‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 1012 sur 1121 · SCÈNE ÏV · texte numérisé non relu

SCÈNE ÏV

Les précédents; CHAMPENOUX, sortant de la chambre à droite.

champenoux. Faut être juste, j'ai déjeuné avec agrément.

de jordy. Dieu! l'on vient... l'instant était si favorable... (A Champenoux.) Qui t'a permis d'entrer?., qui t'amène?

champenoix. Ce qui m'amène, on le saura; mais ce n'est pas vous.

Caroline. Tiens, c'est Champenoux ! Bonjour, mon garçon.

champenoux. Bonjour, ma marraine... bonjour, ma marraine.

de jordy, étonné. Sa marraine !

champenoux. Oui, monsieur l'homme d'affaires, et puisque les qualités sont connues... (Passant devant lui, et allant auprès de madame de Néris.) je prends mon rang ; n'est-ce pas, ma marraine ? (Se retournant du côté de M. de Jordy.) Car c'est elle qui est ma marraine : voilà ce que vous ne saviez pas.

de jordy. Comment, Madame, c'estaussiun filleul!.. Combien donc en avez- vous?

Caroline. Beaucoup Mais j'en ai peu , je crois,

d'une aussi belle venue. Ce pauvre Champenoux!.... (Lui donnant une tape sur la joue.) il a toujours l'air bête.

champenoux. Ah ! mamarraine, que vous êtes bonne! .. (A de Jordy.) Voilà , au moins : ça n'est pas comme vous, qui faites le fier... Elle a toujours quelque chose de familier, quelque chose d'aimable à vous dire.

Caroline. J'espère que tu dîneras ici?

champenoux. Oh ! que oui, ma marraine... J'ai déjà commencé ; je viens de déjeuner sans façon et sans préférence.

Caroline. Comment cela?

champenoux. J'ai mangé de tout ce qu'il y avait.... J'ai bien fait, n'est-ce pas?

Caroline. Certainement.

champenoux, à de Jordy. Vous l'entendez Moi,

d'abord, je connais mes droits et mes prérogatives... On m'a toujours dit qu'un parrain et une marraine, c'était comme le père et la mère de l'enfant, ça en tenait lieu... Alors, je suis comme qui dirait le fils de la maison.

Caroline. C'est juste... Et corn ment vont les affaires?

champenoux. Ah ! Dieu ! ma marraine, il y a bien des nouvelles, bien des changements, qui vont vous étonner, et c'est là-dessus que je voudrais vous parler particulièrement, (Regardant de Jordy.) et en particulier.

de jordy. C'est-à-dire qu'il faut que je m'en aille.

champenoux. Je ne force personne Mais à bon

entendeur... (Otant son chapeau.) Votre serviteur trèshumble.

de jordy. Je comprends, et je cède la place au fils de la maison. (A madame de Néris.) Je vais faire un tour à nos fermes; et je reviens pour le dîner. (// emporte le sac de trois mille francs, et sort par le fond.)

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