POULS LENT, LÉSIONS SPINALES IRRITATIVES
server avec toutes ses conséquences, à la suite des lésions irritatives de la moelle cervicale, en dehors même de toute influence traumatique?
J'ai dit « avec toutes ses conséquences », parce qu'en réalité, ainsi que vous allez le reconnaître dans un instant, le pouls lent permanent n'est pas, tant s'en faut, un phénomène indifférent, pour peu qu'il soit très accentué.
En dehors des lésions traumatiques de la moelle cervicale ou du bulbe rachidien, le pouls lent, dans l'opinion des auteurs, peu nombreux d'ailleurs, qui l'ont étudié, ne s'observerait que comme une conséquence de certaines maladies org-aniques du coeur : le rétrécissement aortique, la dégénérescence graisseuse des muscles ventriculaires \ la présence de dépôts fibrineux (infarctus?) dans ces mêmes muscles Je suis bien loin^de vouloir nier que le phénomène du pouls lent puisse reconnaître, en effet, pour point de départ une lésion organique du cœur. Mais je dois déclarer que trois fois j'ai observé ce phénomène persistant, sous une forme très accentuée (20, 30 pulsations par minute), à l'état permanent, pendant plusieurs années, chez des vieillards de cet hospice, et que dans ces trois cas, après vérification anatomique attentive, le cœur a été trouvé soit tout à fait sain, soit ne présentant que des altérations véritablement banales, surtout à cette époque de la vie-^ J'ai été conduit par là à me demander si, tout au moins dans ces cas où les lésions cardiaques font défaut, la
1. W. Stokes. — Observations on some cases of permanently Slow Puise. {Dublin Quarterly Journal of medic. Science, August. I. 146. — Traité des maladies du cœur et de faorle, trad. par le D' Senac, pp. 138, 232, 303, 315, 337. — R. Quain. — Medico-ckir. Transactions, t. XXXIIl.
2. Oglo. — Fibrinous masses deposited in the substance of the heart's Walls; liemarkable Slowness oftheptdse; Epileptic Seizures. {Pathologica l Society, 1863, p. 89.)
3. Le cœur no présentait, h l'auscultation et à la percussion, aucun signe d'altération dans un cas très intéressant do jwui.'* lent permanent avec attaques syncopales et épileptiques, publié par M. A. Kotureau, dans V Union médicale. (1" mars 1870, n° 25, p. 331.)
POULS LBKT PERMAKEKT
cause organique du ralentissement des battements artériels ne serait pas dans la moelle cervicale ou dans le bulbe rachidien, plutôt que dans le cœur. A la vérité, les recherches anatomiques, que j'ai entreprises à cet égard, sont restées jusqu'ici sans résultat définitif. Mais il importe de remarquer qu'elles datent d'une époque où nos moyens d'exploration, en ce qui concerne les centres nerveux, étaient beaucoup moins puissants qu'ils ne le sont devenus aujourd'hui.
Si, Messieurs, j'insiste sur le pouls lent permanent considéré dans ses relations possibles avec les lésions spinales ou bulbaires, c'est non seulement parce qu'il s'agit là d'un phénomène dont l'interprétation intéresse au plus haut degré la physiologie pathologique, mais encore parce que, très habituellement, il s'y surajoute, ainsi que je le laissais pressentir tout à l'heure, des accidents graves capables de déterminer rapidement la mort .
Voici d'ailleurs en quoi ces accidents consistent. Ils surviennent par accès, se répétant régulièrement à des époques plus ou moins éloignées : tantôt ils se présentent avec tous les caractères de la syncope-, tantôt ils participent à la fois, quant aux symptômes, de la syncope et de l'état apoplectique; il est enfin des cas, dans lesquels il s'y adjoint des mouvements épileptiformes, surtout marqués à la face, avec changement de coloration du visage, écume à la bouche, etc. Le pouls qui, dans l'intervalle des crises, bat en moyenne, 30, 40 fois par minute, se ralentit encore pendant l'accès, jusqu'à descendre à 20, ou même à 15 pulsations. Il s'arrête même momentanément, quelquefois complètement. Toujours l'état syncopal ouvre la scène; l'état apoplectique avec sommeil stertoreux survient ensuite, au moment où le pouls, un instant supprimé, reparaît, et où la pâleur des traits fait place à la rougeur du visage. C'est dans ces mêmes conditions que se montrent parfois les convulsions épileptiformes.