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veuses entre le segment supérieur et le segment inférieur de la moelle épinière? S'est-il agi là d'une reproduction de toutes pièces, ou seulement de la réapparition du cylindre de myéline autour des cylindres axiles dénudés ?
D'un autre côté, ainsi que je vous l'ai fait remarquer, la surface de section du tronçon de moelle rétréci représentait à peine, en diamètre, le tiers de la surface d'une moelle normale, considérée dans le même point. — Le nombre des tubes nerveux était en conséquence, dans le point comprimé de la moelle, bien au-dessous du taux normal. J'ajouterai que la substance grise n'était plus représentée en ce point que par une des cornes de substance grise où l'on ne retrouvait qu'un petit nombre de cellules nerveuses intactes. Cependant, ces conditions, en apparence si défavorables, avaient suffi, je le ' répète, au rétablissement complet de la sensibilité et du mouvement dans les membres inférieurs.
Ce sont là autant de problèmes de physiologie pathologique que je ne suis pas à même de résoudre, pour le moment, et que je me borne à offrir à vos méditations.
Nous sommes maintenant en mesure d'étudier avec fruit les symptômes qui résultent de la compression lente de la moelle épinière. Mais, au seuil même de la question, la nécessité se présente, pour nous, d'établir une distinction importante. Les symptômes, qui se rattachent directement aux effets de l'interruption du cours des fibres nerveuses dans la moelle, ne s'observent presque jamais, dans la clinique, complètement isolés. A peu près toujours, il s'y surajoute des phénomènes dont le caractère varie suivant la nature de la lésion organique qui est enjeu. Et, Messieurs, la connaissance approlondie de ces phénomènes est du plus haut intérêt pour le
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clinicien, car c'est elle qui fournit^ dans l'immense majorité des cas, les éléments du diagnostic. En eftet, ainsi que je vous le faisais remarquer dans la dernière séance, les conséquences propres à la compression spinale sont toujours les mêmes, quelle qu'en soit la cause. Ils ne changent guère, en définitive, que suivant le degré de la compression et suivant qu'elle s'exerce sur telle ou telle région de la moelle. Ce n'est donc pas de ce côté, vous le voyeZ; qu'il faut espérer trouver des caractères distinctifs.
Nous désignerons, pour plus de commodité, sous le nom de symptômes extrinsèques, les phénomènes qui s'entremêlent avec les symptômes particuliers de la compression spinale. A ces derniers, nous réserverons spécialement le nom de symptômes intrinsèques. Occupons-nous tout d'abord des premiers.
Afin de fticiliter la connaissance de ces symptômes extrinsèques et pour mieux comprendre leur raison d'être^ reportons-nous à l'étude topographique de la région où se produisent tous les accidents que nous allons avoir à décrire.
En procédant de dehors en dedans, nous rencontrons, après les parties molles extra-rachidiennes, abondamment pourvues de nerfs, les diverses pièces de la colonne vertébrale, dans lesquelles se distribuent des filets nerveux en assez grand nombre et qui peuvent devenir, dans l'état pathologique, le siège de douleurs vives. Puis vient la couche cellulo-graisseuse {périmêninge) où pénètrent par les trous de conjugaison des filets nerveux multipliés qui accompagnent les sinus vertébraux {rami sinus vertébrales, Luschka).
Plus profondément nous trouvons les enveloppes de la moelle. En premier lieu se présente la dure-mire. Purkinje, Kolliker, Luschka la disent pfivée de rameaux nerveux-, Rudinger, au contraire, assure qu'elle en possède. Toujours est-il
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que, d'après Haller et Longet, la dure-mère est insensible a l'état normal ; mais, par contre, il est certain, d'après Flourens^ que, dans l'état pathologique, c'est-à-dire lorsqu'elle est enflammée, la dure-mère peut devenir le siège de douleurs vives. Quant \i V arachnoïde, elle n'a pas de nerfs à elle propres. En revanche, la pie-mere en possède un grand nombre.
Ce n'est pas tout encore. La moelle paraît jusqu'à un certain degré douée de sensibilité dans les cordons postérieurs, si l'on en juge tout au moins par les conditions expérimentales.
Vous comprenez, Messieurs, par cet exposé sommaire, que les diverses parties que nous venons d'énumérer pourront toutes traduire leur souffrance par des douleurs plus ou moins vives. Toutefois, j'ai négligé à dessein jusqu'ici le point le plus important.
De la moelle épinière partent les racines antérieures et postérieures qui traversent la pie-mère, l'arachnoïde et enfin la dure-mère, se réunissent à ce moment-la, pour former les troncs originels des nerfs mixtes, lesquels cheminent pendant un certain temps dans les canaux de conjugaison avant de s'épanouir au dehors. Or, toutes ces parties sont éminemment sensibles, les racines antérieures exceptées, et c'est justement de l'irritation qu'elles subissent par le fait de la compression que dérivent les plus intéressants de ces symptômes extrinsèques qui s'offrent à notre étude.
Sans négliger les renseignements très dignes d'attention que nous fourniraient : 1" la présence d'une tumeur extrarachidienne (anévrysme, tumeur hydatique)^ 2° la constatation d'une déformation delà colonne vertébrale, se présentant avec des caractères variés suivant qu'il s'agit, par exemple, du mal