POULS LENT, FRACTURES DU RACHIS
régulier, contrairement à ce qui aurait lieu s'il s'agissait de la commotion cérébrale, — ne plus battre que 48 fois à la minute'. Suivant M. Gurlt, dont je vous ai recommandé déjà la statistique importante, les battements peuvent même descendre jusqu'à 36, à 20. Les fractures de la première dorsale paraissent être susceptibles elles-mêmes d'amener le ralentissement des pulsations ^ Bien entendu toute intervention de la commotion cérébrale se trouve écartée dans ses observations. Dans la règle, le ralentissement du pouls, lié aux fractures de la région cervicale, est un phénomène essentiellement transitoire et bientôt il fait place à une accélération très prononcée et presque toujours de mauvais augure.
Il arrive cependant parfois qu'il persiste, à titre de symptôme permanent, pendant plusieurs semaines. Je reviens à ce propos sur le cas du docteur Rosenthal (de Vienne) que j'ai mentionné plus haut : Un enfant de 15 ans reçut un coup qui le frappa dans la région de la 6^ vertèbre cervicale. Les symptômes d'une commotion cérébrale légère et tout à fait transitoire se manifestèrent aussitôt, accompagnés d'une hémiplégie du côté droit qui, elle-même, ne dura pas plus de vingtquatre heures. Néanmoins pendant les quatre semaines qui suivirent l'accident, en outre de la dilatation pupillaire déjà signalée, on remarqua que le chiffre des battements du cœur restait, d'une façon permanente, très notablement abaissé. Les pulsations oscillaient entre 56 et 48 par minute. Le malade guérit complètement.
Ce cas, très remarquable incontestablement, ne rend-il pas déjà très vraisemblable, que le phénomène du pouls lent permanent pourra, dans de certaines circonstances, s'ob-
1. Hutcliinsoii. — On fractures of tlie Spine. In London Hosp. Beports, 1866, t. III, p. 366.
2. Gurlt, loc. cit., p. 50, obs. 61 cmpruntéo h Hulilies (Dublin Hoap.Bcj}., t. II, 1815, p. 145) et obs. ïxii, rapportée par Tyrrol [London med. and Pliys. Journal, t. LXI, new série, vol. VI, 1829, p. 232).