‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource]Chapitre 79 sur 213 · SUBSTITUTION GRAISSEUSE · texte numérisé non relu

SUBSTITUTION GRAISSEUSE

jugre du moins d'après mes observations, conformes d'ailleurs en cela à celles de Colmheim — dans la paralysie myosclérosique.

La surcharge graisseuse, bien qu'elle soit habituelle dans l'arayotrophie infantile de date ancienne, n'y est cependant pas nécessaire : à côté des muscles distendus par la graisse, 11 en est souvent d'autres qui sont réduits à un très petit volume et dans lesquels le tissu adipeux fait à peu près complètement défauts On ne trouve dans ces derniers muscles que des faisceaux primitifs d'un très petit diamètre, mais ayant conservé leur striation : çà et là quelques gaines du sarcolemme renferment des amas de noyaux. Ces faisceaux primitifs, atrophiés, sont séparés les uns des autres par un tissu conjonctif fibrillaire, évidemment de formation nouvelle. Les muscles qui ont subi ce mode d'altération ont, à l'œil nu, l'apparence du tissu fibreux ou encore celle du dartos. 11 serait intéressant de savoir si l'hyperplasie conjonctive interstitielle qu'on observe en pareil cas est un fait constant et si elle remonte, ainsi que les observations de MM. Volkmann et Steudener portent à le penser, aux premières phases de la maladie. Mais, c'est là un point qui réclame de nouvelles recherches.

2° Lésions du système nerveux. — Lésions spinales. Les lésions spinales dont je vais vous entretenir constituent incontestablement, à l'heure qu'il est, le point le plus intéressant à la fois, et le plus neuf de l'histoire anatomique de la paralysie infantile. Aussi crois-je utile d'entrer à ce propos dans quelques développements.

Beaucoup d'auteurs, vous ne l'ignorez pas, ont considéré l'affection dont il s'agit, comme siégeant dans lespartiespériphériques, muscles ou nerfs, d'autres ont voulu y voir une

1. Voir l'observation de Wilaon, in Arch. de physiologie, loc. cit.

Page 1