‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 1016 sur 1121 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les précédents, CHaMPENOUX.

champenoux, entrant par le fond et s'arrêtant à la porte. Pardon, ma marraine.

Caroline, continuant de jouer. Tu vois bien que je suis occupée.

champenoux. Si vous n'êtes pas pressée, tant mieux, je ne le suis pas non plus. C'estla réponse en question.

Caroline, jetant sa raquette. Ah! donne \\te. (Édouard jette aussi la sienne, et va prendre son fusil avec lequel il s'amuse à faire l'exercice.)

champenoux. Il a griffonné cela à la hâte, et avec un air sournois, avec un air sournoisqui ne ditriende bon.

Caroline, qui a lu la lettre. 0 ciel! je ne puis y croire, il refuse.

champenoux, àpart. Il serait possible ! ah ! l'honnête homme ! Qui se serait attendu à cela d'un homme d'affaires ?

Caroline. Il refuse, et de quelle manière! il lui reproche sa naissance, sa pauvreté; quelle indignité! comme si c'était sa faute.

édouard, posant son fusil sur la table , et accourant auprès de Caroline. Qu'est-ce donc, ma marraine?

Caroline. Pauvre enfant! sois tranquille, je ne t'abandonnerai pas; ils ont beau dire et beau faire. Moi d'abord, dès qu'on me contrarie, c'est une raison de plus; et il faudra bien que je lui trouve une femme. Dis-moi, Edouard, aimes-tu quelqu'un?

édouard. Moi, ma marraine?

Caroline. Eh! oui, cela nous aiderait un peu. Voyons, cherche bien, aimes-tu quelqu'un ?

édouard. Non,non, ma marraine. (Pendantcetemps, Champenoux a ramassé les raquettes, le volant, rangé les chaises, et est rentré dans la chambre à droite.)

Caroline. Eh bien! tant pis!.... vous avez tort. Depuis trois mois que vous êtes sorti du collège, je vous demande à quoi vous avez employé votre temps?

édouard. Mon seul vœu est de rester auprès de vous, de ne point vous quitter. Qu'ai-je à désirer de plus? je me trouve si heureux !

Caroline. Vraiment! ce pauvre garçon! Va, Edouard, je ne doute pas de ton amitié, de ton attachement; et moi aussi démon côté, tu peux être sûr...

édouard, lui prenant la main. Ah! que vous êtes bonne!

LA MARRAINE

Caroline, préoccupée. Et bientôt, je l'espère, tu sauras, tu connaîtras mes projets.

Edouard. Ses projets !

Caroline. Quels qu'ils soient, Monsieur, je veux que sur-le-champ vous vous empressiez de vous y soumettre.

édouard. Oui, ma marraine.

Caroline. Car votre premier devoir est d'être soumis.

édouard. Ah ! oui, ma marraine.

Caroline. De m'obéir en tout.

édouard, en pressant la main de Caroline sur son cœur. Oui, ma marraine.

Caroline, avec impatience, retirant sa main et lui donnant un petit soufflet. Mais finis donc, et écoutemoi !

édouard. Je crois, ma marraine, que vous venez de m'insulter.

Caroline. Moi ! du tout.

édouard. Et d'après ce que vous m'avez dit vousmême...

Caroline. Monsieur, finissez, je me fâcherai. (Elle s'enfuit derrière le guéridon.)

édouard, tournant avec elle autour du guéridon. Cela m'est égal ; l'honneur avant tout; il me faut une réparation.

Caroline, s'enfuyant dans le jardin. Je te la promets si tu peux l'atteindre.

édouard. Ah! quelle trahison! (Il court après elle.)

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