RAPPORTS ENTRE LES LÉSIONS ET LES SYMPTÔMES
fidèle, parce qu'elle montrerait tantôt l'ataxie sans sclérose postérieure et tantôt celle-ci sans ataxie. La vérité est que la sclérose des bandelettes latérales des faisceaux postérieurs est la seule lésion constante dans l'ataxie locomotrice ; cette lésion existe, Messieurs, à toutes les époques de la maladie, mais il faut savoir la chercher là où elle est.
Il y a lieu, comme vous l'avez compris, d'après tout ce qui précède, d'établir dans la sclérose postérieure deux formes bien distinctes, lesquelles peuvent se montrer isolées, indépendantes l'une de l'autre, ou, au contraire, entrer en combinaison. L'une de ces formes pourrait être désignée sous le nom de sclérose fasciculée systématique médiane ou sclérose des cordons de Goll; elle existe tantôt à titre d'affection consécutive (sclérose ascendante, consécutive), tantôt à titre d'affection primitive. Onig-nore, quant à présent, quels symptômes particuliers se rattachent à cette forme de la sclérose postérieure. L'autre forme, la sclérose fasciculée latérale des cordons postérieurs, ou sclérose des bandelettes externes tient sous sa dépendance les symptômes tabétiques ; de même que la première, elle peut être deutéropathique, ou, au contraire, protopathique. Celle-ci n'est autre que le substratum anatomique de l'ataxie locomotrice progressive.
Je crois utile d'entrer dans quelques nouveaux développements pour faire ressortir que cette sclérose fasciculée latérale est bien, en réalité, le fait anatomique fondamental dans l'ataxie. Nous pensons pouvoir établir, en premier lieu, qu'elle s'observe dès le début de l'affection, même à l'époque où les douleurs fulgurantes composent à elles seules tout le tableau clinique, sans accompagnement d'incoordination motrice; alors elle peut exister seule, les faisceaux de Goll ne présen-