‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource]Chapitre 74 sur 213 · Volkmann. — Klin. Vortrclge, p · texte numérisé non relu

Volkmann. — Klin. Vortrclge, p

RÉGRESSION DBS SYMPTOMES l'I

1° Invasion brusque de la paralysie motrice qui atteint du premier coup son summum d'intensité, à la suite d'un état fébrile plus ou moins intense ou en l'absence de fièvre;

2° Prompte diminution et même abolition apparente de la contractilité faradique dans un certain nombre de muscles frappés de paralysie ;

3° Absence de troubles marqués de la sensibilité, — de paralysie du rectum ou de la vessie, — absence d'escarres ou d'autres troubles trophiques cutanés.

Deuxième per^'ocïe. Messieurs, la régression des symptômes, dont nous venons de vous entretenir, inaugure la seconde période de la paralysie infantile. Elle commence à s'accuser du deuxième au sixième mois à partir du début -, parfois plus tôt, quelquefois plus tard. Elle met plusieurs mois à s'accomplir, six mois, dans certains cas, au dire de Volkmann. Huit ou dix mois après le début, époque qui marque la terminaison de cette période rétrograde, les muscles qui n'ont pas recouvré leurs fonctions peuvent être, d'après la plupart des observateurs, considérés comme lésés a tout jamais, comme perdus sans retour. Du reste, l'amendement ne se fait pas sentir, en règle générale, sur tous les points. Dans les cas ordinaires, il est toujours quelques muscles, ceux parfois de tout un membre ou seulement d'une région d'un membre, dans lesquels les lésions continuent à progresser, au contraire, pendant un certain temps encore, puis persistent d'une manière indélébile, et présentent à l'observateur une série de phénomènes qui méritent de nous arrêter d'une façon spéciale.

a) U atrophie devient bientôt manifeste sur ceux des muscles chez lesquels la contractilité faradique n'a pas reparu. On ne se rend pas toujours un compte exact de l'étendue de cette atrophie, parce qu'elle est souvent masquée, ne l'oublions

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pas, par raccumulation du tissu cellule-graisseux. Elle constitue, d'ailleurs, l'un des traits saillants de la paralysie infantile et elle semble s'accuser plus vite dans cette maladie, que dans les cas de lésions des nerfs mixtes où elle est cependant très rapide. Ainsi, d'après M. Duchenne (de Boulogne), elle est dans la paralysie infantile, déjà très apparente au bout d'un mois, et il est des cas, rares à la vérité, où elle peut s'accuser même dès les premiers jours.

h) Arrêt du développement du système osseux. Nous devons relever, ici, un trait important que M. Duchenne (de Boulogne) et, après lui, M. Volkmann, ont fait ressortir : c'est l'arrêt de développement du système osseux. L'atrophie qui affecte les os n'est nullement en rapport nécessaire avec le degré ou avec l'étendue de la paralysie et de l'atrophie musculaires.

Ainsi, suivant une remarque de Duchenne (de Boulogne), un membre frappé de paralysie infantile pourra avoir perdu la plupart de ses muscles et cependant n'être plus court, que celui du côté opposé resté sain, que de 2 à 3 centimètres seulement, tandis que, dans un autre cas, la diminution en longueur du membre frappé de paralysie peut aller jusqu'à 5 ou 6 centimètres, bien que, dans ce cas, la lésion musculaire soit restée localisée dans un ou deux muscles à peine et ait permis le prompt retour des mouvements^ M. Volkmann, de son côté, a observé des faits de raccourcissement considérable du membre affecté chez des enfants qui, en raison du léger degré d'altération des muscles des pieds et du peu d'étendue des déformations essentielles, boitaient k peine et se tenaient sur leurs jambes une bonne partie du jour. Il dit même avoir vu quatre ou cinq fois une paralysie infantile tout k fait temporaire, et aboutissant, au bout de quelques jours, à un retour complet des

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