SUBSTITUTION GRAISSEUSE J
reconnaît que tous les caractères de la substitution et de la surcharge graisseuses se surajoutent habituellement aux lésions qui ont été décrites plus haut. Des amas de granulations et de gouttelettes graisseuses s'accumulent dans les gaines du sarcolemmeet s'y substituent au faisceau primitif qui disparaît en totalité ou dont on ne retrouve que des fragments; d'un autre côté, des cellules adipeuses s'amassent en dehors du sarcolemme dans les intervalles qui séparent les faisceaux primitifs ^ Ce tissu adipeux interposé est parfois assez abondant pour distendre les aponévroses d'enveloppe, de telle sorte que, ainsi que l'avait parfaitement reconnu M. Laborde'^, le volume et la forme des masses musculaires peuvent être, jusqu'à un certain point, conservés, bien que la plupart des faisceaux primitifs aient disparu. Il est même des cas — et j'en ai observé un de ce genre ^ — où la surcharge graisseuse est tellement prononcée que le volume du muscle est notablement accru, de manière à reproduire exactement ce qu'on observe dans la période ultime de l'affection décrite par Duchenne (de Boulogne), sous le nom de paralysie pseudo-hypertrophique ou myo-sclérosique. C'est là un point sur lequel il importe que vous soyez bien fixés. Bientôt j'aurai l'occasion de vous faire connaître que, malgré cette analogie d'ordre secondaire, la paralysie infantile diffère cependant essentiellement de la paralysie pseudo-hypertrophique {atrophia musculorum Upomatosa de quelques auteurs allemands) par un ensemble imposant de caractères cliniques et nécroscopiques. Qu'il me suffise pour le moment de vous faire remarquer que la lésion spinale qui, dans la paralysie infantile, ne fait jamais défaut, manque au contraire absolument — si j'en
1. Voir, h ce sujet, dans le deuxième volume des Archives de physiologie, les observations de MM. Vulpian, Charcot et Joffroy, Parrot et Joflfroy. '2. Laborde, loc. cit., p. 142.
A. Arch. de physiologie, t. II, p. 47.
Charcot. Œuvres complètes, t. II. 12