue de la clinique, ces lésions, d'origines si variées, doivent être cependant rapprochées les unes des
Oi COMPRESSION LENTE DE LA MOELLE ÉPIKIÈRE
autres, au moins un instant. En effet, les accidents qu'elles occasionnent, en interrompant le cours des fibres nerveuses dans la moelle, constituent souvent les premiers symptômes qui frappent l'attention du médecin et, la paralysie étant donnée, il s'agit pour lui de remonter jusqu'à la cause organique qui l'a provoquée.
C'est à cette espèce de paraplégie que je me propose de consacrer la séance d'aujourd'hui et celles qui suivront. Tou- , tefois, avant de vous faire connaître les symptômes particuliers qui la révèlent durant la vie, il me paraît tout à fait indispensable de comparer, sous le rapport de l'anatomie et de la physiolog-ie pathologiques, les lésions organiques multiples qui lui donnent naissance. Car, Messieurs, les effets de la compression lente sur le centre nerveux spinal ne varient guère que suivant la région de ce centre qui est intéressée et, en dehors de cette circonstance, ils se montrent toujours à peu près identiques, quelle que soit la cause qui ait déterminé la compression. Ce n'est donc pas de ce côté qu'il convient de chercher, en général, la révélation de signes distinctifs.
Mais, d'une part, avant d'arriver, par le fait des progrès naturels de leur évolution, jusqu'à intéresser la moelle et, d'autre part, dans le temps même où elles déterminent une compression plus ou moins prononcée de cet organe, les lésions dont il s'agit ont parfois une histoire anatomique et clinique qui leur est propre. Or, c'est surtout cette histoire qu'il sera nécessaire de consulter pour trouver les caractères qui nous permettront de remonter jusqu'à la source du mal.
Ce préambule me dispense. Messieurs, d'insister longuement pour faire ressortir à vos yeux l'importance de l'étude à laquelle nous allons nous livrer. Qu'il me suffise de vous rappeler qu'un bon nombre de lésions organiques que nous allons passer en revue, sont des plus ^'ulgaires, et, par consé-