LÉSIONS SPINALES
maladie essentielle — ce qui, dans l'espèce surtout, ne veut pas dire grand'chose. — Il est juste, toutefois, de reconnaître que la majorité des médecins, qui se sont occupés particulièrement de la question, ont, d'un commun accord, désigné la moelle épinière comme étant l'organe où les lésions primordiales et fondamentales delà paralysie infantile devaient être cherchées. C'était, de- leur part, une présomption exacte, mais qui, jusque dans ces dernières années, ne s'est appuyée sur aucune donnée vraiment positive. On avait invoqué les congestions, les exsudats, sans en démontrer rigoureusement l'existence, car faute de moyens suffisants d'investigation, les résultats des examens nécroscopiques étaient à peu près toujours restés négatifs ou équivoques. C'est dans ces conditions que furent faites, à la Salpêtrière, les premières études régulières, relativement à la nécroscopie du centre spinal dans la paralysie infantile.
Dès 1864, nous avions reconnu, M. V. Cornil, alors mon interne, et moi, à propos d'un fait recueilli dans mon service, une partie des altérations spinales qui président au développement de la paralysie infantile. Mais c'était, il faut le dire, la partie la moins importante. Ainsi, nous avions constaté l'existence d'une atrophie des cornes antérieures de la substance grise et des cordons blancs antéro-latéraux, dans la région de la moelle d'où émanaient les nerfs se rendant aux muscles atrophiés; mais nous n'avions pas remarqué la diminution de nombre et de volume qu'avaient subie les grandes cellules motrices, altération qu'on peut cependant très nettement reconnaître sur une préparation faite à l'époque par M. Cornil, et qui se trouve actuellement entre les mains de mon ami, M. Duchenne (de Boulogne) ^ La lésion des cellules nerveuses motrices dans la paralysie