‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource]Chapitre 49 sur 213 · VARIABILITÉ DES SYMPTOMES AU DÉBUT · texte numérisé non relu

VARIABILITÉ DES SYMPTOMES AU DÉBUT

encore, les symptômes dits extrinsèques, et parmi eux les douleurs pseudo-névrcalg-iques, occupent seuls la scène. Dans l'hypothèse où nous nous sommes placé, il s'agit uniquement bien entendu de lésions organiques primitivement situées en dehors de la moelle, ce centre nerveux n'a pas encore manifesté sa souffrance. Quels sont les symptômes qui vont inaugurer la série des accidents nouveaux? Sont-ce les troubles moteurs ou les troubles sensitifs? Cet ordre de succession, Messieurs, est difficile à déterminer, dans l'état actuel des choses, faute d'observations recueillies dans l'intention spéciale d'élucider ce fait particulier. C'est là d'ailleurs un point de détail assez secondaire pour le côté pratique, mais qui toutefois, pour le côté théorique, n'est pas sans quelque intérêt.

En effet, l'existence^ à titre de premier symptôme, de fourmillements, de picotements, de sensations de chaud et de froid^ dans les membres inférieurs, indiquerait nécessairement, d'après la théorie, que, dès l'origine, les conducteurs de la sensibilité, c'est-à-dire la substance grise, ont subi une modification pathologique importante ; car l'expérimentation montre que, dans les conditions normales, la substance grise ne provoque, sous l'influence des excitations, aucune espèce de sensations. En revanche, les troubles purement moteurs, la parésie ou la paralysie plus ou moins complète des membres inférieurs sont des phénomènes qui peuvent se produire en dehors de toute modification dans les propriétés des éléments de la moelle, par le fait de la seule intercession mécanique de la continuité des fibres nerveuses.

Quoi qu'il en soit, Messieurs, la réalité paraît être que tantôt les troubles moteurs (parésie des membres inférieurs), tantôt, au contraire, les troubles sensitifs, en particulier les sensations rapportées à la périphérie et indiquant l'irritation de la substance grise (picotements, fourmillements, senti-

Page 1