‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 1047 sur 1121 · SCÈNE XX · texte numérisé non relu

SCÈNE XX

Les précédents, TONTON.

tonton, la serviette à la main. Ah çà! qu'est-ce que tout le monde devient donc? Comment! voilà une heure qu'on me laisse seul dans la salle à manger. Où est donc la maîtresse de la maison ?

roland. Elle vient de partir pour l'Angleterre.

tonton. Comment! elle est partie! Et demain, notre pas de deux !

roland. Vous le danserez à vous tout seul.

tonton. Il y a là-dessous quelque cabale dont je ne suis pas la dupe. On sait d'où ça vient.

roland. Puisqu'on vous dit qu'elle a été enlevée malgré elle.

tonton. Enlevée malgré elle!.. Chez nous, Monsieur, ça arrive tous ies jours; mais, quand on est bonne camarade, on s'arrange pour que ça ne tombe pas un jour d'opéra.

VAUDEVILLE

Air du vaudeville de Partie et Revanche (musique de M. Heudier).

édouard, à madame de Selmar.

J'eus en partage imprudence et folie :

Toi, la bonté, la raison, la douceur; De mes amis la jeunesse étourdie Aurait besoin d'un pareil précepteur;

Mais grâce à leurs tètes légères,

Dans Paris, séjour des erreurs.

Ainsi que moi l'on voit beaucoup de frères, Mais comme toi l'on voit bien peu de sœurs.

ROLAND

Sans caprice, sans jalousie,

Doux liens formés par le ciel,

Et qui durent toute la vie,

Oui, tel est l'amour fraternel.

Combien mes destins sont prospères !

Que je jouis de mon double bonheur !

(A Edouard.) Car, Dieu merci, nous allons être frères,

(A madame de Selmar.) Et, grâce au ciel, vous n'êtes pas ma sœur.

TONTON

Chez les danseurs on devrait voir éclore

Le goiU, l'éloquence, l'esprit;

Car Apollon et Terpsychore

Sont frère et sœur, à ce qu'on dit;

Mais Apollon, pour moi sévère, Est, je le crois, jaloux de mon bonheur; Et, si je suis fort mal avec le frère, C'est que je suis trop bien avec la sœur.

MADAME DE SELMAR, ail public.

Ainsi que la sœur la pins tendre, A mon frère servant d'appui, Je voudrais bien qu'on piU me rendre Ce qu'aujourd'hui j'ai fait pour lui.

Pour ma conduite un peu légère J'ai grand besoin de défenseur.

Jusqu'à présent j'ai protégé mou frère, Vous, Messieurs, protégez la sœur.

FIN DE CORALY.

l'espérance. Voilà une jambe à succès. — Scène 9.

LE SOLLICITEUR

ou

Page 1