Heine, loc. cc, pages
ANATOMIE PAïHOLOaiQUE ■'■'O
la fièvre, la paralysie, au lieu d'atteindre tout à coup son plus haut degré d'intensité, se développe au contraire d'une manière progressive, dans l'espace de quelques jours ou même de quelques semaines.
Il est d'autres cas enfin où, dans la période de régression^ il se produit des temps d'arrêt ou même des retours agressifs
Je n'insisterai pas plus longtemps sur ces faits anormaux qui paraissent, d'ailleurs, assez rares. Je n'ai pas cru devoii^ toutefois les passer sous silence, parce que, à mon avis, ils peuvent servir à établir un trait d'union entre la paralysie infantile spinale et les autres maladies du groupe.
Je vais essayer actuellement de vous faire connaître les lésions que les recherches récentes ont fait constater dans la paralysie infantile et auxquelles se rattache l'ensemble si remarquable de phénomènes qui vient de vous être présenté. Nous traiterons en premier lieu des lésions des muscles, et en deuxième lieu des lésions du système nerveux.
1° Lésions des muscles. — Je serai bref sur ce qui est relatif à l'altération des muscles, car c'est là un sujet qui réclame encore de nouvelles études.
A. Première période. C'est surtout relativement aux premières phases de la maladie que les données positives concernant l'altération histologique des muscles font défaut. D'après ce qu'on sait, la majeure partie des faisceaux primitifs subirait, dans cette première période, l'atrophie simple
1. Voir Heine et Diiclienne (da Boul)gne) ?Aa,loz. cit., p. 8.
sans dégénération graisseuse. L'examen microscopique fait reconnaître, en effet, un grand nombre de faisceaux d'un très petit diamètre qui ont conservé cependant leur striation normale, et qui ne présentent pas traces de granulations graisseuses. D'autres faisceaux, encore en grand nombre, entremêlés aux précédents, renferment en outre, de distance en distance, des amas de noyaux du sarcolemme. On rencontre enfin, çàetla^ un troisième ordre de faisceaux, le plus souvent en très petit nombre, lesquels ont perdu leur striation et laissent voir à divers degrés les caractères de la dégénération granulo-graisseuse. Mais, c'est là, je le répète, un fait plutôt exceptionnel. En somme, il paraît constant que les lésions irritatives prédominent sur les lésions passives. Nous verrons bientôt que, contrairement à l'opinion la plus répandue, le même caractère se retrouve dans l'atrophie musculaire progressive de cause spinale. Les lésions dont il s'agit paraissent s'accuser de bonne heure-, M. Damaschino, d'après ce qui nous a été dit par M. Duchenne (de Boulogne), les aurait constatées trois semaines après le début de la maladie sur un fragment de muscle obtenu à l'aide de l'emporte-pièce : à l'ai de du même procédé, MM. Volkmann et Steudener ontpu également étudier les muscles paralysés, à une époque assez voisine du début et ils y ont reconnu les mêmes altérations ^ Ces derniers auteurs signalent, en outre, une hyperplasie du tissu conjonctif qui ne se trouve pas mentionnée par les autres observateurs et que nous avons reconnue; pour notre compte, d'une façon très nette, dans des cas de date ancienne.
B. Seconde 'période. Si l'on étudie les muscles altérés à une époque éloignée du début de la paralysie ainsi que nous avons eu maintes fois l'occasion de le faire, à la Salpôtrière, on