SCÈNE IX
Les précédents, TONTON, entrant par le fond.
tonton, à Roland. Je suis vainqueur; cinq parties à vingt francs... c'est comme si j'avais dansé ce soir, ce sont des feux! Milord se promène dans le parc; il at- I tend son épîlre, et moi le dîner; (On sonne.) car si la I maison est louée, j'espère que le dîner ne l'est pas.
Les précédents ; CORALY, tenant à la main une lettre qu'elle jette sur la toilette.
coraly. Eh bien! est-ce qu'on ne m'entend pas? (Apercevant madame de Selmar.) Ah ! c'est ma nouvelle femme de chambre; approchez, Henriette. (Ras, à madame de Selmar.) J'ai lu la lettre de Jenny ; vous avez ma confiance. Nous avons à causer, et beaucoup, mais quand nous serons seules. Je vais les éloigner. (Haut.) Approchez ma toilette.
CORALY.
madame de selmar, étonnée. Comment ! (A part.) C'est juste... (Elle approche la toilette avec peine.)
tonton, approchant un fauteuil qu'il offre à Coraly. Ah çà ! vous n'avez pas oublié que nous dansons aprèsdemain ce pas de deux ; n'allez pas être indisposée.
coraly. Est-cequevous ne pouvez pasdanser sans moi?
tonton. Du tout; quand vous n'êtes pas là, je ne suis pas soigné à mon entrée, et ça me casse bras et jambes.
coraly. J'espère que ces messieurs vont nous faire le plaisir de nous laisser.
rolaisd. Vous avez bien raison.
Air des Artistes par occasion.
De cette charmante retraite
(Montrant Tonton.) Vous faites bien de le bannir; L'admettant à votre toilette, Quels périls vous alliez courir !
tonton, d'un air modeste.
Quoi? moi!., rassurez-vous, mon ange, Du tout!., rassurez-vous, mon auge.
ROLAND
Craignez sa présence en ces lieux;
Car Zéphire est fort dangereux,
Et je tremble qu'il ne dérange
Les boucles de vos longs cheveux. (Bis.)
guinsbourg, en dehors et à la porte du fond. Milédy ! Milédy !
roland. C'est lord Guinsbourg.
madame de selmaRj à part. Un milord! qu'est-ce que c'est que cela?
coraly, à haute voix. On n'entre pas, je suis seule.
guinsbourg, en dehors. Je venais demander votre lettre.
coraly. Dans l'instant.
guinsbourg. C'était bien, je vais attendre.
roland, chantant.
Quand on attend sa belle Que l'attente...
coraly. Mais taisez-vous donc ; ne voulez-vous pas qu'il entende?
roland. C'est terrible chez vous, il faut toujours se gêner ; je m'en vais, je vais faire un tour de parc.
tonton. Et moi faire quelques battements.
roland. Toujours occupé, monsieur Tonton.
tonton. Que voulez-vous? il le faut bien. A Paris, je m'enferme quelquefois des heures entières... dans mon cabinet.
roland. Vous avez raison, il n'y a que cela, le travail du cabinet. (Ils sortent ensemble par la porte à gauche.)