‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource]Chapitre 32 sur 213 · MAL DE POTT · texte numérisé non relu

MAL DE POTT

ces affections -, je m'attacherai d'une manière exclusive aux points qui ont trait le plus directement à la compression que ces lésions ont le pouvoir de déterminer.

A. Je commencerai parle mal dePott. Chose remarquable ! bien que ce soit là une maladie évidemment très vulgaire, on ne s'entend pas encore sur le mécanisme suivant lequel la moelle est affectée dans le mal de Pott. Ce desideratum a été comblé dans ces derniers temps par un' de mes internes, M. Michaud, dans une dissertation inaugurale que je recommande à votre attention^

En général, on admet sommairement que la paraplégie résulte, en pareil cas, de la courbure exagérée et souvent anguleuse que présente le canal rachidien lorsque une ou plusieurs vertèbres se sont affaissées sur elles-mêmes. Mais, ainsi que Boyer et Louis l'avaient constaté, la paraplégie peut disparaître alors que la courbure persiste au même degré. En second lieu, la paraplégie par mal de Pott s'observe sans qu'il y ait la moindre trace de déformation 2. Enfin, et ceci constitue un troisième argument contre l'opinion courante, on sait, et c'est un point sur lequel M. Cruveilhier a insisté, que le rachis peut offrir les déformations les plus extraordinaires, sans que la moelle soit intéressée.

Voici, Messieurs, d'après nos recherches, comment les choses se passent dans l'immense majorité des cas. Tout d'abord, il est possible qu'un abcès caséeux, formé au niveau des vertèbres malades, repousse le ligament vertébral antérieur qui fait alors saillie dans le canal; mais ce n'est pas là le mécanisme habituel. Le ligament vertébral se dissocie, s'ulcère et se détruit enfin sur un point de telle sorte — et c'est la un fait que M. Michaud a bien mis en lumière — que le pus

1. Michaud - Rar la miningite et la myélite dam le mal vertébral, 1871

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